Différents: Le genre vu par un primatologue de Frans de Waal

Différents: Le genre vu par un primatologue de Frans de Waal

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Sciences humaines et exactes => Scientifiques , Sciences humaines et exactes => Essais

Critiqué par Blue Cat, le 14 avril 2023 (Inscrite le 4 septembre 2018, 60 ans)
La note : 10 étoiles
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Différents et égaux - Etude sur le genre

Voilà un livre passionnant qui remet les pendules - du genre - à l'heure exacte. Lecture salutaire en ces temps où le wokisme nie l'influence de la nature, contre toute évidence scientifique.

Le primatologue et biologiste Frans De Waal se base sur ses décennies d'étude des singes, et particulièrement de nos plus proches cousins - les chimpanzés et le bonobos - pour établir un comparatif fort éclairant avec nos comportements humains.

Car oui, comme chez nos cousins hominidés, il y a bien à la base de nos comportements humains de la biologie et des millions d'années d'évolution. Et, et non pas mais, il y a aussi une influence indiscutable de la culture, plus marquée chez l'humain que chez le grand singe.

Des différences innées sont détectables entre les mâles et les femelles, indépendamment des organes reproductifs et des hormones. Le cerveau mâle et le cerveau femelle sont configurés différemment. Et c'est bien la configuration du cerveau qui l'emporte. Le cas des trans chez l'humain est parlant : malgré toutes les tentatives pour leur faire accepter leur sexe biologique, leur cerveau s'y refuse et ils n'y sont strictement pour rien. Pas de mauvaise volonté dans cette histoire, ni d'effet de mode. C'est le cerveau qui tranche sur le genre, non les organes sexuels, et ce très tôt dans l'enfance.
Il y a bien le sexe génétique et le genre social. Les deux mon général, tant chez l'humain que chez le grand singe.

On trouve chez les chimpanzés et bonobos des femelles (certes minoritaires) au physique plutôt masculin, qui ne sont pas saillies par les mâles, ne se reproduisent donc pas, ne recherchent pas de contact sexuel avec les femelles, se mêlent volontiers aux jeux brutaux des mâles et sont, généralement, fort bien intégrées dans le groupe avec copains et copines. On pourrait parler davantage de femelles asexuées que de trans. L'exemple vaut également pour certains mâles non compétiteurs, amicaux avec tout le monde, qui se passent de se reproduire puisque cela implique une rivalité entre mâles qu'ils refusent. Là encore, ces individus sont bien intégrés et appréciés des femelles comme des mâles.

L'auteur commente également de nombreuses études faites sur l'humain qui concluent toutes à des différences innées entre filles et garçons. Les petites filles, dans toutes les cultures (et chez nos proches cousins), aiment les poupées ainsi que se regrouper entre elles. Les petits garçons sont plus turbulents, plus brutaux, et préfèrent les jouets qui bougent (camions, trains, ballons etc). L'empathie est universellement plus marquée chez les filles que chez les garçons. Le goût de la dominance sociale plus marqué chez les garçons que chez les filles.

Bien entendu, le spectre est large et une minorité d'individus se retrouvent davantage dans les caractéristiques du sexe opposé, sans d'ailleurs être pour autant homosexuels ou trans. L'empathie existe chez les mâles mais se manifeste différemment, moins d'émotion partagée mais plus de recherche de la solution au problème. Le goût du pouvoir existe clairement chez les femelles, mais se manifeste autrement que par la brutalité physique.

Dans les deux sexes, une hiérarchie se dessine tout naturellement rapidement. Un dominant chez les mâles, une dominante chez les femelles. Les deux individus alpha se respectent. Il s'agit souvent du mâle le plus fort et équilibré, et de la femelle la plus âgée et rassembleuse. Pas de 'pouvoir horizontal' chez les hominidés, la hiérarchie est gage de cohésion et de protection du groupe.

Les études sur les capacités cognitives n'ont jamais démontré une différence entre les sexes, mais bel et bien une différence entre individus. La force physique, elle, est incontestablement plus importante chez les mâles. Une femelle seule ne s'attaquera jamais à un mâle adulte. En revanche, un groupe de femelles très fâchées peut sans problème faire fuir un gros mâle lourdingue.

Ce livre touffu est trop riche pour être résumé. Je ne peux que conseiller sa lecture à toute personne prête à admettre qu'elle est bien un animal, fait de biologie et de culture.

Laissons le mot de la fin à Frans De Waal :
'Aucun des deux sexes ne peut gagner la course de l'évolution sans l'autre, il y a toujours un moment ou leurs feuilles de route se croisent'.

Et c'est tant mieux.

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