Shelton
avatar 13/09/2021 @ 18:46:59
Mercredi 8 septembre

L’été c’est fait pour lire et aussi, surtout dans les dernières semaines de l’été, et aller visiter les salons du livre de la rentrée littéraire, Nancy et Besançon en tout premier lieu, bien sûr. Alors, me direz-vous, point la peine d’aller se perdre dans la foule des festivals et salons littéraires pour trouver de quoi lire et c’est vrai. Mais, car il y a bien un mais, c’est quand même une des meilleures occasions de découvrir de nouveaux livres, auteurs et éditeurs, de rencontrer des romanciers et d’échanger avec eux, d’entendre d’autres lecteurs nous donner leurs points de vue et écouter quelques journalistes et critiques développer leurs regards sur les romans les plus en vue du moment… Bref, ces lieux de foisonnements livresques ne sont pas seulement grands marchés du livre mais bien une aide au choix pour nos prochaines lectures…

Pendant de longs mois, on nous a privés de ces évènements sans aucune précaution. Pire, on est même allé jusqu’à fermer les librairies… Summum de l’absurde, on a déployé des rubans blancs et rouges pour nous interdire formellement d’accéder aux rayons livres de supermarchés… On avait le droit d’acheter de la malbouffe en quantité mais pas les livres si bons puissent-ils être ! Alors, maintenant que tout semble revenir à la normale, il était bien temps de se remettre à arpenter les allées des salons du livre en commençant par le « Livre sur la place de Nancy » que l’on présente comme le premier salon littéraire de la rentrée, comme l’un des plus grands évènements du livre de l’année, bref qui est le grand rendez-vous des lecteurs… et j’y vais depuis si longtemps que je peux presque m’y déplacer les yeux fermés, enfin cette année ce sera surtout masqué !

Le masque (et la plume, petite plaisanterie entre nous) a passablement perturbé les rencontres, reconnaissons-le. Car dans ces lieux dits du livre, les lecteurs connaissent les auteurs et ils se rencontrent d’année en année… Ce sont de véritables rendez-vous, rituels dirait Saint-Exupéry, qui façonnent une forme d’amitié particulière. Certains lecteurs suivent des auteurs depuis parfois plus de quinze ans, ils ont tout lu et attendent avec impatience la nouveauté de l’année… Mais là, avouons que la reconnaissance faciale a été défaillante et que parfois le début des discussions avait quelque chose de surréaliste… Et je vous le dédicace à quel nom ? Ah, c’est vous, je ne vous avais pas reconnu…

Enfin, dernier aspect de ce salon avant de parler livres, il semblerait que tous les lecteurs ne soient pas encore revenus au rendez-vous. Certes, il y eut du monde – surtout le samedi après-midi – à Nancy mais le filtrage « pass sanitaire » et la peur de croiser entre deux romanciers un virus abandonné ont certainement limité l’afflux populaire. On peut remarquer aussi que la presse quotidienne régionale n’a pas été entièrement à la hauteur, au moins si on regarde le nombre de pages consacrées à l’évènement et la nature même des articles… Moins sur les livres et les auteurs et plus sur le côté « célébrités »… En même temps, les journalistes sont de moins en moins nombreux dans ces journaux, lisent de moins en moins et il n’y a plus de critiques… Tout se perd ou presque !

Côté des auteurs, une véritable joie était palpable, le bonheur de se retrouver, de quitter sa solitude, de retrouver ses amis, ses copains, ses lecteurs… Pour beaucoup, il s’agissait bien du premier salon – certains avaient déjà participé à des séances de dédicaces – depuis février 2020 et ils étaient presque en état de manque !

Une fois de plus Nancy s’est illustrée par la présence des principaux romanciers et auteurs de la rentrée… Je ne peux pas tous les citer car c’est impossible ni prétendre les avoir tous lus, autre mission impossible ! Ce qui compte c’est d’en avoir lu quelques uns, d’avoir eu des coups de cœur et maintenant de prendre le temps de les partager avec vous pour vous donner envie de les lire…

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à toutes et à tous et à très vite pour quelques belles découvertes !

Shelton
avatar 15/09/2021 @ 09:12:46
Jeudi 9 septembre

L’été c’est fait pour lire et depuis quelques jours je vous parle du salon « Le livre sur la place » de Nancy, premier grand salon de la rentrée littéraire sans vous parler d’un seul de ces romans de la dite rentrée… Il va quand même être temps de remédier à cela !

Seulement, avant d’ouvrir ensemble un de ces romans, il faut quand même que je dise pourquoi je suis assez réticent vis-à-vis de cette avalanche de romans dans les librairies dans un laps de temps très court. En effet, il fut un temps où je dévorais dès la mi-juillet une pile de romans qui n’arrêtait pas d’augmenter au fil du temps alors que j’en lisais quasiment un par jour… Puis, lorsque les sélections des grands prix littéraires étaient publiées, j’étais content de constater que j’en avais lu plus de la moitié… Enfin, quand le Médicis, le Renaudot ou le Goncourt étaient attribués, j’étais heureux si je les avais lus, mieux si j’avais déjà interviewé les lauréats…

Seulement, quelques années plus tard, je constate que ces romans n’ont pas laissé beaucoup de traces dans ma mémoire. Certains des romanciers en question m’ont marqué lors de nos rencontres mais ils ne sont pas si nombreux que cela… Enfin, les romans qui m’ont le plus plu, dont je me souviens le plus, voire que j’ai relus – et il y en a encore moins – n’ont jamais été distingués par des prix… et, pourtant, ils sont encore là, y compris dans ma bibliothèque ! Donc, je me méfie beaucoup de cet emballement médiatique autour des parutions de la rentrée…

Néanmoins, cette année, je voulais signaler un roman que j’ai aimé, « Là où la caravane passe » de Céline Laurens. Très difficile de vous en parler rapidement sans tomber dans des clichés qui ne vous aideraient pas à comprendre de quoi il s’agit… On pourrait dire – en tous cas c’est un peu comme cela que je perçois ce roman – qu’il s’agit d’une galerie de portraits, d’un ensemble d’anecdotes, qu’une personne nous livre lors d’un pèlerinage à Lourdes…

Mais, cette personne appartient aux groupes des Gitans, le pèlerinage est celui que les Gitans font chaque année au 15 août, les histoires ne sont pas nécessairement celles du pèlerinage en cours mais parfois datent de quelques années, enfin, cette année là, un personnage est venu bouleverser l’équilibre du clan, l’Etranger.

Si vous cherchez un documentaire sur Lourdes, Marie, les Gitans ou quelque autre sujet, passez votre chemin car il ne s’agit pas de cela ici. Il faut ouvrir ce texte comme quand on prend un roman pour se laisser dépayser, embarquer, fasciner… C’est le texte de l’oralité, on est dans le cercle des caravanes et quelqu’un nous raconte… Il était une fois…

J’ai beaucoup aimé me laisser prendre par ces personnages, sans me poser de questions, sans chercher à savoir plus que ce qu’il m’était donné d’entendre et ce voyage fut très agréable, tout simplement…

Le roman restera-t-il dans les mémoires, appartiendra-t-il à la grande histoire de la littérature ? Je ne sais pas et, en fait, cela n’a aucune espèce d’importance, car j’ai aimé le lire et je suis certain que j’y reviendrai car je n’ai pas envie, pour le moment, d’oublier Amos, Dora, Theresa et les autres… Ni l’Etranger, bien sûr !

J’ai rencontré la romancière, Céline Laurens, et j’aurai le plaisir de vous la faire entendre dans les rendez-vous littéraires de RCF en Bourgogne dans les prochaines semaines… Alors, puisque nous sommes encore en été, puisque l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous et à très vite !

Shelton
avatar 16/09/2021 @ 08:04:12
Vendredi 10 septembre

L’été c’est fait pour lire et comme je le dis souvent, il en faut pour tous les goûts ! Quand j’étais beaucoup plus jeune, du genre lorsque j’étais adolescent, j’ai lu énormément le magazine Pilote et donc un certain nombre de séries BD m’ont accompagné comme « Blueberry », « Tanguy et Laverdure », « Barbe-Rouge »… Vous pourriez me dire qu’un soldat alcoolique et joueur (tricheur de surcroît), un pilote de l’Armée de l’air déjanté (Ernest Laverdure) et un pirate donnent une image assez négative et rebelle de la société ! Et c’est probablement pour cela que la revue Pilote fonctionnait bien (et je ne parle pas des histoires racontées par Gotlib, Reiser et Cabu).

Bref, c’est ainsi que je me suis pris d’une affection particulière pour les pilotes Tanguy et Laverdure, une passion aussi pour les bandes dessinées aéronautiques comme Buck Danny, Dan Cooper, Adler et, aujourd’hui, Team Rafale. Je reconnais que ces histoires sont souvent liées à la guerre, à la chose militaire, à la géostratégie… et que cela peut écarter certains publics. Soit ! Mais d’une façon générale, ce sont des séries avec deux spécificités, la troisième dimension et l’amitié dans l’aventure. On aime ou on n’aime pas, mais moi j’apprécie beaucoup…

Alors, bien sûr, ces séries sont marquées par leur époque et quand « Team Rafale » arrive on voit des femmes pilotes, les héroïnes partagent le devant de la scène avec les héros et c’est très bien ainsi. Tanguy, Laverdure, Danny étaient des célibataires, Tom Nolane, lui est divorcé et père d’une petite fille (qui grandit d’album en album). Il n’en demeure pas moins que les fondamentaux demeurent pour le plus grand plaisir des lecteurs des séries de ce genre.

Je parlais de cette grande amitié qui prend naissance dans la grande aventure (oui tout est grand dans ces séries) et le dernier album de la série Rafale, « Rafale contre Rafale », illustre parfaitement le sujet et vient clore un cycle, une histoire… On est face au porte-avions Charles de Gaulle qui est immobilisé suite à une première attaque terroriste et on sait qu’une deuxième partie du plan diabolique a pour objet de le détruire complètement. Pendant ce temps-là, un pilote de rafale a été capturé… Tom et ses amis ont donc une double mission, récupérer leur camarade pilote et sauver le porte-avions… Je sais cela fait beaucoup mais, rassurez-vous, ils sont quand même très forts !!! Frédéric Zumbiehl, le scénariste semble toujours pousser ses héros loin mais comme il est très bien informé sur ce milieu, on peut considérer que tout cela est assez crédible…

Dans cette série créée au dessin par Eric Loutte, reprise par Olivier Jolivet depuis quelques années, le dessin est à la fois précis, juste et conforme à la réalité sans pour autant faire oublier qu’il s’agit bien d’une bande dessinée, d’aventure et de fiction. Le lecteur navigue donc entre deux sentiments, un petit frisson en se disant que cela pourrait arriver et dépaysement total dans un univers qu’il ne connaitra jamais… Enfin, sauf si le jeune lecteur voulait devenir pilote de chasse !

Chaque album est complété par un dossier texte et photos sur les avions, les unités, le porte-avions… ce qui permet au lecteur néophyte de découvrir ce milieu et d’apprendre beaucoup sur cette aéronautique militaire que l’on voit de temps en temps à travers les informations mais sans jamais avoir tous les détails…

Treize volumes sont déjà sortis dans cette série qui est certainement une des meilleures du genre actuellement ! Certes, j’entends bien que c’est pour un lectorat spécifique mais comme il en faut pour tous les goûts et toutes les passions…

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous et à très bientôt !

Shelton
avatar 16/09/2021 @ 08:04:43
Samedi 11 septembre

L’été c’est fait pour lire et même si on arrive au bout de l’été, et donc de cette chronique radio et Internet estivale, je vous rassure, nous n’arrêterons pas de lire, je n’arrêterai pas de lire ni de vous proposer quelques idées de lecture… On a même le droit de commencer un livre en été et de le finir en automne… C’est ainsi, presque tout est permis quand il s’agit de lecture ! Nous allons donc aujourd’hui ouvrir le dossier Franck Thilliez, un auteur qui je l’avoue, ne fait pas partie de mes plus tendres amis mais comme il a inspiré des auteurs bédé, allons dans son univers…

Franck Thilliez est un écrivain de romans policiers et thrillers, scientifique de formation, qui a rencontré le succès auprès des lecteurs ce qui lui a permis de vivre entièrement de sa plume. Il a une écriture vive, dynamique, et ses romans comportent une certaine dose de violence y compris vis-à-vis de ses héros qu’il maltraite de façon récurrente… On n’est pas chez les Bisounours, on est chez Thilliez !

L’éditeur Steinkis, avec son label Philéas, propose des adaptations de romans en bédés et c’est donc tout naturellement qu’une place a été ouverte aux romans de Franck Thilliez avec un triptyque dont les deux premiers tomes sont sortis. Dans cet ensemble de trois récits, on trouve deux policiers atypiques, deux personnages hauts en couleurs, Franck Sharko et Lucie Henebelle…

Dans le premier volume, « Le syndrome [E] », tout commence avec un amateur de cinéma gore qui visionne une bobine… Mais, il se retrouve aveugle sans que l’on comprenne ce qui lui est réellement arrivé… probablement un film maudit… Ludo, l’homme victime de ce film, téléphone à Lucie pour lui demander de l’aide…

Pendant ce temps-là ou presque, c’est dans la région du Havre, à Notre-Dame-de-Gravenchon, que l’on trouve cinq corps, crânes sciés, énucléés… Mystère et horreur ! Mais, ce charnier permet de découvrir à l’œuvre le fameux Sharko… Visiblement l’homme est hanté par un accident familial qui a causé la mort de sa femme et de sa fille… Depuis, cette dernière l’accompagne souvent… Oui, Sharko est un policier schizophrène mais qui se soigne !

Les deux, Lucie Henebelle et Franck Sharko se retrouvent ensemble sur cette affaire délicate et c’est leur première collaboration… Mais dans un thriller, encore plus que pour tout autre récit, je dois me limiter pour ne pas détruire votre plaisir de lecteur… Soyons donc sobre !

Pour adapter ce roman en bédé, c’est le scénariste réputé Sylvain Runberg qui s’y est collé et ce n’est pas une mince affaire. En effet, dans un album on ne peut pas tout mettre, tout raconter avec tous les détails et il a fallu qu’il réussisse pour autant à garder sa cohérence au récit… Heureusement, il y avait là un talent et de l’expérience (rappelons, entre autres, que c’est Runberg qui a adapté Millénium en BD).

Quant à Luc Brahy, le dessinateur, il a une expérience dans le polar en BD et cela ne lui faisait probablement pas trop peur de s’attaquer à un auteur populaire de thrillers… Sa narration graphique s’est parfaitement adaptée à l’histoire et au style de Runberg pour finalement proposer au lecteur une excellente bande dessinée très agréable à lire !

De plus, avouons-le, cette histoire est très intelligente avec des implications historiques, archéologiques, biologiques… Plutôt très bien fait !

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, pourquoi ne pas se laisser tenter par ce « Syndrome [E] », en BD ou roman… D’ailleurs, qu’importe pourvu que l’on ait l’ivresse du lecteur !

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