Je suis né du Diable de Jean-Christophe Grangé

Je suis né du Diable de Jean-Christophe Grangé

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Bookivore, le 22 octobre 2025 (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 43 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 595ème position).
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Avec un père comme ça...

Jean-Christophe Grangé ne sort pas un roman tous les ans ; il n'a pas de calendrier fixe, mais selon l'épaisseur de ses romans, c'est en gros, tous les deux ans. Son précédent roman, "Sans Soleil", scindé en deux tomes parus simultanément, datant de janvier dernier (de cette année, donc), on n'attendait pas de nouvelle livraison avant, disons, fin 2026 ou début 2027.
Et v'là-t-y pas que le père Grangé nous offre, en ce mois d'octobre, un nouveau livre : "Je suis né du Diable". J'avoue, j'ai été surpris. En bien, mais surpris.

Après, autant le dire, ce livre est court (330 pages) et il ne s'agit pas d'un roman. C'est une oeuvre autobiographique, chose unique pour l'auteur des "Rivières Pourpres", qui nous offre ici un récit sur son enfance et surtout sur un dossier violent, lourd, tournant autour d'une personne qu'il n'a que très peu connu, dont il n'a quasiment aucun souvenir, et qui ne compte absolument pas pour lui : son paternel.
Ce secret familial, Grangé (né en 1961) l'a découvert au milieu des années 2000. Je ne vais pas entrer dans les détails (lisez ce livre !), mais sachez que le père de Grangé, Jean-Claude, était un être fondamentalement mauvais : alcoolo (drogué, aussi), au tempérament extrêmement malsain et menaçant, il a fait vivre un véritable enfer (et vous n'avez pas idée jusqu'à quel point) à la mère de l'auteur et à sa famille, avant qu'une injonction d'éloignement ne soit décidée.
Quand Grangé a découvert ce dossier, il s'est rendu compte que pas mal de ses romans tournaient autour, parfois de loin, parfois de très près, avec la figure paternelle associée au Mal. "Le Vol des Cigognes", "Le Concile de Pierre", "Le Serment des Limbes", et par la suite (je parle ici des romans écrits après qu'il ait découvert ce secret familial) "Rouge Karma", "La Terre des Morts". Comme s'il savait, inconsciemment, qu'il avait, de son côté, vécu une histoire similaire avec un père maléfique.
Ce récit, raconté à plusieurs voix (la sienne, celle de sa mère, celle de sa grand-mère maternelle), ce qui le rend au début un petit peu confus avant qu'on ne s'y habitue, est excellent. C'est prenant, angoissant comme un thriller, sauf que c'est, pour une fois, la réalité. On se rend ainsi compte que parfois, la réalité est plus dure que la fiction...
Pour fans de l'auteur (mais pas que) qui se raconte rarement, ce récit est hautement conseillé.

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Les origines du mal

10 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 58 ans) - 9 janvier 2026

L’auteur nous ouvre les pages de sa vie. Après avoir tu l’origine de la violence présente dans ses livres, il lève plus qu’un coin du voile : il révèle le caractère maléfique de son père Jean-Claude et les conséquences sur sa vie.
Bien qu’il ne l’ait connu que pendant deux ans, ce dernier a marqué au fer rouge sa mère Michèle et lui-même. Jean-Claude était alcoolique et violent envers sa femme, Michèle. Pervers, infidèle, charismatique, manipulateur sont autant de termes que Jean-Christophe utilise pour le décrire. Sa famille a vécu dans la terreur pendant longtemps.
Pas étonnant dès lors que Jean-Christophe Grangé soit hanté par des thèmes imprégnés de violence et qu’il soit lui-même rongé par de multiples peurs et phobies irraisonnées.
Ses bouées de sauvetage sont sa mère et sa grand-mère maternelles, à qui il rend un vibrant hommage. Côté masculin, hélas, les figures ne sont pas très reluisantes.
L’auteur se livre sans trop de fard et laisse tomber le masque. Il ne cache pas ses mal-êtres ni les chemins compliqués de sa vie. Cela nous le rend d’autant plus humain. Il reste foncièrement allergique à la violence, mais ne peut s’empêcher de l’exorciser dans ses livres. Il s’attache à comprendre les mécanismes qui mènent un homme à agir de manière machiavélique.
J’ai trouvé ce livre très intéressant et il m'a touchée personnellement.
Le style de Grangé est enlevé, nerveux et certains passages, surtout au début, relèvent presque du thriller.

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