Les portes de la perception de Aldous Huxley
(The Doors of Perception)
Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances , Littérature => Anglophone , Sciences humaines et exactes => Philosophie
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The Doors
Ce célèbre bouquin inspira les Doors et servit de guide de voyage psychédélique à bon nombre d’apprentis hippies.
Le philosophe raconte, de manière détaillée et scientifique, les impressions, perceptions et sensations qui suivent l’absorption d'une dose de mescaline, substance active du peyotl, cactus hallucinogène utilisé par les indiens pour s’approcher de Dieu. Le reste du livre se compose de nombreuses réflexions sur des thèmes philosophiques classiques (le temps, la religion, les modes de vie, etc.) et s'avère également intéressant quoique moins sulfureux que ce long trip expliqué avec un luxe de détails qui incite souvent le lecteur à vouloir essayer, lui-aussi, de franchir les portes de la perception pour quitter cette réalité étriquée et découvrir les fastes d'un univers coloré et sans limite. Incitation ou pas à la consommation de psychotrope le livre de Huxley est un de ces témoignages qu’il faut avoir lu, ne serait-ce que parce qu’on en a trop entendu parler…
Les éditions
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Les Portes de la perception [Texte imprimé] par Aldous Huxley traduit de l'anglais par Jules Castier
de Huxley, Aldous Castier, Jules (Autre)
10-18 / 10-18
ISBN : 9782264001252 ; 8,10 € ; 25/11/1999 ; 319 p. Poche
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Vivre dans le présent éternel
Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 30 décembre 2025
Moi-même fasciné par cette drogue (bien que n’étant pas consommateur) qui peut être en effet perçue comme une porte d’accès à un « monde parallèle » invisible au commun des mortels, ou selon que l’on croie ou non, à la spiritualité, le livre avait attiré mon attention. Celui-ci est présenté sur Wikipédia comme l’ouvrage où Huxley narre son expérience des drogues, et c’est bien ce qui m’a conduit à le lire. Et après lecture, j’avoue un certain désappointement. Hormis quelques paragraphes au début du livre où l’auteur parle d’une prise de mescaline, qui se révélera peu suivie d’effets (Huxley, qui s’avoue être un « visuel indigent », ne fut pas assailli de visions extraordinaires, sa seule observation notable consistait en une vibration différente des couleurs), la majeure partie est consacrée à ses réflexions philosophico-religieuses.
Pour lire l’ensemble du livre, qui est tout de même très dense, il faudra faire preuve d’une certaine persévérance. Si les réflexions de l’auteur révèlent quelqu’un de très érudit, notamment en matière de religion, elles m’ont paru parfois assez ardues, pour ne pas dire absconses. J’ai tout de même pu grappiller çà et là quelques informations intéressantes, mais au final, je ne peux pas dire que j’ai été marqué par cette lecture autant que je m’y attendais. Je ne m’aviserais pas de résumer le livre, mais si on doit retenir quelque chose, je dirai que l’auteur évoque la question de la religion et ses différents aspects, la façon dont elle est vécue par les croyants autour du monde, qui sont eux-mêmes catégorisés en groupe de « tempéraments » : les viscérotoniques (ou hédonistes, pour faire court), les somatotoniques (ou prosélytes) et les cérébrotoniques (introvertis). Il aborde aussi les thématiques de la temporalité, du spirituel, du karma, bref, toute cette sorte de chose.
Ainsi, on constate ici qu’Huxley était croyant, ce qui pourra décontenancer les plus athées d’entre nous. En développant ses réflexions, il s’appuie sur le postulat selon lequel Dieu existe, sans vraiment exposer une théorie solide de son existence. C’est pour cette raison sans doute que j’ai eu encore plus de mal à rentrer dans le livre, déconcerté par des affirmations qui semblaient ne pas supposer de contradictions.
En résumé, une lecture plus enrichissante que vraiment passionnante, pour peu que l’on ait de la mémoire ou que l’on ait le courage de faire des prises de note détaillées. Pour ma part, je terminerai en me contentant de citer les passages qui m’ont le plus interpelé :
« Il y a de bons karmas, et il y en a de mauvais ; mais il dépend de l’individu de faire un mauvais usage du meilleur karma, et un bon usage du plus mauvais. Il y a un degré de libre arbitre inclus dans un système de prédestination » (p.81)
« Il existe actuellement une tendance lamentable à confondre le psychique avec le spirituel, à considérer tout phénomène supranormal, tout état mental inhabituel, comme provenant de Dieu. Mais il n’y a absolument aucune raison de supposer que les guérisons, les prophéties et autres « miracles » soient nécessairement d’origine divine. » p.111
« Les hommes ont toujours été la proie des distractions, qui sont le péché originel de l’esprit. (…) Le recueillement, ou domination des distractions, n’a jamais été plus nécessaire qu’à présent ; jamais, non plus, on peut s’en douter, il n’a été aussi difficile. » p.121
« L’introversion qui s’écarte des choses pour l’amour de Dieu peut, en leur attribuant une importance excessive, élever les choses à la place qui devrait être occupée par Dieu. Ce qu’il faut, en conséquence, ce n’est pas une fuite physique ou une introversion s’écartant des choses, mais l’aptitude à entreprendre l’activité nécessaire dans un esprit de détachement, d’anéantissement du moi dans la réalité. C’est la, bien entendu, la doctrine du Gita. (…) L’absence d’attache ne peut se pratiquer que lorsqu’il s’agit d’actions intrinsèquement bonnes ou éthiquement neutres. » p.126
« Et ce découragement spécial et caractéristique que nous éprouvons en raison de la lenteur de notre progrès spirituel, qu’est-ce, sinon un symptôme de vanité blessée, un tribut payé à la haute opinion que nous avons de nos propres mérites ? » p.143
« Le premier problème, toujours présent, de la vie sociale, est le pouvoir. Car le pouvoir fait, de ceux qui le possèdent, des diables ; le pouvoir est insatiable ; le pouvoir est agressif, et, par sa nature même, intolérant à l’égard de tout pouvoir rival — partant, intrinsèquement belliqueux, cruel, oppressif. » p.149
« Combattez le moi, dit sainte Catherine de Sienne, et vous n’aurez à craindre nul autre ennemi. » p.184
« La libération ne peut advenir que si nous répudions toute préoccupation du lendemain, et vivons dans le présent éternel. » p.187
« Le contemplatif avancé est un homme qui n’est plus opaque à la réalité immanente intérieure, et, comme tel, il est profondément impressionnant pour la personne moyenne non régénérée, qui est saisie d’effroi respectueux par sa présence et même par le simple bruit de son existence, au point d’être incitée à se conduire de façon appréciablement meilleure qu’elle ne le ferait sans cela. » p.202
« L’idolâtrie est toujours funeste ; et les biens humains les plus élevés mêmes cessent d’être des biens s’ils sont adorés pour eux-mêmes, et non utilisés, comme ils sont destinés à l’être, pour la réalisation d’un bien ultime qui les transcende. » p.238
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