De si jolis chevaux de Cormac McCarthy

De si jolis chevaux de Cormac McCarthy
( All the pretty horses)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Jules, le 24 janvier 2001 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 78 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 604ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 8 863  (depuis Novembre 2007)

Un grand livre, un grand écrivain

Pour John Grady Cole et Lacey Rawlins, le monde qu’ils aiment est en cours de disparition.
C'est le monde des chevaux et des grands espaces libres. Tout se mécanise et se déshumanise. Un matin, ils sellent leurs chevaux et partent à la recherche de ces espaces au Mexique. Ils n'ont que dix-huit ans, leur cheval et leur équipement. En chemin, ils rencontrent un autre jeune, Blevins. Grady et Rawlins ne l'aiment pas tellement, mais il les suit.
Dans un village mexicain, Blevins provoque une bagarre pour une histoire de cheval et ils devront tous s'enfuir. Dans la fuite, Blevins disparaît et nos deux jeunes sont loin d'en être mécontents. Etant de bons dresseurs de chevaux, ils trouvent du boulot sur un ranch. John Grady tombe amoureux fou de la fille de son patron et elle le lui rend bien.
Un matin arrive la police mexicaine, qui vient les arrêter. Tout vient de la bagarre provoquée dans le village par Blevins. Le patron les aime bien, mais ne peut pas faire grand-chose pour eux. Après un court séjour en prison, où ils retrouvent Blevins et refusent de se désolidariser de lui, ils sont tous les trois transférés vers le bagne. Je vous laisse découvrir la suite, des plus passionnantes.
Quelqu'un m’a dit que cette trilogie de McCarthy (ce livre en est le premier volume, "Le Grand Passage " le second et " Des villes dans la plaine " le troisième) est à classer dans un style " western ". Cela n’est pas faux, compte tenu de l'endroit où ces livres se passent, et l’époque. Cependant, quant aux comportements humains des êtres évoluant dans ces livres, je ne trouve pas une grande différence entre ceux-ci et ceux qui doivent régner dans les belles banlieues de nos mégalopoles !… Dans le monde de McCarthy, ses héros ne peuvent se passer de la nature et des espaces. Mais cette même nature est totalement indifférente à ce qui leur arrive. Elle existe et semble contempler, avec un sourire ironique, la lutte de ces insectes à deux pattes dans l'infini du monde. Ses héros sont aussi prisonniers de valeurs qu'ils se sont données, comme l’honneur, et cela ne leur apporte que des ennuis avec leurs semblables pour qui le bien et le mal ne sont que des choses sans importance et qui fluctuent avec leurs intérêts personnels. Sa vision du monde ? En voici un aperçu : " Il imaginait la douleur du monde comme une sorte de créature parasite cherchant la chaleur des âmes humaines pour y couver… Ce qu'il avait ignoré c'était que cette créature-là était dénuée de raison et n'avait donc aucun moyen de connaître les limites de ces âmes et ce qui l'effrayait c'était qu’il n'y avait peut-être pas de limites. "
Cormac McCarthy écrit très bien et, une fois le livre ouvert, vous êtes pris par son univers.

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" Ou est-ce qu'il est ton pays ? "

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 56 ans) - 26 novembre 2012

Romancier et dramaturge américain né en 1932, Cormac McCarthy est l'auteur de nombreux romans, pièces de théâtre et scénario. Le Prix Pulitzer est venu récompenser "The Road" et le roman "No country for Old Men", adapté au cinéma, lui a fait remporter quatre Oscars.

C'est un Western moderne que nous raconte l'auteur. John Grady Cole et Lacey Rawlins; 2 adolescents ne trouvant pas leur place dans une Amérique industrielle, quittent leur Texas natal pour entreprendre une longue et périlleuse chevauchée, cap au Sud; le Mexique.
Mexique, terre de liberté mais contrée de tous les dangers.
A la rencontre d'une Nature aride et peu hospitalière mais qui leur dévoile volontiers ses atours divins.
Ils rencontreront l'Amour et les prisons mexicaines.
La violence, le sang et la mort ne sont jamais très loin mais leur quête d'absolu les maintient en vie.

Une oeuvre magnifique sur la quête de la Liberté, la poursuite de ses rêves. L'auteur n'hésite pas à discréditer l'Amérique (le sort réservé aux indiens, la disparition progressive de l'esprit "pionnier" et du respect de la Nature,... )

J'avoue avoir été transporté pendant 300 pages, chevauchant avec John et Lacey sur une terre rouge. Rouge et chaude comme le sang des hommes et des chevaux.
Un extraordinaire moment de lecture !

Un talent indéniable mais à mon avis surestimé

6 étoiles

Critique de Myrco (village de l'Orne, Inscrite le 11 juin 2011, 72 ans) - 10 avril 2012

Désolée de m'inscrire un peu en retrait de ce concert de louanges!
"De si jolis chevaux..."est en effet un western moderne (nous sommes en 1949), nostalgique , dans lequel on retrouve des ingrédients classiques du genre. Mais si nos deux jeunes héros incarnent le mythe d'une Amérique révolue, il me semble que ce dernier eut été mieux servi si l'action du roman ne s'était pas située essentiellement... au Mexique. Petite déception pour quelqu'un qui comme moi ne prise guère la culture espagnole! Enfin,passons!
Hommage est rendu à des valeurs perdues ou en passe de l'être: le courage viril, la fidélité en amitié, l'honneur, l'honnêteté.
Le roman constitue un hymne à l'amour entre l'homme et le cheval. N'est ce pas ce rapport privilégié qui sera à l'origine de toutes les épreuves affrontées par notre trio en rupture familiale?
Pour tout cela, j'aurais pu, j'aurais dû être totalement conquise.

Oserai-je dire que j'ai failli ne pas aller au-delà de la page 30? D'emblée, le style m'a déconcertée, heurtée, agacée:
-des phrases longues, sans ponctuation, qu'il faut relire trois fois pour leur restituer leur respiration;
-un usage pléthorique du "et" ;
-une surenchère dans l'usage du pronom personnel "il" ou "elle"qui fait que l'on met un certain temps avant de savoir de qui on parle et pouvoir situer les personnages;
-une profusion de détails insignifiants genre "il mit la main sur la cafetière pour voir comment elle était et il prit une tasse et la remplit et sortit de la cuisine et traversa le couloir".
Je tiens à préciser que je n'ai rien contre le fait de déstructurer la phrase, d'exploser le langage en quelque sorte, encore faut-il selon moi que cela serve l'expression d'un contenu, un sentiment, une vision... Ce sera le cas quelquefois dans la suite. Mais au début, j'ai trouvé cela gratuit.
De la même manière, cet usage du "et" trouvera sa raison d'être lorsqu'il imprimera au récit une sorte de souffle épique, à certaines descriptions un caractère grandiose, à certains passages une musique envoûtante. Mais la plupart du temps (voir ci-dessus) je l'ai ressenti comme un procédé sans autre intérêt que d'être la marque de fabrique de Mac Carthy.

J'ai néanmoins continué. J'avais acheté le livre et je voulais découvrir ce grand Mac Carthy à propos duquel je lisais des critiques dithyrambiques. Peut-être le rencontrerais-je , au fil des pages, un peu plus loin...

Et ce fut le cas... de trop rares fois où je me suis laissée bercer par cette prosodie de la langue, où au détour d'une page, j'ai ressenti comme un éblouissement, une fulgurance face à une vision , une sacralisation du rapport de l'homme à la nature, au monde...

Mais pour le reste... Le roman se lit finalement très vite car une grande partie est écrite sous forme de dialogues et de notations visuelles (de gestes essentiellement). En fait,on pense souvent à un script de cinéma comme si l'auteur en écrivant avait d'abord songé à l'exploitation qui pourrait en être faite par l'industrie cinématographique et cela aussi me gêne.

A suivre car je n'ai rien trouvé de mieux que d'acheter d'emblée l'édition complète parue l'année dernière,qui regroupe les trois romans de la trilogie!

P.S: Les traducteurs ne traduisent aucun mot d'espagnol utilisé ici couramment. Le plus souvent on peut déduire, mais ce n'est pas toujours évident pour quelqu'un qui ne connait pas et à la longue cela devient pénible! Il semble par ailleurs que la traduction laisse parfois à désirer genre "la prochaine fois qu'il se réveilla". Enfin, certains termes spécifiques auraient mérité une note explicative de l'éditeur ou des traducteurs!

L'ultime western ?

10 étoiles

Critique de Grégoire M (Grenoble, Inscrit le 20 septembre 2009, 47 ans) - 10 juin 2010

Les deux héros du livre sont de jeunes cowboys passionnés par les chevaux, le travail avec le bétail et portés par un sens aigu de l’honneur. Le problème est que nous ne sommes pas au milieu du 19ième siècle mais dans les années 1940 et que le monde qu’ils rêvent n’existe plus. Le père de Grady est divorcé, le ranch appartient à sa mère qui souhaite le vendre et la modernisation est en cours. Nos deux jeunes héros n'ont plus que la fuite pour aller chercher leur rêve au Mexique, dans un dernier bastion de montagne où il est encore vivant.
On retrouve déjà les thèmes que McCarthy développera dans No Country for old men et de manière plus détournée dans La route, des héros en communion avec la nature ou en survie au milieu de celle-ci, le thème de la fuite, le sens de l’honneur et la présence du mal.
Le talent de McCarthy est de donner à tous ces éléments une présence envoûtante.

Ma-gis-tral !

10 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 39 ans) - 2 juin 2009

Premier volet de la trilogie des Confins, et le meilleur. Adapté au cinéma (un film assez raté et qui ne sera pas un gros succès), voici un western inoubliable !

Paradisiaque

8 étoiles

Critique de Janiejones (Montmagny, Inscrite le 20 avril 2006, 36 ans) - 14 mai 2007

On se retrouve dans un monde poussiéreux avec les deux héros, un monde où l'on voudrait être. On peut dire que j'ai été conquise par ce livre, bien que je lui ai trouvée un défaut : les phrases très longues, remplies de "et".

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  Pour vous mettre l'eau à la bouche ! 9 Frunny 27 novembre 2012 @ 19:32

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