Cités Obscures (Les), tome 02 : La fièvre d'Urbicande de Benoît Peeters (Scénario), François Schuiten (Dessin)

Cités Obscures (Les), tome 02 : La fièvre d'Urbicande de Benoît Peeters (Scénario), François Schuiten (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Sci-fi & fantastique

Critiqué par Sahkti, le 30 novembre 2004 (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 48 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 889ème position).
Visites : 4 935  (depuis Novembre 2007)

Panique graphique

J'ai lu ce livre il y a déjà un bon moment, je ne connaissais pas du tout cette collection, mon ami me l'a prêté un soir d'ennui, je n'ai pas décollé avant la dernière page.

Outre la surprise et l'admiration devant le cube déjà décrit qui grandit, grandit et grandit encore (une sensation d'ivresse s'est emparée de moi devant sa démesure), il règne également deux ambiances très distinctes et appartenant pourtant au même univers : l'ordre et la panique.
Ordre que l'on retrouve dans la superbe architecture de ces immenses bâtiments sobres et tristes (on en découvre certains de cette trempe à Amsterdam, comme l'ancienne AMRO Bank), dans le tracé des rues, dans l'obéissance des habitants de ne pas traverser le fleuve après une certaine heure...
Panique devant l'accroissement incontrôlable du cube, devant ces arêtes qui traversent les maisons, devant le danger potentiel qu'il représente et peur de l'inconnu...
Très vite la vie s'organise, les arêtes surdimensionnées deviennent des lieux de passage, puis de convivialité : on s'y retrouve, on papote, c'est une occasion formidable de rencontrer les gens "de l'autre côté". Finalement, ce cube est une providence heureuse, une passerelle entre deux communautés.
En même temps, il montre à quel point l'homme peut-être fragile.

Outre le graphisme superbe (quel coup de crayon génial !), les idées sont intéressantes et quelque peu effrayantes...

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La fièvre d'Urbicande

9 étoiles

Critique de Nathavh (, Inscrite le 22 novembre 2016, 57 ans) - 19 avril 2021

Album culte publié en Noir et Blanc en 1983 dans le magazine bd "A suivre". A l'époque c'était la contrainte chez Casterman : le noir et blanc lorsqu'un album dépassait les 48 pages.

Il fut récompensé à Angoulême pour le meilleur album.

Robick est urbatecte à Urbicande, un monde imaginaire. Il est préoccupé par l'équilibre urbain de la ville et la commission lui refuse la construction d'un troisième pont qui réunirait les rives Nord et Sud.

On lui a apporté un étrange cube trouvé sur un chantier, ce cube est posé sur son bureau dans une matière inconnue. Ce cube va prendre toute la place au sens propre comme figuré car il va se mettre à grandir, encore et toujours perturbant l'ordre de la ville et l'envahissant complètement.

Un thème intéressant qui va mettre en avant le contrôle de la ville , une réunification possible, une perte de contrôle, de pouvoir des autorités en place, il met en avant également la répression des idées, des individus, la privation de liberté, le libre arbitre....

Cette bd culte nous revient colorisée 35 ans après sa première publication. C'est Jack Durieux qui durant le premier confinement a colorisé l'album par ordinateur, une technique qui a permis de donner une autre dimension à cet album. Il est intervenu sur le trait de François Schuiten avec l'accord de celui-ci.

Amateur d'architecture, d'album futuriste, de monde imaginaire c'est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir cette superbe bd.

Ma note : 9/10

L’heure de l’apéri-cube…

9 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 7 avril 2011

Le décor a ici une importance capitale, il est non seulement le sujet central de l’histoire mais également le personnage principal, si l’on excepte les humains qui ne servent que de prétextes… il y a d’abord deux entités symbolisées par les deux rives de la rivière traversant la ville : gratte-ciel rutilants et ordonnés d’un côté, vieilles bâtisses anarchiques et insalubres de l’autre, les deux se toisant en silence. Le style de Schuiten est tout à fait unique dans la BD contemporaine (rappelant d’ailleurs un certain Jules Verne) et sait distiller du mystère à une série connue pour ses descriptions d’univers parallèles. Le trait fin et minutieux (propre au dessin d’architecte), sage en apparence, est toujours menacé par une folie sous-jacente dans une histoire très bien construite et évoluant de manière totalement imprévisible.

Un excellent volet illustrant les questionnements de l’architecte que fut François Schuiten, notamment le reflet d’un système politique dans les choix architecturaux, la mégalomanie même des architectes, la lutte permanente de l’ordre contre le chaos en matière de constructions, l’origine du chaos au sein même de l’ordre, symbolisé paradoxalement par un petit cube anodin tout ce qu’il y a de plus géométrique et surtout indestructible. Un petit cube qui n’arrêtera pas de grossir, déstabilisant le pouvoir politique crypto-fasciste en reliant les deux rives, apportant aux habitants une parenthèse enchantée, leur donnant envie de se rencontrer, de se parler, d’échanger... Cette histoire est donc bien une passionnante ode à la liberté, fille du chaos, en perpétuelle opposition aux velléités de contrôle total des pouvoirs, adeptes du « diviser pour mieux régner ».

Original

10 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 11 mars 2010

On suit un urbatecte (mélange d’urbaniste et d’architecte ?) qui rêve d’uniformité entre la partie Sud (symétrique et ordonnée) et la partie Nord (excentrique et chaotique) de la ville d’Urbicande. Cependant ses projets sont bloqués au vu des complications politiques. Pendant ce temps, deux connaissances lui donnent un cube (d’apparence ordinaire) découvert lors d’une fouille archéologique. Or, ce cube grandit, grandit, GRANDIT et est indestructible...

ÇA c’est de l’histoire, c’est vraiment original et captivant. Les illustrations sont inventives et le récit m’a vraiment happé. François Schuiten et Benoît Peeters ont créé un univers, rien de moins. Un de mes tomes préférés de la série.

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