Sur la dalle de Fred Vargas

Sur la dalle de Fred Vargas

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Bookivore, le 29 mai 2023 (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 41 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (42 506ème position).
Visites : 2 502 

Le Génie du Policiérisme

Pourquoi ce titre de critique un peu curieux et comportant un mot tout sauf français ? Le fait que ce roman, ce nouveau cru de Fred Vargas, se passe dans les environs de Combourg (Ille-et-Vilaine), patrie de Chateaubriand, et qu'un de ses personnages n'est autre qu'un sosie exact du fameux écrivain romantique. On trouve l'accroche qu'on peut.
"Sur La Dalle" est le dernier roman de la peu prolifique (dernier roman en 2017, je crois) Fred Vargas, et la nouvelle aventure du commissaire Adamsberg et de ses équipiers Danglard, Veyrenc, Retancourt, Noël, Mercadet, Froissy et Estalère. Notons cependant que Froissy, Estalère et Danglard n'interviennent qu'au début du roman, et brillent par leur absence pour le reste, l'équipe étant en partie délocalisée pour en venir en aide à un commissaire breton, Matthieu, aux prises avec un meurtre sordide dans un petit village breton, Louviec (ne cherchez pas, c'est un village fictif), dans la périphérie de Combourg. Un garde-chasse retrouvé assassiné. On pense connaître le coupable : Josselin de Chateaubriand, lointain et vague descendant mais surtout sosie parfait et actuel du fameux écrivain dont Adamsberg, fidèle à son manque de culture revendiqué, ignorait à peu près tout avant que Matthieu ne lui dise de qui Josselin est le sosie.
Adamsberg pense rapidement que Josselin n'y est pour rien, un second meurtre va encore une fois faire pencher, dans un premier temps, les soupçons sur le sosie, qui est cependant rapidement innocenté. Adamsberg reprend les rênes de l'enquête, avec Matthieu, et fait venir une partie de sa troupe en renforts. Entre deux repas pantagruéliques dans l'auberge locale tenue par un cuistot amateur de chants baroques (au grand plaisir de Veyrenc), l'enquête se poursuit, difficilement, mais Adamsberg voir se profiler le bout du tunnel. Le fait de s'allonger sur la dalle d'un dolmen local semblant d'ailleurs l'aider à se concentrer pour démêler une affaire tortueuse comme seule Vargas a l'habitude de nous en offrir.

Un cru remarquable, généreux, passionnant, souvent drôle (dialogues, personnages, situations) doté d'une intrigue vraiment tarabiscotée où chaque détail, même le plus infime, semble avoir son importance à un moment ou à un autre (ou pas). On ne lit pas ce roman, on le bouffe, on le dévore. A chaque nouvelle livraison, Vargas réussit le pari de faire sinon mieux, du moins aussi bien que le précédent roman. Un vrai régal qui sent bon le chouchen. Je ne donne pas la note maximale car, malgré tout, l'absence de Danglard est dommageable, un petit peu, tant ce personnage est réussi. Mais bon, Fred Vargas n'avait peut-être pas envie de l'utiliser ici, et puis, en l'absence d'Adamsberg à Paris, il faut bien quelqu'un pour tenir la brigade, non ?

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Une puce de trop

7 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 65 ans) - 7 mars 2024

Quel plaisir de retrouver le commissaire Adamsberg et son équipe. Qui plus est à Combourg, ville célèbre pour son château où le célèbre poète René de Chateaubriand a vécu une enfance difficile.

Le sosie du poète, Josselin, ainsi que l’aubergiste Johan, qui fera le bonheur de tous, compléteront l’équipe où manquent les commandants Danglard et Mordent.
Adamsberg est venu enquêter avec son collègue breton, le commissaire Matthieu, très surpris, même s’il le connaissait déjà, des méthodes de travail de celui-ci.
Si des indices évidents permettent de relier les différents meurtres à un même assassin, seul Adamsberg remarque et suit la trace des piqûres de puces des victimes.
Ce calme village va se révéler bien moins tranquille qu’il n’y paraît ; entre les coutumes et peurs ancestrales, divisant les habitants entre ombreux (ceux qui ont peur qu’on marche sur leur ombre) et les ombristes (les piétineurs d’ombres), il y a déjà des clans qui s’affrontent.
Le commissaire a besoin "d’extravaguer" pour que les bulles remontent, allongé sur "son" dolmen et lui permettent de s’orienter vers l’insoupçonnable.
Si on peut regretter effectivement l’absence de Danglard, cette fois ce sont les incroyables performances de Retancourt qui épateront toutes les brigades, et même l’aubergiste.

Moins sévère que Radetsky.. j’avoue que l’intrigue m’ a parue beaucoup plus "légère" que pour les romans précédents ; il n’en reste pas moins le plaisir de retrouver des personnages atypiques et d’espérer qu’il ne faille pas encore attendre 6 ans avant de découvrir le prochain roman de Fred Vargas.

Vargas, hélas !

4 étoiles

Critique de Radetsky (, Inscrit le 13 août 2009, 81 ans) - 6 juillet 2023

J'ai lu tout Vargas, avec un plaisir sans mélange. Après un si long silence je m'attendais à un chef-d'oeuvre, à une subtilité accrue, à un "clan" Adamsberg au plus haut de ses capacités, à des bijoux de subtilité et d'intuition et à une poésie et une délicatesse jamais absentes... Enfin, elle a du métier, elle connaît son public, non ?

Que nenni.

Il y a bien un fil conducteur, le bien connu Vicomte François-René de Chateaubriand, dont une sorte de clone (clown ?) contemporain sert de marque-mémoire. Mais ceci n'est qu'un procédé facile et futile. On veut montrer qu'il y a du sérieux, de la substance, de l'historique, du "son-et-lumière" en diable : ça attire et retient les foules sur 500 pages.

Mme Vargas a voulu trop en faire, elle a pris les attentes de ses lecteurs comme nihil obstat et vas-y pour le tirage. Il ne s'agit plus d'un travail d'orfèvre, mais d'un "produit" comme il s'en imprime des tomes et des tonnes : pourvu que ça fasse masse, béton, avec de temps à autre une digression culinaire. Le foisonnement, le remplissage tiennent lieu de talent.
Mme Vargas nous sert une sorte de script hollywoodien pour film d'action avec hélicos, gendarmes, équipes de type BRI et autres BAC. le scenario est aberrant.
On admet l'imagination, mais l'absurdité non : quel est le ministre assez c.. pour avoir laissé filer ces procédures et procédés invraisemblables...?

Bref, c'est chiant et décevant.
Deux étoiles, c'est cadeau.

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