Le hussard de Arturo Pérez-Reverte

Le hussard de Arturo Pérez-Reverte
( El húsar)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone , Littérature => Romans historiques

Critiqué par Aaro-Benjamin G., le 24 septembre 2005 (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 53 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (23 014ème position).
Visites : 4 674  (depuis Novembre 2007)

Au cœur de la bataille

« Le Hussard » est le premier roman de cet écrivain populaire espagnol, originalement publié en 1983, mais corrigé dans cette nouvelle édition.

Frédéric Glüntz à dix-neuf ans est un hussard – un cavalier de l’armée napoléonienne. Au fil des chapitres, séparés selon l’avant – le pendant – et l’après de la bataille, nous suivons sa première incursion sur le terrain de la Guerre de la péninsule, dont le but était de faire régner Joseph Bonaparte sur l’Espagne. Fébrile recrue, motivée par la fierté de combattre pour la France, le jeune hussard confiant et conditionné par ses compères qui l’ont convaincu de leur suprématie, sera rapidement désillusionné devant la résistance d’un peuple prêt à se défendre bec et ongle.

Au début, il est déstabilisant de lire Pérez-Reverte adopter le côté de l’ennemi pour raconter un morceau de l’Histoire de son pays. De même, le prestige entourant ce régiment est abordé avec beaucoup de révérence. Puis on entreprend une descente nous menant directement dans l’horreur du conflit armé avec ses scènes de violence explicite et sa barbarie immonde.

Je ne suis pas bon public pour ce genre de roman historique. Toutefois, le propos ici est fort nuancé et ne se vautre pas dans le patriotisme ou l’apologie. L’écriture est soignée, bien menée pour ce récit fort habile qui se concentre sur l’homme et non les stratégies guerrières. Très agréable finalement comme bouquin.

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Charge

10 étoiles

Critique de Patman (Paris, Inscrit le 5 septembre 2001, 59 ans) - 3 octobre 2011

Performance que ce livre ! Et non des moindres... En effet nous avons affaire ici à rien moins qu'une charge de cavalerie du plus bel effet. Au début, ça stagne, ça piaffe, ça tourne en rond; mais petit à petit le rythme s'élève, la tension monte d'un cran, on sent qu'il va se passer quelque chose et soudain tout s’accélère, la poussière nous aveugle, le galop des chevaux et la pétarade nous assourdissent, du sang, des cris, et la mort au bout...
Epoustouflant ce Perez-Reverte, un des meilleurs que j'ai lu de lui.

1er roman à retardement

7 étoiles

Critique de Echemane (Marseille, Inscrit le 12 juillet 2002, 43 ans) - 17 août 2007

Voici un drôle de petit roman dichotomique! Le début laborieux (Arturo Perez-Reverte n'atteint pas encore dans ce livre la perfection formelle de ses écrits les plus récents) décrit simplement la préparation au combat d'un jeune hussard inexpérimenté, naïf et idéaliste. Le théâtre des opérations: l'Espagne. A l'exception d'une parenthèse enchantée, le dialogue avec le vieux noble francophile, il est difficile de se laisser attendrir par les emportements de jouvenceau de Frédéric. Sa foi semble immuable dans les idées des lumières, dans la supériorité de l'esprit français, la supériorité de l'armée française, en face d'une bande d'espagnols petits, sales, noirs, incultes, se confondant avec leur terre.
Le retournement final, bien qu'annoncé, est d'autant plus tranchant. Les dernières pages du livre, après une bataille complètement folle, sont belles mais dures et cruelles. Inutile d'en dire plus aux futurs lecteurs. Au final, il ressort une impression de déjà-vu, qui rappelle curieusement l'aventure américaine en Irak, entre autres! La certitude du côté de l'envahisseur de sa propre supériorité morale tend à sous-estimer la fierté d'un peuple et justifie tous les crimes pour l'asservir. Puisqu'une cause est juste alors tout est permis. C'est du moins ce qui est valable pour les soldats. Car être jeune, et se battre pour la gloire et le triomphe de ses idées, et finalement, donner sa vie pour quelques dirigeants inconscients et sots est bel et bien le comble de l'absurde.
Et surtout aucun idéal n'immunise contre l'horreur de la réalité car tout homme est pire qu'une bête sauvage quand il lutte pour survivre.

Grandeurs et horreurs de la guerre

7 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 77 ans) - 26 avril 2007

Après le "Maitre des batailles" je me suis mis à ce livre. Très souvent lent, il s'accélère soudain et nous emporte alors dans un horrible tourbillon. L'auteur nous décrit une bataille avec un terrible réalisme et, comme son héros, nous aimerions bien être à des kilomètres de là.

La haine entre les ennemis est sans pitié ! La Croix Rouge n'existe pas encore et encore moins les conventions de Genève !...

En outre, Perez-Reverte est Espagnol et Goya nous a bien montré à quel point cette guerre a été horrible. Napoléon y a perdu beaucoup de ses meilleurs soldats et pour n'aboutir à rien contre ce peuple fier et plus que vaillant.

J'ai adoré le dialogue entre le vieux noble espagnol et les deux jeunes officiers français.

Un bon livre ! Mais "Le maître des batailles" lui est supérieur.

Intéressant uniquement pour les férus de batailles

5 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 55 ans) - 6 octobre 2006

Il faut être un inconditionnel des batailles militaires pour apprécier ce livre. C'est l'histoire d'une bataille, ni plus ni moins. Rien de passionnant donc. D'ailleurs, on dirait bien que ce soit le but de l'auteur : nous dégoûter de la guerre. C'est un peu simpliste comme récit : un jeune plein de fougue, qui place l'honneur avant toute autre chose (c'était peut-être de son temps, mais plus du nôtre) et qui inévitablement retombe de haut devant l'horreur de la réalité.

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