Littérature => Francophone (16035 livres critiqués)


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L'eau mate de Bernard Manciet

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un texte très court, mais dense, sur une errance hors du monde, jusqu'à l'effacement de soi

7 etoiles
Cette œuvre se présente comme une suite de 28 textes très courts (moins d’une page), qui décrivent à petites touches l’errance du narrateur dans un marais, où il s’enfonce et se perd. Il ne s’agit ni d’un roman ni d’une longue nouvelle mais la mise en page (impression du texte sur les pages impaires uniquement)...

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La montagne morte de la vie de Michel Bernanos

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un récit onirique et halluciné comme un cauchemar surréaliste

10 etoiles
« La montagne morte de la vie » est un très court roman fantastique (il se lit en une soirée), divisé en deux parties distinctes. La première est un récit d’initiation, dont l’action se déroule en mer. Le narrateur, un jeune homme presque adolescent, a été dupé par une équipe de recruteurs et se réveille...

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Méditations de Max Jacob

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Méditations, sincères et angoissées, de Max Jacob, poète chrétien mystique

8 etoiles
A la fin des années 30 et pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’il vivait de manière quasi monastique à Saint-Benoît-sur-Loire, Max Jacob s’est astreint à écrire, tous les matins, avant et après l’office, une méditation de deux pages sur les grands thèmes de la religion chrétienne : le salut, les pêchés, les vertus, le...

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Voyages chez les morts : Thèmes et variations, Théâtre VII de Eugène Ionesco

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un voyage désespéré et sans issue

10 etoiles
« Voyage chez les morts » est l’une des dernières pièces d’Eugène Ionesco. Bien moins connue que « Rhinocéros » ou « La cantatrice chauve», elle constitue pourtant un point culminant dans l’œuvre de Ionesco car, riche de nombreuses allusions autobiographiques et de dialogues où éclatent toutes les angoisses métaphysiques de Ionesco, elle rassemble en...

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L'arbre et la glycine de Céline Zins

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie d'idées, parfois indigeste par excès d'intellectualisme et défaut de musicalité

7 etoiles
Ce recueil de Céline Zins traite du rapport entre les mots et le monde via le rapport au temps et ses traces et vestiges ; l’auteur présente et développe des concepts qu’elle « poétise » par l’abstraction et le recours à des symboles élémentaires (la lumière, le feu, la mer, l’arbre, etc.) chargés de ...

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Euclidiennes de Eugène Guillevic

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un court recueil, d'une grande sobriété, qui utilise les figures mathématiques comme symboles de la condition humaine

10 etoiles
Ce court recueil de Guillevic, publié en 1967, est très caractéristique de son art poétique, d’une extrême sobriété et d’un souffle retenu qui, en quelques mots, effleure un objet du quotidien pour le faire résonner d’échos qui questionne la condition humaine… Chaque poème du recueil est conçu de la même façon : un titre, qui...

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H30 de Jean Guilloré

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un faux thriller qui s'achève en happy end pour célébrer l'harmonie possible entre l'homme et la mer

7 etoiles
Un peu à la manière de Bernard Lenteric dans « La nuit des enfants rois », Jean Guilloré met en scène trois adolescents solitaires aux étranges pouvoirs, qui sont hantés par le même rêve où ils s’identifient à des dauphins. Tom est un autiste muré dans son silence qui, lorsqu’il rêve, plonge dans de profondes...

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La photo du colonel de Eugène Ionesco

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Les nouvelles d'un grand écrivain, dont l'oeuvre non théâtrale est trop méconnue

10 etoiles
Ce recueil de nouvelles démontre que Ionesco, au-delà d'être un grand dramaturge qui a renouvelé le théâtre, est un grand écrivain. Son écriture en prose, d'un style à la fois classique et limpide, presque élégant, se lit avec plaisir et parvient à saisir toutes les nuances qui font glisser le quotidien vers le fantastique. Les thèmes...

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Oeuvres de Edmond-Henri Crisinel

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une oeuvre courte et dense, marquée par le tragique et la confrontation avec les forces des profondeurs

9 etoiles
L'oeuvre d'Edmond-Henri Crisinel tient tout entière dans ce recueil de 190 pages, dont une cinquantaine sont consacrées à l'appareil critique et aux notes biographiques. Crisinel est de ces poètes "maudits" que leur sensibilité exacerbée a rendu presque inaptes à la vie (Crisinel a alterné les dépressions, qui le conduisirent à plusieurs reprises en maison de...

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Le poème de Jacques & l'Ambassadeur de Philippe Blanchon

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie singulière, fortement narrative, qui se déploye dans la temporalité d'une vie

8 etoiles
Ce recueil de Philippe Blanchon, qui tenait il y a quelques années une très belle librairie sur le cours Paul Landrin à Toulon (littérature et poésie garnissaient les rayons et une belle table en bois ; en sous-sol une petite salle permettait d'accueillir des expositions, dont une fut consacrée à Jean Legrand), se compose de...

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L'esprit du lieu de Jean-Claude Andro

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Roman légèrement fantastique sur le rapport à la terre et le sentiment d'appartenance à un lieu

5 etoiles
Le thème de ce roman, légèrement fantastique et baigné d’une atmosphère de légende, est le lien qui peut unir un homme à un lieu, dans son âme et sa chair. Le sentiment d’appartenance par l’âme et l’esprit affronte ceui d’appartenance par l’hérédité familiale et le sang. Ce thème ne m’aurait pas incité à lire ce...

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Amniotiques de Gérard Blua

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un recueil, au ton grave et empli de souffrance sourde, sur le deuil du père

8 etoiles
Ce mince recueil de Gérard Blua, à la couverture sobre et sévère (fond noir, barré d’un portrait noir et blanc du poète qui semble songeur comme enfermé en lui-même), puise sa force et son intensité dans la souffrance d’une expérience vécue : celle de la perte du père. Le recueil s'ouvre d'ailleurs avec ces vers...

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L'Amour Insolent de Jean Legrand

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie libertaire, qui célèbre la sensation et l'instant vécu

7 etoiles
Ce mince recueil de poèmes de Jean Legrand, poète et romancier méconnu dont j’avais découvert l’œuvre à l’occasion d’une exposition dans la défunte librairie de La Nerthe, sur le cours Paul Landrin à Toulon, est précédé d’une imposante préface de François Leperlier, à la fois longue et passionnante. Elle explique parfaitement la démarche intellectuelle...

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L'Oiseau de glaise de Jean-Max Tixier

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie solaire en forme de quête initiatique vers les limites du langage

9 etoiles
Jean-Max Tixier, poète varois décédé en 2009, est d’abord connu comme un romancier profondément attaché à la Provence. Néanmoins, l’essentiel de son œuvre est poétique et obtint un succès d’estime. « L’oiseau de glaise », joliment publié par Arcantères dans un format qui évoque un peu celui d’Actes Sud, a d’ailleurs reçu le prix Antonin...

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Portrait de l'enfant de Louis Calaferte

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Résurrection, avec cruauté mais avec sincérité, des peurs et des désirs de l'enfance

8 etoiles
Ce livre de Louis Calaferte est une suite d’évocations d’instants de l’enfance. Les souvenirs sont racontés d’une manière simple et objective, sans afféterie littéraire et sans analyse psychologique, comme si Calaferte s’efforçait avant tout de ressusciter l’instant vécu dans son immédiateté et dans sa totalité, sans qu’aucune pudeur ne vienne censurer l’expression de l’auteur ou...

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Dans l'embrasure des vasistas de Laurent Girerd

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Poésie intimiste d'instants vécus hantés par le désir d'errance

9 etoiles
Ce recueil se nourrit de moments vécus et de lieux traversés. Chaque poème est d'ailleurs suivi de la mention du lieu précis qui l'a inspiré, comme une lettre d'accompagnement aux cartes postales suggérées par l'éclat des images, souvent colorées. Je les ai visualisées aisément car je connais la plupart des lieux (Solliès, l'anse Méjean, etc.),...

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La ruche en feu de Yves Heurté

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un roman de guerre atypique sur l'agonie d'un jeune soldat français servant dans l'armée de Patton

8 etoiles
Yves Heurté, dont je connaissais essentiellement l'œuvre poétique, a mis beaucoup de lui-même dans cet atypique roman de guerre, qui décrit l'errance et l'agonie d'un jeune soldat perdu dans les bocages normands autour de Marigny (la ville natale d’Yves Heurté). Ayant lu quelques extraits du journal entretenu par Yves Heurté quand, encore à peine adolescent...

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Pour les yeux de Julie de Georges Picard

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

un roman gentiment déjanté truffé de mots d'esprit et de piques assassines

8 etoiles
Ce roman, qui met en scène des personnages étonnants, ressemble à l’exercice littéraire d’un moraliste moderne qui se moquerait, avec esprit et beaucoup d’humour caustique (mais plus facétieux que méchant), des mœurs et des coteries contemporaines. L’humour est omniprésent et joue sur une grande variété de registres, allant du comique de situations absurdes au rire...

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Oeuvres poétiques de Gilbert Lely

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

L'oeuvre incandescente d'un immense poète du XXème siècle

10 etoiles
S’il me fallait, parmi la foule des poètes du XXème siècle injustement méconnus, proposer un nom pour définir le poète maudit de ce siècle, je choisirai sans hésiter celui de Gilbert Lély, absent de quasi toutes les anthologies (sauf celle de Bernard Delvaille) mais dont l’œuvre poétique est d’une densité sans égale. Jamais avant lui,...

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La légende d'Aragor de Michel Cazenave

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une tentative de SF poétique

4 etoiles
Aragor est une planète située sur le bras d’une galaxie spirale. A la suite d’une guerre de libération (à peine évoquée dans le livre) contre la tutelle d'Anglia, les peuples d’Aragor ont fondé une société d’apparence archaïque, dont les baronnies et la hiérarchie sociale imbriquée à des ordres religieux, évoquent irrésistiblement l'époque médiévale. Les hommes,...

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Le malheur au Lido de Louis-René Des Forêts

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un récit en rêve

9 etoiles
"Le malheur au Lido" est une nouvelle de Louis René des Forêts, à l’atmosphère onirique et fantastique. Un homme, qui se croit être le client d’un luxueux hôtel de Venise contemplant avec amusement l’effervescence des riches clients et des grooms affairés, est sommé de déguerpir par les portiers. Il découvre alors qu’il est un gamin...

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Cale sèche de Jean-François Merle

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un court roman sur l'inanité d'une vie d'errances et de fuites, au souffle hélas également court

4 etoiles
Ce roman, d’une centaine de pages, conte l’errance d’un jeune homme solitaire qui, perdu, alcoolique et malade dans un lointain pays d’Afrique (à peine évoqué), tente de reprendre le contrôle de sa vie. Renonçant à l’alcool, il embarque sur un cargo et parvient à Marseille, peu avant les fêtes de Noel, où il survit dans...

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Sortilèges et autres contes crépusculaires de Michel De Ghelderode

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

12 nouvelles à l'atmosphère oppressante

10 etoiles
Ce recueil de nouvelles constitue un chef d’oeuvre de la littérature fantastique, dont l’art m’évoque irrésistiblement celui de Jean Ray par sa capacité à installer une tension psychologique et à susciter une atmosphère oppressante de déliquescence et de pourriture, par sa fascination pour le passé et par l’élégance formelle, parfois presque précieuse, d’une écriture...

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Mémoires des failles de Philippe Annocque

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

une autobiographie onirique, construite sur des souvenirs incertains dans des réalités gigognes

10 etoiles
« Mémoires des failles » est une sorte d’OVNI littéraire qui, partant du constat que la somme de nos souvenirs est très inférieure à celle de nos instants vécus, retrace la biographie du narrateur en déroulant l’album-souvenir des moments perdus dans les failles d’une mémoire poreuse et profondément lézardée. Le paradoxe de l'argument est résolu...

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Le Bestiaire de Guy-Noël Passavant de Alexandre Voisard

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un recueil à deux voix, inspiré par une vie immergée dans la nature et l'observation des animaux des bois

9 etoiles
L’introduction de ce recueil (à la très belle couverture) est émouvante : elle évoque la figure de Guy-Noël Passavant, un homme qui, avant tout soucieux de vivre au plus proche du réel au contact de la nature, quitta son emploi de clerc de notaire et s’installa, en ermite à la fois philosophe et poète (un...

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Aux armes de Cardiff de Louis Brauquier

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Dans le port de Marseille, il y a des marins...

8 etoiles
Jacques Brel a chanté le port d'Amsterdam et ses marins ; Louis Brauquier a, dans ce court roman de jeunesse écrit en 1926, célébré le port de Marseille et ses bas-fonds. Pourtant, Louis Brauquier, principalement connu pour ses poèmes d’inspiration maritime, n’a jamais publié ce texte qui est longtemps resté inédit. En effet, des amis...

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La littérature nazie en France de Grégory Mion, Mathieu Candaele (Illustration)

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un recueil protéiforme et inclassable, entre philosophie trash et burlesque gore.

8 etoiles
Ce livre est un redoutable jeu de massacre, à la fois subtil, trash, violent et obscène. Il contient tous les ingrédients d’un coquetèle détonant, à base d’humiliations, de viols, de crimes racistes et de meurtres sadiques, qui explose à chaque page à la face du lecteur qui aura intérêt à avoir les tripes bien accrochées....

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Venise ! ô ma jolie de Léon-Paul Fargue

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Evocation lyrique de la beauté de Venise, pourrissante et vénéneuse

9 etoiles
Dans ce très court recueil de petits textes de prose poétique, présenté par Fata Morgana comme un inédit que Gaston Gallimard aurait vainement réclamé à l’auteur, le poète a consigné, avec un accent lyrique, les impressions nées d’un séjour à Venise en 1924, qui lui offre le spectacle fascinant de sa splendeur et de sa...

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La Connaissance du Soir de Joë Bousquet

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Poèmes d'amour et de mort, hantés par la réclusion à perpétuité du poète dans sa chambre d'alitement

9 etoiles
Joe Bousquet est un poète singulier qui, après une grave blessure reçue à la fin de la première guerre mondiale, a investi tout son souffle vital dans l’écriture. Jeune homme intellectuellement brillant (il fut bachelier à 15 ans) dans une famille aisée (son père était médecin) mais menant une vie de voyou violent, séducteur et...

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Le Solitaire : Jansénisme et révolution de Yves Amiot

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un roman historique, singulier et remarquable, sur la Révolution française et sur l'impossibilité de concilier les idéaux humanistes et les réalités de la nature humaine

10 etoiles
Ce court roman est bien plus qu'un roman historique. D’une grande densité, ciselé dans une écriture impeccable à la fois sobre et minutieuse, il brosse un portrait saisissant de la Révolution française et ouvre une perspective originale, voire iconoclaste, sur les soubresauts de la Terreur. Yves Amiot immerge le lecteur dans les pensées du narrateur...

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Contre-chant de Andrée Chedid

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Célébration de la vie et de la communion entre les hommes par la parole poétique, qui nous libère des ombres et des fausses idoles

8 etoiles
Ce court recueil d’une centaine de pages, à l’impression agréable pour le confort de lecture (l’éditeur a profité de la brièveté des vers pour imprimer les poèmes en gros caractères sur un papier épais), est divisé en trois parties (Démarche / Salaire de l’instant / Le tendre argile) similaires par leurs thèmes et par leur...

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Le pays de l'éclairement de Charles Duits

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

L'illumination par la voie du peyotl - un essai inclassable d'une très grande puissance poétique

10 etoiles
Charles Duits, qui est surtout connu pour son roman Ptah Hotep, était avant tout un poète en quête de l’illumination, à la fois proche d’André Breton et de Gurdjeff. Ce livre témoigne du profond bouleversement de son rapport au monde engendré par l’usage du peyotl, auquel il fut initié par un ami aux allures de...

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Occident de André Suarès

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un texte patriotique de 1915, politiquement daté mais au souffle puissant et lyrique

8 etoiles
En première lecture, « Occident » fait partie de ces nombreux ouvrages patriotiques écrits dans la fièvre de la première guerre mondiale pour galvaniser les foules et justifier la mort des hommes tués sur le champ de bataille, en leur donnant le sens d’un sacrifice par devoir. Mais il se distingue par son intransigeance idéologique...

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Archéologie du zéro de Alain Nadaud

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un thriller métaphysique et érudit immergeant le lecteur dans une secte pythagoricienne d'adorateurs du zéro

10 etoiles
« Archéologie du zéro » est le premier roman d’Alain Nadaud, romancier français récemment décédé passionné par l’Antiquité et par l’histoire des idées philosophiques. Il fut l’inventeur, en s’appuyant sur une érudition époustouflante (mais jamais pédante) et un goût prononcé pour l’énigme et les univers truqués par les pièges de la représentation, du thriller métaphysique...

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Epreuves, exorcismes, 1940-1944 de Henri Michaux

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une évocation hallucinée, d'une énorme puissance d'impact, des épreuves de la seconde guerre mondiale et de l'Occupation

10 etoiles
Ce petit recueil d’une centaine de pages ayant été écrit et composé entre 1940 et 1944, au cœur des années sombres de la seconde guerre mondiale et de l’Occupation, la nature des épreuves et des exorcismes ici évoqués est aisée à deviner. Néanmoins, comme souvent, Henri Michaux prend le temps, dans une courte et très...

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L'inespéré de Jean-Philippe Salabreuil

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Poésie ambitieuse et fervente, aux accents mystiques, mais excessivement alambiquée et verbeuse

4 etoiles
Jean-Philippe Salabreuil, disparu en 1970 alors qu’il entrait à peine dans sa trentième année, est considéré comme l’un des poètes maudits du XXème siècle, dont l’œuvre, qui tient en trois recueils publiés à la nrf, résistera à l’usure du temps. A la lecture de ce recueil, j’avoue que j’ai bien du mal à comprendre ce...

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Ce qui fut sans lumière / Début et fin de la neige / Là où retombe la flèche de Yves Bonnefoy

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie grave et sereine, d'une grande sobriété, illuminée par la beauté évanescente du monde et le souvenir des chemins de l'enfance...

10 etoiles
Ce volume reprend en édition de poche trois plaquettes parues à la fin des années 80 chez Mercure de France : « Ce qui fut sans lumière », « Début et fin de la neige » et « Là où retombe la flèche ». Par rapport aux recueils précédents, publiés dans le volume sobrement intitulé «...

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L'incessant de Charles Juliet

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Dialogue intérieur, beau et profond, sur la difficulté d'être et la quête de la joie

9 etoiles
Cette petite plaquette inclassable se présente sous la forme d’un dialogue entre un homme et une femme dont on s’aperçoit qu’il s’agit en fait d’un monologue intérieur, aux résonances philosophiques pascaliennes et freudiennes, entre un homme et une voix intérieure féminine qui le presse de se libérer de ses peurs et son attachement aux plaisirs...

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Cuevas blues de André Pieyre de Mandiargues, José Luis Cuevas (Dessin)

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Poésie de l'horrible

9 etoiles
Cette mince plaquette contient un unique poème, qui se lit en une dizaine de minutes. André Pieyre de Mandiargues y célèbre le talent et la puissance d’impact de Jose Luis Cuevas, artiste mexicain iconoclaste (l’une de ses œuvres les plus célèbres est une grande statue en bronze représentant un homme à quatre pattes levant la...

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Brûlons tous ces punks pour l'amour des elfes de Julien Campredon

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Ironiquement caustique et subtilement délirant

9 etoiles
Ce recueil de nouvelles est aussi délirant que le laisse présager son titre. J’ai eu beaucoup de mal à le lire dans le métro tant certains passages étiraient sur mes lèvres un sourire béat que j’essayais vainement de contenir ou menaçaient de me secouer d’une crise de fou rire. Dès les rabats de couverture, la...

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Fragments de la maison de Habiba Djahnine

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie résistante en forme d'exorcisme des peurs nées de la crise algérienne

7 etoiles
Dans cette mince plaquette intitulée « Fragments de la maison », Habiba Djahnine compose, en vers libres écrits à fleur de peau et à fleur de peur, comme couverts de sueur froide, des poèmes emplis des ombres de la guerre et de l’exil. Prenant appui sur un ton direct et une grande simplicité formelle, ces...

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L'ombre du chat de Paul Borrelli

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Pour les amateurs de polar non réfractaires à la SF

5 etoiles
En 2032, dans la mégalopole marseillaise transformée en cité stratifiée sur une quinzaine de niveaux, un tueur en série insaisissable affole la police par ses crimes atroces violemment ritualisés. L'ambiance est lugubre : après un grand conflit mondial (à peine évoqué), les villes sont devenues un entrelacs de ruelles glauques et d'étages souterrains où s'entasse...

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Elise et Lise de Philippe Annocque

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Mise en abîme et jeux de reflets : qui sommes-nous au-delà de notre apparence ?

9 etoiles
Ce très court roman (il se lit en à peine une heure) est structuré en très courts paragraphes placés sous l’égide d’un des quatre personnages du récit : Elise, Lise, Sarah et Luc, dont l’auteur présente à la 3ème personne, en la commentant parfois, la vision subjective. Certaines scènes sont ainsi décrites plusieurs fois,...

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On a beau dire de Robert Momeux

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie grave et sereine, où passent les ombres du temps et de la mort

10 etoiles
Est-ce une anthologie ? On pourrait le penser car l’écriture des poèmes de ce petit recueil, qui se lit d’un seul jet en 1 heure à peine, s’étale de 1974 à 1988. Pourtant la cohérence des poèmes, qui se font écho et ressassent la même mélancolie sereine, compose un ensemble remarquablement homogène comme si l’inspiration...

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Le livre des quatre éléments de Armel Guerne

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une poésie exigeante et âpre, aux accents mystiques

9 etoiles
Armel Guerne, écrivain solitaire et taciturne qui choisit de s’extraire des foules « encagées » dans les villes et de s’exiler loin de Paris dont il exécrait les coteries littéraires, est avant tout connu pour ses nombreuses traductions mais lui-même, qui mettait la poésie au-dessus de tout, se considérait d’abord comme un poète, vivant ailleurs,...

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Artefact de Maurice G. Dantec

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Ecrire par haine du monde et par dégoût de l'humanité...

7 etoiles
Michel Houellebecq a, dans son remarquable essai intitulé « Contre le monde, contre la vie », décrit Lovecraft comme un écrivain dont l’inspiration foisonnante s’alimentait dans sa haine du monde contemporain. Cette définition s’applique parfaitement à Maurice G Dantec qui m’apparaît de plus en plus au fil de mes lectures comme un frère d’âme...

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O & M de Charles Estienne, Charles Lapicque (Dessin)

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Une version moderne du conte ténébreux, à la fois mystérieux, envoûtant et vénéneux

10 etoiles
Charles Estienne est plus connu comme critique d’art et auteur de monographies que comme romancier. Son unique roman, publié en 1966 avec un titre sibyllin, dégage un charme mystérieux et envoûtant, qui peut dérouter et ne pas plaire. Mais il s'agit, pour moi, d'un chef d'œuvre méconnu qui s’inscrit dans la lignée des récits (je...

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NOTES sur les NOMS de la NATURE de Philippe Annocque, Florence Lelièvre (Dessin)

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Les apparences sont trompeuses !

8 etoiles
Comment souvent avec Philippe Annocque, ce petit livre est un OLNI (objet littérairement non identifiable). A première vue, cette mince plaquette paraît être un recueil de courts poèmes, tels des haïkus disposés deux ou trois par pages, mais - presque en simple application du titre ! – il ressemble davantage à une sorte de compilation...

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La révocation de l'édit de Nantes de Pierre Klossowski

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Un roman intellectuel et pervers, jouant de la dichotomie entre le corps et l'esprit

8 etoiles
Pierre Klossowski est le frère de Balthasar Klossowski, peintre plus connu sous son pseudonyme Balthus. Lui-même dessinateur et romancier, Pierre Klossowski est l’auteur d’une œuvre exigeante et difficile, qui peut et doit se lire à plusieurs niveaux. En première approche, elle se nourrit d’une fascination fortement intellectualisée, et non dénuée d’une certaine de forme...

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Éléments d'un songe de Philippe Jaccottet

critiqué par Eric Eliès - (51 ans)

Méditations sur la condition humaine et sur l'essence de la poésie

10 etoiles
Ce recueil de textes courts, dont le ton m’a souvent fait songer aux paroles d’Yves Bonnefoy, mêle des récits, parfois oniriques, et des réflexions portant principalement sur l’essence du sentiment poétique, dont Jaccottet souligne la parenté avec le sentiment mystique tout en se défendant de vouloir les confondre. Le recueil est riche d’anecdotes autobiographiques illustrant le...