En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Bernard2, le 21 février 2016 (DAX, Inscrit le 13 mai 2004, 73 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 15 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 177ème position).
Visites : 6 870 

Agréable révélation

Succès littéraire inattendu pour cet auteur jusqu'ici inconnu, publié chez ce que l'on appelle un « petit éditeur ».
Un enfant raconte la vie de sa famille. Le style naïf et spontané entraîne le sourire et même parfois le fou rire. Le caractère absurde des situations finit tout de même par lasser. L'auteur a voulu placer son histoire dans un contexte déjanté, loufoque, mais il semble ne pas avoir su trouver la limite à ne pas dépasser. On notera une fin inattendue, pleine de sensibilité.
Un livre à découvrir, et un auteur qui va, espérons-le, progresser encore. Il révèle ici un potentiel certain, et il faudra sans doute désormais compter avec lui.

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Bof

5 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 50 ans) - 20 août 2019

J'en avais entendu beaucoup de bien, mais je n'ai pas été transportée par ce roman vite lu, mais sans grand intérêt pour moi, si ce n'est à cause de la référence à Mr Bojangles qui m'a permis de réécouter Nina Simone. Je pense qu'il a des qualités stylistiques, mais l'histoire était sans doute un peu trop décalée à mon goût, même si le regard des autres est intéressant dans cet ouvrage.

Loufoque

8 étoiles

Critique de Free_s4 (Dans le Sud-Ouest, Inscrit le 18 février 2008, 48 ans) - 18 mars 2018

Ce roman d'Olivier Bourdeaut me fait penser un peu aux livres de Pennac et sa famille Malaussène pour le côté loufoque.
Belle histoire d'amour (et de folie) d'une mère et d'un père, contée par le fils.
Vite lu ce court roman m'a bien plu.

Formidable...Extra...Super...Magnifique...

8 étoiles

Critique de Henri Cachia (LILLE, Inscrit le 22 octobre 2008, 60 ans) - 2 février 2018

Là, on y croit vraiment que c'est un enfant qui cause. Ce qui est loin d'être le plus facile. Et alors, quelle joie de lire ce livre. Une écriture pleine de fraîcheur et de joie de vivre. Pour cela Olivier Bourdeaut n'hésite pas à donner un grand coup de pied dans cette fameuse « Vérité » - dont certains en font une religion – pour la remplacer par de beaux mensonges tellement plus agréables. Que sont les écrits sinon des mensonges. On ment tous de manière volontaire ou involontaire, non ? L'auteur, lui, a choisi d'y aller à fond, et c'est un véritable enchantement.
On sent une véritable tendresse et profonde affection envers sa mère et son père, mais aussi envers les autres fous qui les entourent. Renvoyant les non-fous à leur infirmité.

L'histoire de ce roman est vraiment intéressante, comme on peut la lire dans Wikipédia :
Après son échec au brevet des collèges, il s'oriente vers un BEP vente-action marchande et devient agent immobilier à Nantes. À l'âge de trente ans, il perd son travail et décide de se consacrer à la littérature. Il travaille durant deux ans à l'écriture d'un premier roman, sombre, qui ne trouvera cependant aucun éditeur. Alors qu'il réside chez ses parents en Espagne, il se consacre à l'écriture, rapide en sept semaines, d'un autre roman léger et loufoque qui deviendra En attendant Bojangles. Publié par les éditions Finitude, les premières à s'en être porté acquéreur.

Notons au passage, la reconnaissance ou fidélité portée par l'auteur aux éditions Finitude. Après tous les Prix reçus, nul doute que beaucoup d'autres éditeurs se sont manifestés. Néanmoins, son deuxième roman Pactum Salis, publié cette année est également édité chez Finitude qui l'a découvert.
Peut-être que celle-ci avait pris la précaution d'inclure dans le contrat une clause de préférence pour un ou plusieurs prochains romans.

En attendant Barjot

7 étoiles

Critique de ARL (Montréal, Inscrit le 6 septembre 2014, 36 ans) - 18 juillet 2017

Si Boris Vian et F. Scott Fitzgerald avaient pu écrire ensemble, ça aurait possiblement ressemblé à "Bojangles". Premier roman d'un auteur inconnu, cette oeuvre atypique a frappé de plein fouet la scène littéraire en 2016 et récolté un succès critique et populaire inattendu. C'est sans doute un peu injuste, mais lorsqu'un livre est accueilli aussi favorablement par à peu près tout le monde, je me fais des attentes qui sont difficiles à combler. La rançon de la gloire, pourrait-on dire. "En attendant Bojangles" ne m'a pas forcément déçu, mais je n'en suis pas sorti en criant au génie.

D'entrée de jeu, le sujet (ou plutôt le traitement du sujet) m'a un peu agacé. Pour résumer très brièvement, un jeune garçon raconte sa vie avec ses parents excentriques qui ne font rien comme personne. Ils retirent leur enfant de l'école, s'appellent chaque jour par un nouveau nom, inventent toutes sortes de mensonges pour s'amuser en société, s'achètent littéralement un château en Espagne, possèdent un oiseau qu'ils nomment Mademoiselle Superfétatoire, bref de véritables personnages de roman qu'on imagine mal en chair et en os.

Heureusement, le récit prend à mi-parcours un virage un peu plus intéressant quand il est finalement établi que la mère est un cas lourd de psychiatrie. On comprend alors que le point de vue de l'enfant sur ses géniteurs est forcément teinté d'amour inconditionnel, de naïveté et d'incompréhension. Les personnages basculent vers le réel et le lecteur peut enfin sympathiser avec eux... du moins un tout petit peu plus.

Je ne m'en cacherai pas, les excès un peu faciles d'excentricité ont fini par me lasser. Ce n'est jamais gagnant quand on passe son temps à rouler des yeux. Mais il y a quand même quelque chose dans ce roman de très réussi: le style. Le jeune narrateur possède une voix qui lui est propre. On se rappelle un peu Vian, mais superficiellement. De façon globale Bourdeaut a une plume légère et poétique qui évoque de belles images. Et malgré mes réticences sur certains personnages, certains passages demeurent mémorables. Le potentiel est fort, mais le produit final n'est pas tout à fait ma tasse de thé.

Savoir vivre ses rêves

9 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 44 ans) - 14 juillet 2017

Cette histoire improbable revient à revendiquer le droit de vivre ses rêves et sortir de temps à autre des sentiers battus. Cette profession de foi est donc celle de cette mère de famille, pour le moins excentrique, avec qui composent, plutôt avec joie mais non sans surprise, ses proches.
Au risque de paraître fort convenu et de lasser, j'ai été transporté par l'idée. S'il faut savoir s'accommoder des usages de son époque et de son environnement, cultiver sa personnalité et ses préférences n'a rien d'inconvenant, bien au contraire.
J'ai été également séduit.

"En attendant Bojangles" d'Olivier Bourdeaut : danse avec l'espoir

8 étoiles

Critique de Lettres it be (, Inscrit le 7 mai 2017, 28 ans) - 3 juillet 2017

Véritable phénomène estival littéraire, raz-de-marée dans les librairies de l’Hexagone, « En attendant Bojangles » s’est installé dans l’esprit de la critique comme la petite pépite à découvrir sans attendre. Chez Lettres it be, nous n’avons pas pu résister à la tentation. Alors, ce roman est-il à la hauteur de la réputation qui le précède ?

// « - Tu sais, fiston, Suzon a beaucoup d’imagination, elle joue avec tout, même avec sa filiation, mais dans l’arbre, ta Maman, ce sont les racines, les feuilles, les branches et la tête en même temps, et nous, nous sommes les jardiniers, nous allons faire en sorte que l’arbre tienne debout et qu’il ne finisse pas déraciné, lui avais-je répondu par une métaphore confuse enroulée dans un enthousiasme forcé, tandis qu’il acceptait dubitativement sa mission sans la comprendre vraiment. » //


# La bande-annonce
(Quatrième de couverture) : Devant leur petit garçon, ils dansent sur « Mr Bojangles » de Nina Simone. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir et la fantaisie. Celle qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible. Elle les entraîne dans un tourbillon de poésie pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.


# L’avis de Lettres it be
L’accueil de la critique littéraire pour « En attendant Bojangles » a de quoi surprendre. En effet, cela faisait longtemps qu’un roman avait été si chaudement accueilli. Prix France Télévisions, Grand prix RTL - Lire, prix du roman des étudiants France Culture – Télérama, le roman d’Olivier Bourdeaut porte déjà de nombreux galons à sa veste, autant de gages de qualité d’un roman explosif et surprenant sur bien des points. Ne serait-ce que pour l’histoire précédant l’écriture de ce roman : Olivier Bourdeaut, agent immobilier sur Nantes, se lance dans l’écriture d’un premier roman sombre qui ne rencontrera qu’un succès très (trop ?) timide. Après un voyage en Hispanie chez ses parents, Bourdeaut se lance dans l’écriture d’un roman bien plus léger et loufoque. Un premier tirage à 10 000 exemplaires par la maison d’édition Finitude, puis 90 000 exemplaires en mars pour atteindre près de 225 000 exemplaires vendus en mai dernier. Un succès retentissant !

« Donnez-moi le prénom qui vous chante ! Mais je vous en prie, amusez-moi, faites-moi rire, ici les gens sont tous parfumés à l’ennui »

8 étoiles

Critique de Psychééé (, Inscrite le 16 avril 2012, 34 ans) - 31 décembre 2016

Premier roman d’Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles raconte le quotidien d’une famille de 4 énergumènes qui refusent l’ennui et vivent constamment dans l’imaginaire : le père aux cheveux de cavalier prussien, la mère, la plus barrée d’entre tous, le fils qui grandit dans cet univers et Melle Superfétatoire, grand oiseau exotique qui vit à leurs côtés comme un membre à part entière de ce foyer. Ils vivent de chimères, inventent de folles histoires qui dépassent l’entendement et se fichent des conventions, pour notre plus grand bonheur. Leur monde fantasque est sans cesse une fête, ils dansent follement tous les 4 sur Mr Bojangles de Nina Simone, se picorent entre eux (i.e. s’embrassent) et ont un château en Espagne où ils vont quand bon leur semble. Chaque jour est pour eux un jeu et leur permet d’ignorer la réalité, jusqu’au jour où celle-ci les rattrape … violemment. J’ai beaucoup ri de leurs mensonges et de leurs extravagances, tellement poétiques et plus drôles que la réalité !
Ce roman m’a fait penser Au pays des kangourous de Gilles Paris au sens où il est décrit majoritairement à travers les yeux d’un enfant avec tout ce que cela implique de naïveté, de spontanéité et d’imagination sans être exempt de réflexions censées sur un sujet plus grave. On a ensuite envie d’écouter les multiples interprétations de Mr Bojangles, un régal pour les oreilles comme cette lecture pour laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir. Je la recommande chaudement à tous ceux qui recherchent un petit brin de folie et une histoire d’amour fou.

Une dernière danse

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 64 ans) - 27 octobre 2016

En empruntant ce livre, j'étais d'abord intriguée par l'originalité de l'illustration de couverture et bien sûr par son titre. Je sais maintenant qui est Mr Bojangles, et aussi que ce roman a eu le Goncourt du premier roman.
J'ai découvert aussi que l'originalité ne s'arrêtait pas à la couverture !

La vie d'un petit garçon auprès de parents aussi fantasques n'est pas toujours simple et il doit vite apprendre à "mentir à l'envers" à l'école tellement la vie chez lui est incroyable ; entre Mademoiselle Superfétatoire, une grue domestiquée, le meilleur ami de son papa, sénateur, l'Ordure, et surtout sa merveilleuse maman, aussi belle que drôle, sans limite, changeant quotidiennement de prénom. Une vie paradisiaque où règnent l'insouciance, la liberté, l'argent, la démesure, la fête.
Mais cette fête tourne au drame. Georges veut ignorer les dérapages de son épouse jusqu'à ce qu'elle mette sa propre vie en danger.

Les premières pages du roman m'ont déroutée, je me sentais peu concernée par ces extravagances permanentes, par ce que je pensais être un éloge de la folie. Jusqu'à ce qu'apparaissent les pages écrites par le papa, qui, lui, voit les fêlures. Des pages touchantes d'amour entre trois êtres, dont deux ont fait le choix de vivre autrement.
Avec ce petit garçon attachant, qui prend les expressions au "pied de la lettre" et une belle écriture, j'ai passé un bon moment de lecture, une belle parenthèse de joie et d'amour.

En attendant mieux

7 étoiles

Critique de Cédelor (Paris, Inscrit le 5 février 2010, 50 ans) - 27 juillet 2016

Ce livre, au titre étrange et à la couverture flashy, rétro et intrigante recevait quelques échos plutôt flatteurs chez certains sites de critiques littéraires. Alors quand l’occasion m’en a été fournie, j’ai acheté le livre et l’ai lu, curieux. J’ai ainsi mieux compris le pourquoi du titre et de la couverture, mais ils ne résumaient pas à eux deux toute l’histoire, fort heureusement ! Il y a dans ce livre plus qu’une chanson, « Bojangles » de Nina Simone, que je ne connaissais pas, et qu’un couple d’amoureux des années 60 qui dansent. J’ai découvert aussi qu’en plus de musique et de danse, ça parle aussi et surtout énormément d’amour et de folie. Attention, ce n’est pas l’amour qui est fou, même s’il y a de ça aussi, c’est la folie qui existe par elle-même, ce qui ne l’empêche pas d’aimer et de vivre furieusement.

Ce que nous a offert à lire Olivier Bourdeaut, c’est d’abord l’histoire de l’amour d’un couple, d’un homme assez fou pour aimer et suivre jusqu’au bout une femme assez folle pour avoir un esprit qui fait montre de juste assez de déraison, pour avoir des idées et lubies jusqu’à la fantaisie sans que ça l’empêche d’aimer et d’être aimée. C’est aussi l’histoire d’un enfant, celui de ce couple, qui rapporte et raconte l’histoire peu banale de ses parents fantasques. C’est par lui qui nous est donné de connaître l’amour hors-norme de ses parents, nous donnant du même coup à sentir son propre amour pour eux, avec sa voix et sa compréhension naïve propre à l’enfance des choses d’adultes. Il rapporte aussi les écrits de son propre père, qui a laissé à son fils des carnets entiers d’où il tire des extraits éclairants sur sa relation d’amour avec cette femme à l’esprit particulier et malade.

De tout ça, il en ressort une vie à trois, le petit garçon, sa mère et son père où sont rapportés maints événements cocasses, bizarres, extravagants, loufoques, où est outrepassée plus souvent qu’à son tour la normalité et qui nous fait sourire, nous étonne, nous heurte, nous interroge, le tout avec indulgence et perplexité. Outre-passements répétés qui dérivent peu à peu vers l’incident, la tristesse, le drame, l’irréparable.

C’est raconté linéairement, avec sensibilité, drôlerie, tendresse. Cela m’a fait penser parfois au Petit Nicolas, dans le ton pris par l’enfant pour conter les aventures insolites de sa vie baroque avec ses parents. Mais dans ce ton enfantin se cache une vraie recherche stylistique, avec tous ces mots qui riment dans une même phrase ou une même suite de phrases. L’auteur semble aimer la poésie et a voulu la restituer dans son texte, d’une manière originale que je n’ai jamais lue (ou pas encore lue) ailleurs. Ça perturbait ma lecture au début, tant c’était inhabituel puis je me suis pris au jeu. Et de poétique, il n’y a pas que cela, l’auteur est aussi poétique dans certaines descriptions de scènes. Je pense par exemple à la scène de la danse dans le village espagnol, la scène la plus forte de ce roman, à mon sens. Poésie, émotion, sensibilité, ce petit livre de presque 160 pages en est rempli !

Malgré toutes ces belles qualités, ce n’est pas non plus un chef d’œuvre. En comparaison d’autres œuvres reconnues, celui-ci ressort bien léger. Sur l’ensemble, ça manque tout de même de profondeur, d’envolées. Les moments dramatiques, le tragique même de la fin (prévisible) n’arrivent pas assez à l’être, tout le récit gardant du début à la fin une certaine légèreté, un esprit d’amusement, de tendre loufoquerie. Mais ça se comprend, si c’est raconté du point de vue d’un enfant, et si c’est le projet initial de l’auteur qu’il en soit ainsi. Au fond, tout dépend de ce qu’on aime et de ce qu’on cherche pour apprécier ou non un livre. Si on veut passer un moment pour sourire, s’amuser, s’étonner, s’émouvoir sans se prendre la tête, il est parfait. Si on cherche quelque chose de plus substantiel, pour enrichir son esprit ou approfondir son cœur, d’autres livres que celui-là peuvent le fournir.

Pour un premier roman, c'est tout de même une petite réussite. En attendant mieux, on l'espère !

On attend avec impatience les romans suivants de ce jeune auteur !

9 étoiles

Critique de Didoumelie (, Inscrite le 5 septembre 2008, 50 ans) - 10 juillet 2016

"C'est un beau roman, c'est une belle histoire" ... comme le disent les paroles d'une chanson française, célèbre il y a quelques années....

Ce livre raconte indubitablement une belle histoire, dans le sens noble du terme : tout d'abord une histoire d'amour incroyablement époustouflante, forte, passionnée, et aussi.... super originale, déjantée, purement dingue ! Et elle en devient presque magique, c'est ce qui fait la beauté de ce livre.
Ensuite une histoire de famille, anti-conventionnelle, loin des clichés et des lieux communs. On s'accroche à cette histoire au fil des pages, et la profondeur de ce roman nous donne à réfléchir à nos propres limites, ainsi qu'à des questions existentielles : qui est normal ? qui ne l'est pas ? qui se joue de nous ? qu'est-ce qui est sincère ? qu'est-ce qui ne l'est pas ? ....

Ce n'est ni larmoyant, ni misérable, ni surfait, ni cousu de fil blanc.... les personnages sont tellement crédibles qu'on se demande quelle est la part de vérité et de fiction que l'auteur a insufflé dans son tout premier roman.

C'est un livre très court qui peut se lire en un soir ou deux, mais très dense en émotions et en vécu ; l'encensement général sur la blogosphère et les critiques dithyrambiques qui n'ont cessé d'arriver de partout sont bien méritées pour un tout premier roman !

J'aimerais en dire davantage, mais le risque de spoiler est bien là, alors courez donc l'emprunter ou l'acheter pour vos lectures d'été !

Délicieux.

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 62 ans) - 7 mai 2016

Un régal que ce petit livre (en taille).
Un amour fou, déjanté mais délicat.
Un phrasé parfait, une histoire savamment dosée.
Tout d'un grand roman.

En attendant Bojangles… une vraie révélation!

10 étoiles

Critique de Hcdahlem (, Inscrit le 9 novembre 2015, 63 ans) - 27 avril 2016

Commençons par goûter les belles qualités de visionnaire d’un auteur sur de son fait et qui fait dire à son narrateur: «J’avais appelé son roman En attendant Bojangles, parce qu’on l’attendait tout le temps, et je l’avais envoyé à un éditeur. Il m’avait répondu que c’était drôle et bien écrit, que ça n’avait ni queue, ni tête, et que c’était pour ça qu’il voulait l’éditer. Alors, le livre de mon père, avec ses mensonges à l’endroit à l’envers, avait rempli toutes les librairies de la terre entière. Les gens lisaient Bojangles sur la plage, dans leur lit, au bureau, dans le métro, tournaient les pages en sifflotant, ils le posaient sur leur table de nuit, ils dansaient et riaient avec nous, pleuraient avec Maman, mentaient avec Papa et moi…»
Ajoutons que ce premier roman a effectivement suscité un tombereau de critiques élogieuses et que je ne vais pas déroger à la règle. Voilà une œuvre qui brille par son originalité, son humour, sa folie et sa petite musique. Une légèreté apparente qui emporte tous les suffrages.
Poursuivons avec quelques mots sur la construction et le style. En donnant la parole à un enfant, l’auteur peut pointer les incongruités de la vie d’adulte et la difficulté de comprendre les choses les plus anodines, à l’exemple de ce sénateur, ami de la famille : «La journée, il allait travailler au palais du Luxembourg, qui se trouvait bien à Paris, pour des raisons que j’avais du mal à comprendre. Il disait qu’il allait travailler tard mais revenait toujours très tôt. Le sénateur avait un drôle de train de vie. En rentrant il disait que son métier était beaucoup plus drôle avant la chute du mur, parce qu’on y voyait beaucoup plus clair. J’en avais déduit qu’il y avait eu des travaux dans son bureau, qu’on avait cassé un mur et bouché les fenêtres avec.»
L’autre bonne idée dans la construction du roman est d’offrir au lecteur des extraits du récit écrit par son père, ce qui donne aussi une autre perspective à l’histoire de la famille. Car les excentricités continues finissent aussi par emprisonner ce père amoureux fou : «Après des années de fêtes, de voyages, d’excentricités et d’extravagante gaîté, je me voyais mal expliquer à mon fils que tout était terminé, que désormais, nous irions tous les jours contempler sa mère délirer dans une chambre d’hôpital, que sa Maman était une malade mentale et qu’il fallait attendre sagement de la voir sombrer. Je lui avais menti pour pouvoir continuer la partie.»
Arrivons enfin au bel aphorisme de Chris Marker, «l’humour est la politesse du désespoir», pour souligner que jamais il n’aura trouvé meilleure illustration que dans ce beau roman. Je comprends fort bien tous ceux qui ne veulent pas dévoiler la fin du roman à leurs lecteurs, mais pour moi cette histoire d’amour fou est d’abord le cri d’un enfant qui se retrouve seul. Aussi m’attarderai-je davantage sur ce désespoir, qui est beaucoup moins abordé par la plupart des chroniqueurs.
Pour moi la formidable réussite de ce roman tient à la manière choisie par Olivier Bourdeaut pour nous raconter ce drame absolu. Avec la finesse et la légèreté d’une bulle de champagne, il accroche le lecteur en retraçant les différents épisodes de la vie de cette famille qui a choisi de rêver sa vie plutôt que de garder les pieds sur terre. Épisodes épatants, rocambolesques, enchanteurs… avant de basculer dans la folie. On est donc plus proche du Fitzgerald de «Tendre est la nuit», du Vian de «L’écume des jours» que de Queneau ou des comédies de Capra, références souvent mentionnées.
Les premières facéties, très amusantes, conduisent à des pathologies plus sévères, à l’internement de la mère du narrateur, puis à son enlèvement et à la fuite de la famille vers l’Espagne. Mais, comme le dit Zola dans La fortune des Rougon : « L'écroulement de ses châteaux en Espagne fut terrible ».
Voilà un grand livre, de ceux qui laissent une trace indélébile longtemps après l’avoir refermé.
http://urlz.fr/3sLo

Jolie pépite littéraire !

8 étoiles

Critique de Cristina21 (, Inscrite le 7 décembre 2014, 48 ans) - 27 avril 2016

Je reconnais que j’ai une grosse attirance pour les thrillers psychologiques et les policiers. Mais de temps en temps, j’aime faire une pause et lire quelque chose qui soit moins "prise de tête". Et la curiosité face à tant d’engouement autour de cette histoire, de la part du monde littéraire et surtout du public, m’a incitée à en savoir plus à son propos et à le découvrir rapidement.

Ce roman se lit vite, pas parce qu’il ne fait que 160 pages, mais parce qu’il est vraiment prenant, visuel, et musical (je vous conseille d’écouter "Mr. Bojangles" de Nina Simone si vous ne connaissez pas cette belle chanson). C’est léger et grave, pétillant et déroutant, chantant et bouleversant, drôle et triste, passionnel et tragique. A travers les yeux du fils ou du père, l’auteur nous conte une belle et originale histoire qui nous fait passer progressivement du rire aux larmes.

la fin sauve le livre

6 étoiles

Critique de Capucine33 (, Inscrit le 10 août 2014, 34 ans) - 17 avril 2016

Le début du roman est un peu lassant; ce gamin qui nous raconte tout un tas d'histoires déjantées lasse. J'ai failli arrêter ma lecture. Et puis la fin est pleine de sensibilité et on comprend le récit du gamin, en quoi il lui est utile de nous raconter sa vie loufoque…une belle façon de voir la maladie mentale.

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