Clamence 05/06/2011 @ 23:18:57
Je n'ai pas lu ce livre, mais j'ai lu ta critique Shelton, et je ne peux m'empêcher d'être heurtée par cette partie :

"Un parent croit ce qu’on lui dit et quand un enseignant, un peu rapidement, commence par dire à un père ou une mère que si l’enfant est ainsi c’est tout simplement de sa faute, à lui parent, il y a de quoi traumatiser un adulte responsable et perturber à vie la relation entre enfant et parent concerné… "

Est-ce un propos de ce livre..?

Je suis professeur depuis sept ans, et je suis lasse, et davantage écœurée chaque année d'entendre ce type de propos. Je n'ai jamais vu, en sept ans, un professeur dire ou expliquer, "un peu rapidement", à des parents que la dyslexie, dyspraxie, dysorthographie....de leur enfant leur était imputable.

Lutter contre l'échec scolaire est l'une des priorités de l'enseignement, avec les moyens, souvent inégaux d'un établissement à un autre, dont chaque enseignant dispose. Dans mon collège, et ce n'est pas un cas unique, lorsque qu'un enfant témoigne de lourdes difficultés scolaires, il est naturel de s'enquérir de suite des causes qui pourraient les justifier, de s'entretenir avec les parents, d'envisager des tests afin de vérifier s'il est atteint d'un de ces troubles, pour ensuite trouver, essayer de mettre en place des solutions pour que cet enfant ne demeure pas en situation d'échec.

Ta critique me heurte parce qu'elle sous-entend, que tu l'aies consciemment voulu ou non, un manque d'écoute du professeur dans de tels cas. Certes, tu soulignes le manque de temps, de moyens, des contraintes. Mais cette seule phrase retourne les précautions dont ta critique est entourée pour "disculper" le professeur. c'est en tous les cas, la manière dont je le reçois, et dont je suis, en tant qu'enseignante, tenu de l'entendre chaque jour.

C'est un métier difficile, un métier passionnant. Qu'on nous donne enfin, à lire, un texte qui réconcilie les médias et la société avec les professeurs, qu'on ne cesse de brimer depuis des lustres, ces incompétents toujours en vacances ou en grève quand parfois ils ne sont pas en vacances, j'en passe et des meilleures.
Si je n'aimais pas autant mon métier, il y a bien longtemps que je l'aurais abandonné, quand on a commencé à m'envoyer remplacer à gauche et à droite pour trois jours, deux semaines, sans le délai obligatoire de 48 heures pour préparer mes cours, en prévenant des élèves très difficiles que je n'étais que de passage, en oubliant, voire refusant de payer mes heures supplémentaires ou indemnités de déplacement, en soutenant des élèves qui s'étaient montré d'une immense violence pour raisons de statistiques, etc etc etc.

Clamence 05/06/2011 @ 23:20:15
énorme faute de syntaxe, l'émotion sans doute...chacun aura rectifié.

Aria
avatar 06/06/2011 @ 00:18:05
Très beau plaidoyer pour ton beau métier, Clamence !

Je souscris à tout ce que tu dis.

Il y a certes des professeurs moins impliqués dans leur métier, mais je doute qu'ils rendent les parents responsables de la dyslexie de leur enfant.

Aria
avatar 06/06/2011 @ 00:19:33
Et puis, je suis très choquée par le titre du fuseau : "Comment se réconcilier avec les profs".

Clamence 06/06/2011 @ 00:24:41
Et puis, je suis très choquée par le titre du fuseau : "Comment se réconcilier avec les profs".


euh..ça c'est justement mon titre Aria..

Débézed

avatar 06/06/2011 @ 00:49:37
Clamence, je pourrais te raconter des tas d'aventures vécues par une jeune femme que je connais bien, tout au long de sa scolarité depuis le CP jusqu'à l'université et même lors d'une formation spécialisée. Elle n'a pas compté tous les cahiers qu'on lui a jeté à la figure et toutes les autres humiliations du même genre qu'elle a dû subir.

Mais, elle ne m'a jamais dit que les profs culpabilisaient ses parents.

Clamence 06/06/2011 @ 00:58:25
Dbz, je n'ai jamais prétendu que tous les profs étaient des saints, je n'ignore absolument pas qu'il y a aussi de mauvais profs, comme il y a de mauvais boulangers, de mauvais ouvriers, de mauvais patrons.

Mais il n'y a pas de groupes internet qui assassinent les mauvais boulangers...pas autant de clichés et de mépris pour les mauvais ouvriers. J'en ai simplement assez de voir autant mépriser cette profession qui est la mienne. (Shelton, je n'ai pas dit que tu méprisais les profs, ne nous méprenons pas non plus)

Shelton
avatar 06/06/2011 @ 06:10:27
Shelton enseignant lui-même à des étudiants et intervenant dans des écoles, collèges et lycées toute l'année n'est pas contre les enseignants, j'espère que vous l'avez bien compris.

Par contre lors de mon troisième cycle des sciences de l'éducation j'ai travaillé sur certaines différences et ce que j'ai trouvé dans ce livre correspond à des éléments que j'ai vérifié sur le terrain. Oui, nos méthodologies d'enseignement en France sont essentiellement faites pour une moyenne d'enfants, plutôt auditifs, et nos outils sont faibles voir inadaptés pour les dys et autres déficients.

J'ai accompagné une jeune fille qui ne voyait pas il y a une vingtaine d'année et rien n'était en place dans les classes pour l'aider. On voulait tout de suite la mettre dans des classes spécialisées pour apprendre un petit métier de survie... Aujourd'hui, elle est devenue une enseignante chercheure et j'en suis très heureux...

Quand à la culpabilisation qui est renvoyée aux parents ce n'est pas un mythe, c'est malheureusement très classique et les parents d'enfants dyspraxiques le savent cruellement (j'en connais plusieurs dont un de mes neveux...).

Enfin, dans le livre, comme dans ma chronique, le but était de dire plutôt la difficulté des enseignants face à ces enfants quand on a des gros effectifs et des différences multiples...

Donc pas de critiques des uns ou des autres, mais comment donner à ces enfants souvent par ailleurs forts intelligents des chances de réussites ?

Feint

avatar 06/06/2011 @ 08:14:13
"Un parent croit ce qu’on lui dit et quand un enseignant, un peu rapidement, commence par dire à un père ou une mère que si l’enfant est ainsi c’est tout simplement de sa faute, à lui parent, il y a de quoi traumatiser un adulte responsable et perturber à vie la relation entre enfant et parent concerné… "
Il y en a aussi, des enfants qui sont ainsi par la faute de leurs parents - mais souvent ceux-là ne croient rien du tout, c'est à peine s'ils sont au courant qu'ils ont un enfant. Des pères qui rentrent tard pour rapporter la grosse paye et qui vont pas s'emmerder à aller voir au collège comment ça se passe pour leur gamin, parce que eux ils travaillent, hein, et puis après tout le gamin il a une mère pour ça, non ? Bon c'est vrai qu'elle est plus bonne, d'ailleurs on va la changer. Et puis le gamin il a pas à se plaindre : il a le dernier i-phone.
Et je n'exagère pas vraiment. Heureusement que ça n'est pas la règle.

Nymphette

avatar 06/06/2011 @ 11:28:46
Je suis toujours intéressée par les discussions sur ce métier dont j'admire les "pratiquants", drôle d'expression, mais pourtant il y a à mon avis bcp de foi dans ce travail là, celui d'accompagner notre jeunesse.

Finalement, qu'il s'agisse d'enfants avec des difficultés "connues" , "affectives" ou "sans motif", chaque cas est spécifique et devrait pouvoir être l'objet de grandes attentions et aussi les élèves moyens et les bons élèves pour réaliser pleinement leur potentiel! Hélas, pour des questions évidentes de budget cela n'est pas possible!

Le sujet est l'optimisation des ressources disponibles et là, à mon avis, il y a gagner! Mais c'est un énorme chantier qui nécessite des volontés politiques: pour cela il faudrait que l'éducation soit un sujet à la mode! or donc, on en est loin, très très loin!!!!

Sissi

avatar 06/06/2011 @ 11:45:24

Il y en a aussi, des enfants qui sont ainsi par la faute de leurs parents - mais souvent ceux-là ne croient rien du tout, c'est à peine s'ils sont au courant qu'ils ont un enfant. Et puis le gamin il a pas à se plaindre : il a le dernier i-phone.
Et je n'exagère pas vraiment. Heureusement que ça n'est pas la règle.


Oh comme c'est vrai tout ça...
J'ai lu ce sujet hier soir mais je n'ai pas eu le temps d'y répondre, et je voulais justement dire tout ça.
Je trouve ça très bien si les enseignants mettent certains parents face à leurs responsabilités...ben de parents, que beaucoup (pas tous heureusement) ont tendance à fâcheusement oublier!
Les parents démissionnaires il y en a malheureusement beaucoup....trop!

J'ai en revanche volontairement coupé le passage sur les père/mères.
C'est toujours moi qui vais aux réunions parents/profs, début d'année, voyages etc..parce que c'est vrai je suis plus disponible mais surtout parce que je le veux!!
(J'adore aller voir la tête des profs et discuter avec eux! :-)
Il y a énormément de papas présents aussi, je trouve.

Feint

avatar 06/06/2011 @ 12:26:14
Je trouve que dans l'ensemble les pères se reposent souvent sur les mères, même s'il y a bien sûr de belles exceptions - concernant surtout des jeunes qui n'ont pas vraiment de problèmes avec l'école, ou alors des problèmes juste d'ordre "dys-". Sinon, quand ça va vraiment mal, très souvent c'est la mère en première ligne ; le père on ne sait même pas s'il existe. Et les arguments qu'il sort lorsqu'on va le débusquer, je ne les ai pas inventés.

Débézed

avatar 06/06/2011 @ 13:51:16
Dbz, je n'ai jamais prétendu que tous les profs étaient des saints, je n'ignore absolument pas qu'il y a aussi de mauvais profs, comme il y a de mauvais boulangers, de mauvais ouvriers, de mauvais patrons.

Mais il n'y a pas de groupes internet qui assassinent les mauvais boulangers...pas autant de clichés et de mépris pour les mauvais ouvriers. J'en ai simplement assez de voir autant mépriser cette profession qui est la mienne. (Shelton, je n'ai pas dit que tu méprisais les profs, ne nous méprenons pas non plus)


Le problème n'est pas la qualité des profs, ils sont comme les autres, il y a des bons, des moins bons et même des excellents, c'est le manque de formation qu'ils ont par rapport aux différents problèmes que tu cites. Je connais très bien un cas dans mon environnement et mes enfants sont ou ont été enseignants. Donc je rien contre la corporation, mais je reste convaincu que la dyslexie et des ses différentes formes n'est pas traité par l'éducation nationale. Je ne sais même pas si ça fait partie de ses compétences.

Débézed

avatar 06/06/2011 @ 13:56:47
Les parents des bons élèves aiment bien aller recevoir les compliments des profs et les autres préfèrent se planquer et éviter la corvée. J'ai connu ça comme parent d'élève et mes enfants me confirment que ça existe toujours, hélas, même dans les coins les plus défavorisés des campagnes françaises.

Frunny
avatar 06/06/2011 @ 14:07:48
Je pense que les problèmes auxquels doit faire face l'enseignement aujourd'hui sont les mêmes que ceux de la Société entière .
Des adultes sans éducation , se permettant de faire/dire tout et n'importe quoi en invoquant la Liberté ; ne peuvent pas donner des enfants différents que ceux qui fréquentent nos écoles aujourd'hui .
Les Profs sont devant des arrogants , irrespectueux et " intouchables " ....
Je ne suis pourtant pas très vieux mais - je vous assure - qu'un enseignant ( bon ou mauvais ) était respecté et que la moindre incivilité était durement réprimée.

Sissi

avatar 06/06/2011 @ 14:22:49
Je trouve que dans l'ensemble les pères se reposent souvent sur les mères, .


Moi je trouve que c'est beaucoup moins le cas qu'avant quand même.
Beaucoup de pères sont divorcés et ont la garde de leurs enfants une semaine sur deux.
Ils se débrouillent plutôt bien.

Sissi

avatar 06/06/2011 @ 14:34:43
Les parents des bons élèves aiment bien aller recevoir les compliments des profs


Ecoute mes enfants sont de bons élèves, mais je t'assure que je ne vais pas voir les profs pour ça.
Je vais voir les profs pour les rencontrer, tout simplement, parce que les enfants en parlent beaucoup à la maison.
J'y vais surtout pour savoir comment ils se comportent, si ils participent etc...ça m'intéresse de savoir comment ils sont dans un univers qui est le leur, comment ils sont perçus une fois sortis du cadre familial (et c'est super intéressant!)
On voit aussi aussi ce qui va moins bien, ce qui peut être amélioré etc...

Feint

avatar 06/06/2011 @ 19:24:36
Je parlais des élèves qui posent un vrai problème de comportement. C'est dans ces cas-là que la démission paternelle est la plus criante.

Sissi

avatar 06/06/2011 @ 21:16:35
Il y a aussi un sacré nombre de mères qui passent leur temps à défaire ce que le père a péniblement essayé de faire (peut- être pas assez, certes): faire preuve d'autorité.
"Tu vas voir, ton père!", on l'entend encore très couramment.
Moi à chaque fois je pense "et avec vous, Madame, il ne peut pas "voir" un peu les choses, votre enfant?".
Non décidément je ne suis pas d'accord avec toi sur ce coup là.
Autant je pense que beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup trop de gamins sont livrés à eux mêmes, trimballés comme des paquets, en perte de repère etc..(ce que tu disais au début), autant je ne trouve pas que ça soit imputable aux hommes.

Marvic

avatar 06/06/2011 @ 21:22:23

Le problème n'est pas la qualité des profs, ils sont comme les autres, il y a des bons, des moins bons et même des excellents, c'est le manque de formation qu'ils ont par rapport aux différents problèmes que tu cites. Je connais très bien un cas dans mon environnement et mes enfants sont ou ont été enseignants. Donc je rien contre la corporation, mais je reste convaincu que la dyslexie et des ses différentes formes n'est pas traité par l'éducation nationale. Je ne sais même pas si ça fait partie de ses compétences.

Tu as tout à fait raison DBZ; j'enseigne à l'école élémentaire depuis plus de 30 ans et je n'ai eu aucune formation dans ce qui s'appelait à l'époque "L'école Normale".
Seule l'expérience me permet de pressentir des problèmes dys...; mais dans ce cas, je ne peux que rencontrer les parents pour leur en faire part; nous réfléchissons ensemble et seule mon ancienneté peut éventuellement prévaloir dans l'hypothèse d'un diagnostic. Si je suis capable d'aménager l'emploi du temps d'un enfant en difficulté, je ne suis absolument pas à même de l'aider dans son handicap. Nous n'avons plus de psychologue scolaire dans notre circonscription, les orthophonistes ont des délais d'attente de 6 mois et il faut beaucoup de bonne volonté aux parents pour trouver le temps et quelquefois l'argent car il leur faut souvent faire des dizaines de km pour avoir des rendez-vous rapides.
Quand l'enfant est suivi par un spécialiste, nous faisons régulièrement des points téléphoniques.
Par contre, aucun moyen si mauvaise volonté des parents...

Je parlais des élèves qui posent un vrai problème de comportement. C'est dans ces cas-là que la démission paternelle est la plus criante.

En fait, les problèmes de comportement prennent maintenant le pas sur les problèmes scolaires. A l'heure de la répartition des classes pour la prochaine rentrée, nous sommes en train de travailler sur l'équilibre des cas disciplinaires. Et là, nous sommes très démunis car ce sont pratiquement toujours des démissions parentales et j'ai toujours beaucoup de mal , quand je demande à voir des parents pour des problèmes de comportement (dans ces cas, tu as raison Feint, c'est toujours la mère qui se déplace), de les entendre me dire "il/elle ne m'écoute pas; il ne veut rien faire; il est têtu; s'il n'est pas décidé....", en parlant d'enfants de 6 ans!
Cela fait peut-être un peu rétro pour ne pas dire plus, mais c'est un tel gâchis de voir ces enfants , champions de PS et autre Wii n'apprendre que deux vers d'une poésie parce que 4 , c'était trop long!

Ce qui est sûr, c'est que dès que Shelton a mis sa critique en ligne, je l'avais mis dans ma LAL!

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