Jolie Blon's Bounce de James Lee Burke

Jolie Blon's Bounce de James Lee Burke
( Jolie Blon's bounce)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Tanneguy, le 22 juillet 2009 (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 83 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (14 052ème position).
Visites : 3 947 

Un Robicheaux sans surprise...

...et toujours agréable à lire. Le district de New Iberia est toujours là, ses habitants toujours pittoresques, les moeurs violentes et primitives. Cette fois c'est le viol et le meurtre d'une jeune fille dans des conditions atroces qui agite la région et motive Robicheaux. Les choses ne sont pas si simples qu'elles paraissent de prime abord ; elles s'expliquent aussi par des évènements survenus au moment de l'abolition de l'esclavage, que l'auteur nous contera de façon remarquable. Les bagarres, inévitables, sont homériques, comme la lutte du héros contre l'alcoolisme. Les descriptions de la nature, bien qu'un peu répétitives, sont toujours remarquables ; on aurait presqu'envie de s'y retrouver...

Une interrogation sur la longévité de l'auteur : comment fait-il ? Quel âge peut avoir Robicheaux et comment fait-il pour survivre aux corrections sévères qu'on lui inflige ? Je l'ai trouvé un peu désabusé, mais un personnage de 74 ans est encore plus étonnant.

Rassurez-vous, tout finira bien, même si le dénouement est parfois obscur !

A ne pas manquer (pour les amateurs, bien sûr), ne serait-ce que pour la description de la vie vers la fin du XIXème au pays des confédérés.

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Dave Robicheaux : onzième acte

9 étoiles

Critique de Ayor (, Inscrit le 31 janvier 2005, 50 ans) - 21 août 2011

Une fois n'est pas coutume, il me semble que cette histoire est moins complexe que les précédentes. Les personnages qui jalonnent le récit sont certes nombreux mais les relations qu'ils entretiennent les uns avec les autres m'ont paru bien plus simples qu'à l'accoutumée. Peut-être est-ce pour cela que je l'ai tant apprécié et qu'il me parait être un des tous meilleurs de la série.
Même si James Lee Burke use et abuse de quelques phrases à rallonge qu'il faut parfois relire pour en saisir parfaitement le sens, son style inimitable fait forte impression et nous plonge directement dans les bas-fonds de la Louisiane, où règne en permanence une violence induite le plus souvent par un immense désœuvrement.

C’est une chanson …

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 66 ans) - 29 mai 2011

C’est une chanson, « Jolie Blon’s Bounce ». Un blues que reprend à son compte Tee Bobby Hulin, musicien noir aussi doué pour chanter le blues qu’il parait démuni dans la vie courante. Il est de la catégorie des pauvres, pauvres noirs qui plus est, catégorie qui semble hanter abondamment les lieux de New Orleans à en croire James Lee Burke.
Mais d’abord, commençons par le début, il y a … évidemment … Dave Robicheaux, l’enquêteur de New Iberia, ancien flic de New Orleans déchu, rescapé de l’alcool, qui gère dorénavant son affaire de location de bateaux pour pêcher, à mi-temps de son boulot d’enquêteur pour le shérif de New Iberia.
Et voilà que Amanda, une jeune fille blanche, est retrouvée dans un champ de cannes à sucre, attachée, exécutée au fusil et violée, tant qu’à faire. Comme souvent dans les épisodes Dave Robicheaux, il va falloir remonter loin dans l’histoire sudiste pour extirper les racines qui ont conduit à ce drame. Beaucoup de violence, encore une fois, mais je ne doute pas que la Louisiane soit un monde violent, des caractères affirmés, surannés (esclavage pas si vieux), et des considérations sur la nature habituelles sous la plume de James Lee Burke.
Ca reste un bonheur de lecture intelligente. On va naviguer entre riches propriétaires qui n’ont pas l’air au courant que la Guerre de Sécession a eu lieu, de pauvres gens, des gens de loi à la moralité élastique, des caïds de la pègre … On n’est pas volé avec James Lee Burke !

« Nous entrâmes dans la boîte de nuit par une porte latérale. A l’intérieur, bruit et chaleur régnaient en maîtres, l’air était dense et brumeux de fumée de cigarette, épaissi par les relents de whisky, de crabe bouilli et de suée de bière. Tee Bobby était au micro, sa chemise lavande à longues manches plaquée sur son torse comme une seconde peau, une guitare électrique rouge suspendue à son cou. Il but à même le goulot d’une bouteille à long col de bière Dixie, essuya ses yeux mouillés d’un revers de manche et attaqua « Breaking up is hard to do » en vacillant légèrement derrière son micro. Il chantait paupières fermées, le visage empreint d’une émotion qui, de prime abord, pouvait paraître factice et fabriquée pour la circonstance, mais lorsqu’elle résonnait dans le micro, sa voix était chargée d’un sentiment de perte irrévocable. »

A noter que la traduction est, classiquement, de Freddy Michalski et qu’elle me parait plus en accord avec les ouvrages précédents de Burke que celle de « L’emblème du croisé » qui n’était pas, exceptionnellement (?), de lui.

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