Shelton
avatar 14/06/2022 @ 05:43:03
Même si je fus souvent aux abonnés absents durant ces derniers mois, je vous annonce que la chronique "L'été c'est fait pour lire" aura bien lieu cette année. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore, je précise qu'il s'agit d'une chronique radio durant tout l'été qui propose une idée de lecture par jour... Et c'est avec plaisir que vous pourrez ici retrouver le texte de ces chroniques, presque en même temps que la diffusion sur les ondes de RCF en Bourgogne, RCF-Jura... et quelques autres radios !

Il y aura encore de nombreuses propositions allant des ouvrages les plus classiques aux plus atypiques... Mais je ne vous en dis pas plus !

Rendez-vous ici le 21 juin !

D'ici là, bonne lecture à toutes et tous !

Vince92

avatar 14/06/2022 @ 10:03:33
Je n'arrive pas à croire que l'été est déjà là...le temps passe si vite...
Ravi de lire la traditionelle chronique!

Saint Jean-Baptiste 14/06/2022 @ 15:42:25
Belle tradition ce rendez-vous de l’été avec Shelton !
Merci Shelton et à bientôt.

Shelton
avatar 21/06/2022 @ 07:35:16
Mardi 21 juin 2022

L’été c’est fait pour lire et ceux qui me suivent depuis longtemps savent que c’est maintenant le début de cette chronique estivale que l’on retrouvera sur Internet et à la radio… durant tout l’été ! Oui, une proposition de lecture par jour et non une critique pure, universitaire ou intellectuelle. Ici, je me contente de vous signaler des livres que j’ai lus et que j’ai aimés… A vous d’en faire ce que vous voulez… ici, on est entièrement libre et c’est bien ainsi !

Alors, pour ceux qui arrivent ici pour la première fois, je veux simplement préciser que chez moi les livres sont de toute nature et qu’un bon livre de recettes de cuisine peut trouver sa place à côté d’un grand classique, d’une bande dessinée, d’un roman policier, d’une poésie romantique, d’une romance estivale, d’un conte pour enfant ou d’un roman de la rentrée littéraire… Oui, tout est possible y compris le fait de redécouvrir un roman ancien ou une lecture d’enfance, d’adolescence ou d’hôpital… Tous les écrits ont leur place et il ne s’agit pas de dire qu’ils ont tous la même qualité d’écriture, d’originalité ou de force… Non, il s’agit juste d’illustrer qu’il y a des livres pour chaque moment de notre vie et qu’il faut en profiter, tout simplement…

Ne vous attendez pas non plus à de très longues explications, à des phrases trop alambiquées ou principes incompréhensibles : en radio, je n’ai que quelques minutes pour présenter l’ouvrage. Donc, quelques éléments sur l’ouvrage, sur l’auteur, parfois même la collection, mon ressenti de lecteur, un ou deux petits points pour vous donner envie et ce sera déjà le moment de se quitter…

Mon objectif, mon envie, mon profond désir, n’est pas que vous lisiez tout ce que je propose mais seulement le souhait que chaque semaine vous puissiez trouver une idée de lecture qui vienne enrichir votre « liste à lire » ou votre pile de table de nuit !

Je revendique aussi, haut et fort, sans aucun état d’âme, une subjectivité sans limite et sans faille ! Oui, ma liste ne dépend pas des autres, des revues, des magazines ou de je ne sais quelle subordination éditoriale ou commerciale. Mon humeur me guide, mon expérience de lecteur m’aide, mes rencontres et échanges avec lecteurs, auteurs, éditeurs enrichissent mes possibilités… et je peux même vous confier qu’au premier jour de cette chronique je ne suis même pas capable de vous donner la liste de tous les ouvrages dont on parlera… Rien n’est figé !

Alors, bien sûr, j’ai déjà quelques jalons comme la littérature du XVII° siècle puisque la saison prochaine je vais avoir l’occasion de faire cinq conférences sur cette période (avec en particulier Pascal, Madame de Sévigné et Madame de La Fayette, Racine et Corneille), réaliser un cycle de radio sur le Jansénisme, continuer mes recherches sur Louis XIV et la culture… Donc, on retrouvera certains ouvrages de cette période ou sur certains de ces personnages…

La bande dessinée, les policiers et les ouvrages jeunesse seront bien là car ils font partie de ma vie et relèvent évidement de ma passion pure… Enfin, comme chaque année, il y aura des livres sur la cuisine et de beaux ouvrages sur les arts en général… Bref, du très classique chez moi !

Enfin, je n’hésiterai pas à glisser quelques ouvrages qui mettent à l’honneur nos régions, leur patrimoine, les lieux touristiques car la France est si belle qu’il ne faut pas hésiter à la redécouvrir (ou découvrir tout simplement) avant d’aller traverser le monde pour se poser sur une plage ensoleillée et déserte… Pensons aussi à la planète, à son avenir et nos comportements… Là encore, de toute évidence, une belle piste de lecture !

Donc, il n’y aura pas assez de jours en été pour tout aborder et je ne peux que commencer par vous souhaiter de belles et agréables lectures durant tout l’été puisque L’été c’est fait pour lire !

Shelton
avatar 22/06/2022 @ 08:29:31
Mercredi 22 juin 2022

L’été c’est fait pour lire et même si Patrick Poivre d’Arvor n’est pas en odeur de sainteté en ce moment, même si son image de compagnon idéal qui rencontrait les Français chaque soir a disparu noyée dans des situations scabreuses en cours d’éclaircissement par la justice, même si cet ouvrage « Eloge des écrivains maudits » n’est pas parfait, c’est quand même ainsi que j’ai envie d’ouvrir ma chronique estivale…

Pourquoi ce choix ? Mais tous simplement parce qu’en moins de 400 pages on entre en contact avec une multitude d’écrivains, des plus connus aux illustres oubliés de l’histoire, des auteurs de nations et langues différentes, des romanciers, des poètes, des dramaturges… Bref, un petit condensé de littérature express pour plonger dans le bain des lettres sans aucune retenue !

Surtout, il y a des auteurs que j’aime et qu’il m’est arrivé de présenter plus d’une fois comme Robert Brasillach, Dostoïevski, Violette Leduc, Edgar Poe, Boris Vian ou Simone Weil ! Il y a ceux que j’adore mais dont j’ai encore peu parlé comme Xavier Grall ou André Chénier, Tristan Corbière ou François Villon… Enfin, il y a ceux que je découvre car je ne les connaissais pas jusqu’à très récemment comme Philip Dick, Emily Brontë, John Kennedy Toole ou Annemarie Schwarzenbach…

Cet ouvrage est, malheureusement, du moins à mon avis, trop succinct sur chacun de ces auteurs. Par contre, c’est une excellente introduction pour chacun. Il faut donc le lire à petite dose, un auteur par ci, un auteur par là… Puis, allez se plonger dans l’œuvre de l’une ou l’autre des autrices, juste pour le plaisir… Oui, auteurs et autrices car PPDA n’est pas exclusif dans ses choix même s’il y a plus d’hommes que de femmes…

Dans les personnages évoqués, j’ai apprécié de trouvé Louis Althusser. Durant des années, j’ai eu son portrait sur mon bureau en sous-main. Ce n’était pas par adhésion totale à sa pensée marxiste mais plutôt parce qu’il avait tenté le lien entre marxisme et structuralisme… Ce qui m’amusait beaucoup à l’époque était de voir le nombre de personnes qui ignoraient totalement qui il était… Trois figures avaient marqué mes études littéraires, Barthe, Foucault et Althusser, mais j’avais l’impression alors d’être dans une sorte de secte limitée en nombre, d’être dans un monde à part… Personne ne les connaissait… ou trop peu ! De mon vivant, j’aurai vu Foucault entrer dans la collection La Pléiade… Bientôt les autres… qui sait ?

Si certains de cette longue liste des écrivains maudits sont rapides à lire (quand on meurt jeune, on a écrit un peu moins que les autres), pour d’autres l’opération ou la mission « tout lire » risque de prendre un peu plus de temps… Par exemple dans le cas de Fiodor Dostoïevski, il vous faudra une bonne partie de l’été, mais pourquoi pas ? L’avantage, par contre, c’est que vous pourriez commencer par une nouvelle avant de vous attaquer à des romans plus volumineux… Par exemple, on peut commencer par « Le joueur » ou « Le rêve de l’oncle »… Allez, à vous de jouer !

Enfin, je voudrais dire quelques mots de certains écrivains maudits, ceux qui ont porté des couleurs politiques dictatoriales, du nazisme au stalinisme. C’est toujours délicat de les conseiller à lire car on a toujours peur de défendre les idées politiques criminelles et non la littérature. Je comprends et mesure la difficulté bien réelle… PPDA tente de bien préciser que l’œuvre et la personne doivent bien être séparées, je suis plutôt d’accord avec lui. C’est comme l’uchronie quand elle parle de la seconde guerre mondiale avec un Hitler qui aurait triomphé… Mais, en même temps, quand on lit Villon, on n’est pas là à soutenir les brigands de grands chemins ! Donc, on peut lire « Le marchand d’oiseaux » de Brasillach en condamnant sans hésitation l’antisémite collaborateur !

Voilà, donc un ouvrage qui invite à lire dans la diversité et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 23/06/2022 @ 06:11:28
Jeudi 23 juin 2022

L’été c’est fait pour lire et j’ai envie aujourd’hui d’ouvrir un petit chapitre sur les contes, une sorte de thème qui sera récurent cet été car je crois que l’on ne parle pas assez des contes aujourd’hui, que l’on n’en raconte pas assez le soir devant la cheminée, que l’on oublie cette sagesse ancestrale car il s’agit bien de cela…

Mais, d’une part les cheminées ont presque disparu de nos jours et on n’arrête pas de dire à ceux qui en ont encore une que c’est mauvais pour la planète… D’autre part, les récits du soir on été remplacés par les histoires de la télévision et j’inclus là aussi les séries visionnées via les plateformes… Enfin, pour ceux qui sont restés fidèles aux livres, on voit les versions de Walt Disney supplanter les contes traditionnels… Quelle tristesse !

Aussi, en ce début d’été, je vous propose un livre, un vrai en papier, pour redécouvrir le conte et sa richesse. Pour cela, on oubliera les essais trop complexes comme celui de Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées. Je ne veux pas enlever de la valeur aux sciences humaines, loin de là, mais je préfère me faire accompagner au pays des contes par une personne qui les aime, les lit, s’en souvient… Ouvrons donc « Et à la fin ils meurent, la sale vérité sur les contes de fées ». Que l’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas de dévaloriser les contes mais bien de les redécouvrir pour les adorer !

Lou Lubie, une autrice de bande dessinée, originaire de l’île de la Réunion, une jeune femme bercée depuis toujours par les livres de contes qui l’accompagnent depuis le premier « il était une fois… » entendu enfant, décide de tout remettre à plat pour mesurer la force des contes, surtout ceux dans leur version originale. Pour cela elle propose une « sorte » de bande dessinée, certains diront un roman graphique, d’autres une thèse illustrée ou encore même un essai en images… En fait, il s’agit bien d’une bande dessinée car il s’agit d’une histoire – en l’occurrence celle du conte dans l’humanité – racontée avec du texte – et il est excellent – et du dessin – un graphisme parfaitement narratif. Donc, pas de doute, nous sommes bien dans une bande dessinée !

L’ouvrage – oui, en fait, n’en déplaise à certains, une bande dessinée est bien un livre, un ouvrage, une œuvre – est structuré avec rigueur : des éléments explicatifs, des exemples, de nouveau des explications, thèses ou suppositions, et encore des exemples… On aura donc des récits de contes dans leur version la plus ancienne, mais aussi des réflexions pertinentes sur le conte, les personnages, les récits, l’écriture, les modifications dans le temps… Parfois, on va redécouvrir un conte et sa cruauté (ou, plus exactement, son actualité adulte car le conte n’est définitivement pas fait pour les enfants !), parfois elle nous pointe du doigt le moralisme excessif d’une époque, d’un auteur… Enfin, elle va même nous offrir un bonus final, l’adaptation en BD d’un conte qu’elle avait écrit dans sa jeunesse… Que du bonheur !

Quand on arrive à la fin, on n’a qu’une seule envie, relire et même lire à voix haute à ses petits enfants (car même si le conte est pour adultes, on ne doit pas prendre les enfants pour des demeurés incapables de comprendre une histoire… Non, mais !) Et c’est ce que nous ferons cet été car l’été c’est fait pour lire et que nous devons, indiscutablement, redonner au conte toute sa place… Je n’ose pas vous garantir que cela nous mettrait à l’abri de la bêtise humaine mais… Qui sait ?

Ne soyez donc pas surpris de retrouver régulièrement cet été un petit conte par ci ou par là, y compris en bande dessinée parfois…

Bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 24/06/2022 @ 07:40:25
Vendredi 24 juin 2022

L’été c’est fait pour lire et une fois de plus je suis bien obligé de concéder que je ne suis capable que d’écrire des chroniques et non des critiques… En effet, quand j’ai pris en main le dernier petit opus d’Annie Ernaux, Le jeune homme, j’ai immédiatement plongé sans retenue dans le texte, j’ai ressenti beaucoup de plaisir et maintenant que je cherche à vous en parler je mesure la difficulté à rester strictement factuel…

Pourquoi ai-je aimé ? Parce que le style serait remarquable, parce que la construction serait géniale, parce que le thème serait des plus originaux… Non, surtout parce qu’il m’a fait du bien, parce que dès les premières lignes j’ai oublié la guerre en Ukraine, les législatives en France, le malaise de la reine d’Angleterre… Oui, c’est cela parce que ce texte m’a transporté, tout simplement ! Sans même que je sois capable de vous dire où je me suis retrouvé… Probablement chez moi, au cœur de mes pensées, sur des chemins où j’aime me promener mais que je ne peux atteindre qu’en lisant de tels ouvrages…

A quoi sert la littérature ? Mais à rien, juste à nous ouvrir des potentiels, des portes et de routes inaccessibles autrement… Est-ce bien rationnel ? Mais certainement pas et c’est bien ce qui rend la littérature insondable, imprévisible, surprenante, mystérieuse… Je peux ouvrir un magnifique texte, avec des mots choisis entre tous, qui respecte toutes les traditions de la littérature française et dont la lecture me laissera indifférent. Je peux découvrir un texte violent, qui me pousse dans mes derniers retranchements, qui me bouscule et m’enferme dans une zone d’insécurité et je peux adorer… Et je ne saurai pas vous expliquer pourquoi… Mon analyse ne servant à rien, restons dans le récit de ma lecture… dans ma chronique, quoi !

Le jeune homme est un amant qu’Annie Ernaux a eu quand elle avait la cinquantaine, un amant de trente ans de moins qu’elle… Elle nous raconte non pas le détail de cette relation comme un récit journalistique, mais elle nous le chronique plutôt comme si, après coup, elle tentait d’en retenir quelques éléments pour figer le temps… Et elle le fait avec lucidité !

Elle mesure bien qu’avoir un jeune amant, sans se faire d’illusion sur le temps que pourrait durer la situation, c’est comme revenir en arrière dans le temps. On n’est pas plus jeune pour autant mais on éloigne de soi la vieillesse… donc la mort ! Et se souvenir de ces mois c’est aussi prolonger l’effet de ce retour en arrière, l’ouvrage devenant l’outil d’un double retour dans le temps sans pour autant redevenir la jeune femme qu’elle fut… Mais c’est si bon le souvenir…

Alors, bien sûr, Annie Ernaux n’a pas besoin de dix mille pages pour faire renaitre certaines scènes… Quelques mots et la voilà chez elle, ou au restaurant, ou dans la rue au regard de tous… Elle est bien même quand on la montre du doigt, qu’on la pointe comme ne respectant pas les règles habituelles sociales… Trente ans d’écart, n’est-ce pas trop ? Elle pourrait bien être sa mère, n’est-ce pas immoral ? Et alors ? Ce n’est pas grave car tout cela a une autre importance… Elle revit ce moment riche et intense… Et elle le revit encore en l’écrivant… Et le lecteur le fait revivre en se pénétrant des mots d’Annie Ernaux ! La littérature serait-elle la source de l’immortalité ?

Annie Ernaux ne souhaite pas entrer de son vivant dans La Pléiade, elle n’aime pas être l’objet de l’étude des autres, a longtemps refusé que la revue de l’Herne lui consacre un numéro (mais c’est quand même fait depuis cette année !)… Par contre, l’air de rien, elle a atteint le même but par son écriture, suspendre le temps et rester bien vivante même en vieillissant… On ne dit pas l’âge d’une femme, dit-on, on se contentera donc de dire qu’elle a accumulé les expériences de vie et qu’elle nous en fait profiter avec ses livres… Que cela dure encore longtemps !

Et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Shelton
avatar 25/06/2022 @ 09:35:16
Samedi 25 juin 2022

L’été c’est fait pour lire et en ce début d’été, avant de vous présenter des bandes dessinées à découvrir et lire, voire même relire, j’ai choisi de vous entretenir d’un merveilleux petit ouvrage synthétique sur la bande dessinée, fruit du travail d’un des grands spécialistes de ce genre littéraire car, n’en doutons pas un seul instant, la bande dessinée est bien un genre littéraire…

D’ailleurs qu’est-ce que la bande dessinée ? Quand est-elle née ? Quels sont les chefs d’œuvre de BD qu’il faut lire et relire sans cesse ? Où en sommes-nous aujourd’hui ? C’est un peu pour répondre à ces questions que Benoît Peeters va présenter cinquante moments-clés de l’histoire de la bande dessinée et nous guider dans un univers que certains ne connaissent pas ou trop partiellement…

Alors, même si certains aiment à faire remonter la bande dessinée à la grotte paléolithique, Benoît Peeters va au dix-neuvième siècle pour acter la naissance de ce mode narratif. C’est le Suisse Rodolphe Töpffer qu’il présente comme l’inventeur de la BD et avouons bien simplement qu’il n’est pas le seul. Töpffer a immédiatement compris que la bédé – et je cite Benoît Peeters – « loin d’être ne forme bâtarde associant tant bien que mal les images et le texte, était une synthèse efficace et cohérente, un langage neuf promis à un bel avenir » et c’est bien cet avenir que nous présente l’auteur de cette vulgarisation de très grande qualité !

Bien sûr, en quelques lignes et quelques minutes je ne peux pas passer en revue toutes les étapes franchies avec précision par Benoît Peeters, mais je suis heureux d’y avoir retrouvé ce qui m’avait marqué comme très jeune lecteur, Gustave Doré, Benjamin Rabier ou Christophe.

N’étant pas expert de la bande dessinée américaine, j’ai beaucoup plus découvert avec l’évocation de Richard Felton Outcault et George Herriman…Avec Alex Raymond et son fameux Flash Gordon, je suis revenu dans ma zone de confort et surtout dans ma mémoire… Je rassure certains immédiatement, on trouve aussi les super héros !

Alors, bien sûr, les ouvrages franco-belges sont bien présents mais ce qui fait la force de l’ouvrage c’est de trouver cette période riche de la bédé à travers non seulement les auteurs (Jacobs, Franquin, Peyo, Van Hamme…) mais aussi en parlant des revues (on pense en tout premier lieu au Journal de Spirou et au Journal de Tintin). Car finalement, c’est bien à travers ces magazines pour la jeunesse que l’on a découvert, pour beaucoup de lecteurs de ma génération, la bande dessinée…

Mais la bande dessinée ne s’est pas contenté d’amuser les enfants. Très rapidement, elle a su toucher avec force et détermination, efficacité et esprit corrosif, les adolescents, les jeunes et les adultes. Les pages consacrées à Pilote, Fluide glacial, Pif, Métal hurlant et A suivre illustrent parfaitement cette évolution de la bande dessinée !

Je ne m’appesantirai pas sur la bande dessinée asiatique qui pourtant aujourd’hui fait vivre de très nombreux libraires, mais je prendrai le temps d’un petit focus sur ces ouvrages un peu particuliers que certains nomment romans graphiques mais qui sont bien de la bande dessinée. Comment passer à côté de Maus d’Art Spiegelman, Persepolis de Marjane Satrapi, Fun home d’Alison Bechdel, Blankets de Craig Thompson… Il a gardé dans son ouvrages ces magnifiques ouvrages qui ont été pour moi des coups de cœur, des révélations, des émotions fortes de lecteurs… livres que je relis d’ailleurs souvent avec plaisir !

Alors, comme la bande dessinée n’a pas terminé son histoire, comme depuis Chris Ware, Zep, Ferrandez, Bastien Vivès, Joann Sfar, Pénélope Bagieu, Riad Sattouf, Catherine Meurisse… ont écrit les nouvelles pages à lire de cet art, je ne peux terminer qu’en vous souhaitant de magnifiques lectures de bandes dessinées cet été, puisque l’été c’est fait pour lire !

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