Une tache sur l'éternité de James Lee Burke

Une tache sur l'éternité de James Lee Burke
( A stained white radiance)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Tistou, le 26 mai 2006 (Inscrit le 10 mai 2004, 66 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (22 722ème position).
Visites : 5 801  (depuis Novembre 2007)

Lupus

« Si vous aviez grandi dans le Sud profond, vous auriez probablement plaisir autant que moi-même à vous remémorer les soirs d’été et leurs barbecues, leurs fritures de poisson dont la fumée s’égarait sous les grands chênes, les bals de lycée sous chapiteaux tendus de lampions japonais, l’innocence de ces premiers désirs qui se découvraient dans les décapotables au bord de lacs ombragés au bruit de coassement de crapauds-boeufs, et cette sensation si intense que la saison était éternelle, le monde, un lieu doux et paisible, la vie, une fête dont il fallait jouir de tous les instants, avec le même plaisir, la même certitude que la brise du soir qui entraînait toujours dans son sillage les parfums mêlés de lilas, magnolias et pastèques dans un champ au lointain."
Le Sud lointain ; la Louisiane. Le sud de la Louisiane pour être précis, New Iberia près de New Orleans. James Lee Burke a une nostalgie terrible d’avant la main-mise des industries chimiques et d’autres secteurs d’activité moins avouables sur l’Etat de Louisiane. Celle du crime et des trafics par exemple. Dave Robicheaux, son héros enquêteur présente les mêmes nostalgies (allez disons de l’après-guerre) mais n’est-ce pas plutôt l’âge qui modifie les perceptions et enclenche ces nostalgies que nous sommes, mon pauvre Burke, bien nombreux à connaître passé, disons, la quarantaine sonnée ?
Quoiqu’il en soit, James Lee Burke nous fait comprendre qu’à ses yeux, en Louisiane, il n’y a guère que chez les petites gens qu’on peut encore trouver humanité et sentiment. Dave Robicheaux est ici confronté à une remontée brutale de son enfance puisque la famille Sonnier ; deux frères et une soeur avec qui il est allé à l’école, vivent des évènements tout ce qu’il y a de plus désagréable. Weldon, l’aîné, tente de vivre de puits de pétrole maigrichons. Lyle, l’autre frère, qui servit au Vietnam avec Dave, est devenu prédicateur et Drew, brièvement amante de Dave, un soir d’après fête de lycée, dans une décapotable comme celles dont il question plus haut, a créé la section locale d’Amnesty International.
Une balle est tirée dans la fenêtre de Weldon un soir, sa maison est mise à sac, Drew est retrouvée la main clouée sur le bois de son balcon, … la pègre et les gros poissons de New Orleans rôdent et les Sonnier semblent avoir des liens particuliers avec ce milieu.
Jamais blanc ou noir avec James Lee Burke. Et un amour du pays Louisianais qui suinte à chaque page. Et un connaisseur de l’âme de l’Homo Americanus Louisianus. Le pays, les gens, tout fait ventre pour lui et c’est un régal.
Freddy Michalski, traducteur habituel a encore fait du bon boulot. C’est pour vous qu’il l’a fait. Dave Robicheaux vous attend.

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Sale histoire de famille !

7 étoiles

Critique de Pakstones (saubens, Inscrit le 2 septembre 2010, 56 ans) - 1 juin 2014

Dave Robicheaux va laver son linge sale dans cette foutu histoire familiale auquel il n'en sortira pas indemne.

Jamais blanc et toujours noir, dans un Louisiane boueuses semé d'embuches et de sables mouvants, notre heros tout comme nous ... lecteurs sombrent et s'enlisent dans ces pages empoisonnées à l'encre Burkienne !!!

Fais gaffe et pend garde à ne pas te faire repasser, le danger et partout dans ce bas monde ... une tache sur l'éternité, en somme !!!
T'voila prévenu Podna !

Dave Robicheaux : cinquième acte

8 étoiles

Critique de Ayor (, Inscrit le 31 janvier 2005, 50 ans) - 4 février 2011

Dave Robicheaux se retrouve à la poursuite des assassins d'un de ses collègues du bureau du shérif fraichement débarqué de Houston, et qui enquêtait à ses côtés sur une tentative de meurtre sur la personne de Weldon Sonnier, un homme cherchant à faire fortune dans le milieu du pétrole, et refusant apparemment l'aide des autorités policières.
Comme d'habitude la mafia n'est pas étrangère à cette affaire, et notre héros aura une nouvelle fois fort à faire pour démêler les fils de cette sombre histoire.

C'est toujours un réel plaisir que de suivre la vie de ce héros qu'est Dave Robicheaux. Sa vie tant sur le plan professionnel que personnel est perpétuellement agitée, et l'auteur dans chacun de ses romans apporte toujours un plus dans la psychologie de son héros.
James Lee Burke nous captive de bout en bout et ce notamment, grâce à un style inimitable pour nous décrire aussi bien les côtés obscurs de l'histoire que les fantastiques paysages de la Louisiane du Sud.

Mais qu’il écrit bien !

8 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 54 ans) - 6 janvier 2008

Continuant mon petit bonhomme de chemin méthodique dans l’univers burkinien ( ??), je me suis à nouveau laissée séduire par le style de l’auteur : mais qu’est-ce qu’il écrit bien, ce Burke ! Et, au risque de me répéter et de plagier Tistou (dont la critique principale est tout simplement parfaite), Burke excelle dans la nuance lorsqu’il s’agit de décrire ses personnages, dépassant de façon magistrale la dichotomie bien/mal. Jusqu’à son héros récurrent, Dave Robicheaux, qui dans ce tome gère assez mal la maladie de sa compagne. Ca, c’est pour le côté privé. Professionnellement, Dave a réintégré les forces de police et se trouve confronté à une famille qu’il connaît bien pour l’avoir côtoyée dans sa jeunesse. Atout ou handicap que de connaître les victimes/suspects ?

Ce que je vais dire est un peu « bateau », certes, mais je vais le dire quand même. Il se dégage des différents livres de Burke une réelle humanité. Réelle dans le sens de réaliste. Aucun angélisme, au contraire, peut-être même une certaine noirceur. Une gravité qui s’arrête juste avant de verser dans le désespoir, gravité sauvée par l’empathie, par la nature grandiose qui toujours transcende l’homme et les vicissitudes de son existence.

Bref, lisez Burke !

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