Les Nuits de Reykjavik de Arnaldur Indridason

Les Nuits de Reykjavik de Arnaldur Indridason
(Reykjavíkurnætur)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Pytheas, le 21 juillet 2015 (Pontoise - Marseille, Inscrit le 5 avril 2012, 57 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (14 587ème position).
Visites : 4 263 

the lamb lies down on Reiykjavik

La genèse, voila comment aurait pu s’intituler ce roman. Erlandur n’est pas encore l’inspecteur que l’on connait. Il n’est à cette époque qu’un jeune flic de proximité, qui va, par compassion et curiosité personnelle, enquêter sur la mort « accidentelle » d’un clochard qu’il a croisé quelques jours avant que celle-ci ne survienne. Indridason multiplie les fausses pistes et entraîne Erlandur dans différentes directions, il les abandonne et les réactive au gré de l’avancée de son enquête. Un roman bien construit avec des noms imprononçables comme il va de soi. Une Islande où le seul divertissement ne semble être que l’oubli dans l’alcool et le tabassage conjugal qui va avec et où les clochards et autres vagabonds représentent une part non négligeable de la population active. Un tableau des plus réjouissants du pays de Bjork.

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  Une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson

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Opus 11 de la série Erlendur

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 66 ans) - 28 juin 2022

Opus 11 mais en fait la toute première enquête de celui qui deviendra le Commissaire Erlendur Sveinsson.
Années 70, Erlendur est alors tout jeune policier affecté à des patrouilles dans les rues de Reykjavik. Notamment des patrouilles de nuit, l’occasion pour Arnaldur Indridason de brosser le tableau de ces années-là islandaises (ça a bien changé apparemment de nos jours !).
Lors de ces patrouilles notre Erlendur entre à deux reprises en contact avec un clochard, Hannibal, qui lui laisse suffisamment de souvenir pour le reconnaître lorsqu’un corps est découvert, noyé, dans une tourbière.

»Leurs chemins s’étaient croisés pour la première fois en plein hiver. Assis sur un banc de le place Austurvöllur, courbé et apparemment endormi, Hannibal tenait entre ses doigts transis une bouteille d’alcool vide. Il gelait à pierre fendre et, après quelques hésitations, la patrouille avait décidé de l’emmener au commissariat afin de l’abriter pour la nuit dans une des cellules. Erlendur était certain qu’il mourrait de froid s’ils n’intervenaient pas et il avait dit à ses collègues qu’il refusait d’endosser une telle responsabilité. »

Il va s’intéresser de près à cette mort, tout d’abord classée accidentelle, mais qui va suffisamment l’intriguer pour qu’il fasse le rapport avec une disparition survenue le même jour. C’est à titre officieux qu’il va mener cette, ces, enquêtes et nous assistons à la naissance d’un enquêteur de talent, qui va se faire remarquer pour intégrer la Criminelle et devenir plus tard le Commissaire dont nous suivons avec délice les enquêtes.
A la limite ce roman est davantage une clef pour mieux comprendre comment le commissaire s’est construit, professionnellement, et pour apporter des précisions sur sa vie familiale qui ne sera pas des plus simples. Notamment le début de sa vie conjugale avec Halldora, celle qui deviendra sa femme, la mère de ses deux enfants, et avec qui ça se passera rapidement très mal.
Une enquête comme on les aime ; pas trépidante mais truffée de détails sur la société islandaise, le contexte géopolitique, un roman intelligent, quoi !

Une enquête hachée par le quotidien d'Erlendur

7 étoiles

Critique de Goupilpm (La Baronnie, Inscrit le 23 juin 2017, 65 ans) - 17 juillet 2018

Dans Les Nuits de Reykjavik l'on découvre l'enquêteur fétiche d'Arnaldur Indridason à ses débuts dans la police. Affecté à la police de proximité, le jeune policier effectue des rondes de nuit dans la capitale Islandaise. C'est à l'occasion de ces rondes de nuits qu'il croise à plusieurs reprises le chemin d'un clochard : Hannibal. Mais quelques temps plus tard ce dernier est retrouvé mort, noyé dans une tourbière. Les constations médicales ne donnant aucune piste hormis que l'intéressé était saoul, le dossier est classé en mort accidentelle. Mais cette mort devient obsessionnelle pour le jeune policier et un an après la mort du clochard il se lance dans une enquête officieuse pour découvrir les circonstances réelles de cette mort. Il va faire le parallèle avec une disparition survenue le même jour de la mort du clochard.

Ce n'est pas réellement l'enquête qui est le point central du roman mais plutôt le personnage de l'enquêteur et de sa vie personnelle. Dans ce policier à l’ambiance très sombre c'est le passé dramatique que veut nous faire découvrir l'auteur.

L'histoire met du temps à se mettre en place, l'auteur dressant tout d'abord le contexte de l'intrigue et nous dépeignant le décor dans laquelle elle va évoluer. Une enquête qui se déroule lentement au rythme du travail quotidien et de son lot d'incidents. Le lecteur est plongé dans un policier tout ce qu'il y a de plus classique : interrogatoires, recoupements... Les seuls moments d'action résident dans les interventions nocturnes de l'équipe de policiers, à savoir cambriolages, drames conjugaux, drogue et personnes avinées, et tout particulièrement sur ce dernier point des sans abris.

Si l'enquête des plus classique n'a rien de trépidante et qu'elle passe presque au deuxième plan, les points d’intérêts résident dans les conditions difficiles des personnes qui vivent en marge de la société, tout comme la vie nocturne de la ville qui offre une autre vision de l'Islande.

Hormis l'enquêteur, les autres policiers passent eux aussi au second plan pour nous laisser découvrir un personnage marqué par la disparition de son frère lors d'une randonnée dans les montagnes de l'Est. On découvre un personnage taciturne, renfermé sur lui même qui semble encore vivre perpétuellement avec le drame du passé. On retrouve une fois de plus, comme il est de coutume dans les romans policiers, marqué par la vie.

Le dénouement de l'enquête se révèle lui aussi sans surprise car on connaît l'assassin bien avant le chapitre ultime.

Au final, un roman policier pur et dur, très bien écrit qui a pour but de faire découvrir aux aficionados de l'auteur de faire connaissance avec son héros mais qui n'offre rien de particulier par rapport à d'autres romans du genre. Un roman introductif à la longue carrière de l'enquêteur au rythme de lecture qui manque de dynamique et dont les retournements de situation, certes peu nombreux, sont trop simples.

Erlendur en ronde de nuit

8 étoiles

Critique de GiLau (Annecy, Inscrite le 18 septembre 2010, 60 ans) - 2 janvier 2017

Fan d'Erlendur, je n'ai pas été déçue par cette première enquête menée à titre personnel.
J'aime le rythme lent de l'auteur et la densité des personnages. On avance au fil de l'enquête dans l'ambiance de Reykjavik au milieu des islandais. C'est la raison pour laquelle je lis ces policiers. A chaque histoire, on apprend un nouveau passage de la vie personnelle d'Erlandur et également des spécificités du peuple de la petite île de l'Europe du Nord.

Erlendur dort peu !

7 étoiles

Critique de Pierraf (Paimpol, Inscrit le 14 août 2012, 65 ans) - 15 mai 2016

Les débuts d'Erlendur, flic de terrain noctambule, bien qu'il ne soit pas vraiment gai, ce n'est pas encore l'être noir et dépressif qu'il deviendra.
Ce livre est agréable à lire, bien rythmé et plein de rebondissements. L’énigme ne sera résolue que dans les dernières pages, et la chute est particulièrement inattendue.
Ce n'est pas un chef d’œuvre du polar, mais permet de passer un bon moment de lecture.

Les nuits de Reykjavik, la première enquête d'Erlendur

8 étoiles

Critique de Hcdahlem (, Inscrit le 9 novembre 2015, 63 ans) - 10 janvier 2016

La première enquête d’Erlendur paraît en traduction française après plusieurs autres ouvrages, mais elle donnera l’occasion à ceux qui n’ont pas encore eu le plaisir de suivre le taciturne islandais, de prendre dans l’ordre ses enquêtes. Jeune policier, il entame sa carrière à Reykjavik avec la patrouille de nuit, obligé de s’adapter à un rythme différent, mais surtout à une ambiance bien plus criminogène. « Il pensait aux nuits de Reykjavik, si étrangement limpides, si étrangement claires, si étrangement sombres et glaciales. Nuit près nuit, ils sillonnaient la ville à bord d’une voiture de police et voyaient ce qui était caché aux autres : ils voyaient ceux que la nuit agitait et attirait, ceux qu’elle blessait et terrifiait. »
Cambriolages, femmes battues, trafic de drogue, tapage nocturne ou encore clochards ivres à emmener en cellule de dégrisement forment son lot quotidien. C’est ainsi qu’il croise un jour la route d’Hannibal, un clochard luttant contre le froid avec des petites bouteilles d’alcool à 70°C. Si leurs premiers échanges sont tout sauf aimables, Erlendur sera très marqué quand on il identifiera le cadavre découvert par des garçons dans un marécage situé sur une ancienne tourbière en banlieue de la capitale. « Pourquoi était-il hanté par ce vagabond qu’il avait en fin de compte rarement croisé ? Était-ce parce qu’il l’avait repêché, et que cette image l’avait si fortement marqué ? Il avait eu un choc en reconnaissant le visage du noyé. Pourtant, il aurait dû s’attendre à le retrouver mort quelque part en ville. »
La forte dose d’alcool et l’absence de marques du lutte font conclure à un suicide. Mais Erlendur ne l’entend pas de cette oreille, il veut essayer sinon d’élucider le mystère, du moins tenter de comprendre comment Hannibal a fini là.
De fil en aiguille, il va rassembler les témoignages des clochards qui lui connaissaient, de ceux qui habitaient à côté de l’endroit où il trouvait refuge. Il parviendra même à retrouver Rebekka, la sœur d’Hannibal. Ce qu’elle lui révélera lui fera comprendre pourquoi il a toujours refusé qu’on l’aide. La voiture qu’il conduisait et qui transportait Rebekka ainsi que sa fiancée Helena a fini dans les eaux du port et, malgré ses efforts, il n’aura pu sauver que sa sœur. Un drame dont Erlendur saisit d’emblée la gravité, car lui aussi a sa part d’ombre. Son frère a disparu alors qu’ils faisaient une randonnée dans les montagnes des fjords de l’Est et qu’une tempête de neige les avait surpris. Les deux frères s’étaient sont perdus et seul Erlendur avait été retrouvé.
C’est sans doute aussi ce qui l’a poussé à quitter son village pour s’installer à Reykjavik et à s’intéresser aux chroniques islandaises évoquant les mystères de la nature et le destin de personnages errants sur l’île ou sur mer. « Il les avait dévorées et s’était ensuite mis à collectionner d’autres textes : naufrages, avalanches ou récits de gens égarés sur les vieux chemins qui sillonnaient l’Islande ( …) Certains disparus n’étaient retrouvés que des mois, des années voire des décennies plus tard, d’autres ne l’étaient jamais. »
Il finira par reconstituer le scénario qui a conduit à la mort du clochard, mais aussi d’une autre disparue. Un premier succès qui le conduira à se spécialiser dans ce type d’enquêtes. Quant à savoir si sa liaison avec Halldora, qui lui annonce qu’elle est enceinte et qu’elle veut emménager chez lui, sera durable, seules les prochaines enquêtes nous l’apprendront. Car Indridason réussira, soyez en sûrs, à vous entrainer dans les pas d’Erlendur.
http://urlz.fr/2V5d

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