Corto Maltese : Les Celtiques de Hugo Pratt

Corto Maltese : Les Celtiques de Hugo Pratt

Catégorie(s) : Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers

Critiqué par Guigomas, le 23 avril 2015 (Valenciennes, Inscrit le 1 juillet 2005, 53 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (37 508ème position).
Visites : 3 451 

Corto dans une Europe en guerre

Une discussion ouverte sur Judas m’a donné envie de relire les Celtiques, cet album qui nous raconte les aventures de Corto Maltese en Europe à la fin de la première guerre mondiale. C’est un album vraiment bon, un des meilleurs avec Les Ethiopiques et la Ballade de la mer salée. Il comporte six histoires, dont le Concert en O mineur pour harpe et nitroglycérine qui traite du thème du traître et du héros.

C’est une histoire triste et belle qui se passe en Irlande, terre propice à la trahison car terre de luttes infinies contre un ennemi plus fort (la nouvelle de Borges qui s’intitule justement Thème du traître et du héros se passe en Irlande, elle aussi ; de-même Mon traître, de Sorj Chalandon). Dans ce Concert pour harpe en nitroglycérine, il y a une femme, un héros, un traître ; ce dernier trahit pour de l’argent, c’est triste et banal mais c’est sans doute le mobile principal des traîtres. Qui est le traître, qui est le héros ? Corto sera parmi les rares à le découvrir.

Il y a un héroïsme plus grand que de faire don de sa vie pour une cause, c’est de faire don de sa vie et de sa réputation. Tel est le thème de cette histoire. En quelques planches, Hugo Pratt nous raconte une tragédie universelle et intemporelle avec talent. Etant donné le gnosticisme de Corto Maltese (qui se définit lui-même comme un Caïnite), on peut voir dans le héros de ce Concert, qui meurt traître, le pendant du Judas des Caïnites.

Je n'évoque dans cette critique qu'une seule des 6 histoires de cet album, mais les autres sont du même tonneau, même si elles sont parfois plus légères, comme celle mettant en scène le Baron Rouge, l'as de l'aviation allemande.

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Quatre récits du marin maltais

5 étoiles

Critique de Vince92 (Zürich, Inscrit le 20 octobre 2008, 45 ans) - 1 novembre 2022

Une relecture de cet album, qui ne compte pas parmi les plus connus de la série. Le commentaire de cet album qui porte sur l'édition de 2003 me donne l'occasion de pousser un "coup de gueule" sur la politique éditoriale de Castermann concernant cette série mythique. L'amateur s'y perd assez facilement... l'album a paru en France initialement en 1980 mais depuis est sorti au gré des rééditions et des réimpressions sous différents formats, différents découpage.
Dans cette version de l'album, quatre histoires mettant en scène le marin maltais sont mises en scène (sur les 6 histoires initiales, les deux autres ayant paru dans La Lagune des mystères). La plus importante d'entre elles est "Concert en O mineur pour harpe et nitroglycérine", aventure au cours de laquelle Corto s'engage pour la cause de l'IRA. Le fait est assez significatif pour être signalé... la conclusion du récit est vertigineuse. La seconde de ces aventures, Songe d'un matin d'hiver met en scène les légendes de l'Angleterre millénaire et les grandes figures mythiques de l’imaginaire arthurien s'allient pour repousser un coup de main allemand pendant la Première Guerre Mondiale.
Côtes de Nuits et roses de Picardie met en scène deux soldats australiens et Corto qui tentent d'abattre le célèbre Baron rouge grâce au talent de tireur d'un des soldats qui a cependant besoin d'avoir un coup dans le nez pour faire mouche. Là encore, une fin tragique alors que le récit prend un ton plutôt léger. Enfin, la dernière aventure, Burlesque entre Zuydcoote et Bray-Dunes se déroule encore durant la Première Guerre mondiale... une rivalité amoureuse, une affaire d'espionnage, des saltimbanques très loquaces... je n'ai pas compris grand' chose et les passages burlesques de cet albums sont plus énervants que drôles... une des rares aventures ratées de la série selon moi.
Que retenir de cet album et des quatre histoires qui le composent (dans mon édition, une nouvelle fois)? Une excellente aventure, (en Irlande), deux moyennes et une ratée. Il me semble que Pratt parvient à son meilleur en développant de longs scénarios plutôt que de petits instantanés: pourquoi son héros se retrouve-t-il sur le front? Ses aventures, anecdotiques, ne sont pas à la mesure de la tragédie qui s'est jouée sur le Front de l'Ouest... on ne parvient pas toujours à faire de belles histoires en utilisant indifféremment les mêmes ficelles: ironie, onirisme et burlesque ne sont pas toujours de bon aloi.

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