Les Disparus de la Purple Line de Deepa Anappara

Les Disparus de la Purple Line de Deepa Anappara
(Djinn patrol on the Purple line)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone , Littérature => Asiatique

Critiqué par Tistou, le 31 décembre 2022 (Inscrit le 10 mai 2004, 66 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 232 

Au cœur du Bhoot Bazar …

Deepa Anappara, journaliste indienne originaire du Kerala (sud de l’Inde) a travaillé onze ans durant à Dehli ou Mumbai (ex – Bombay), deux des plus grandes mégalopoles indiennes. Ses reportages portaient sur l’impact de la pauvreté et des violences religieuses sur les enfants (et Dieu sait qu’il y a de quoi faire !). Il n’est donc pas étonnant que son premier (et réussi) roman, Les disparus de la Purple Line raconte de l’intérieur le drame des disparitions d’enfants (il y en aurait en moyenne 180 par jour en Inde !), notamment dans les « Bastis » (comprendre ; bidonvilles).
De l’intérieur puisqu’elle fait raconter toute l’affaire (les affaires plutôt) par le biais de Jai, petit garçon de 9 ans, vivant avec père, mère et grande sœur (Runu-Didi) au bord du Bhoot Bazar, dans un Basti d’une grande métropole indienne (qui ressemble furieusement à Dehli vu le smog qui y règne en maître).
Et dans ce Bhoot Bazar, les disparitions de jeunes à très jeunes enfants vont s’enchainer, des enfants notamment qui font partie de l’entourage proche de Jai, Pari et Faiz, les deux apprentis détectives qui « jouent » à enquêter avec Jai, à partir des « connaissances » acquises à la vision télévisuelle de « Police Patrol », une émission de téléréalité policière comme il en sévit des dizaines sur les chaînes TV.
On vit donc au quotidien dans le Basti et on peut constater le mépris et l’indifférence dans lesquels ces Bastis sont considérés par les autorités, aussi bien administratives que policières. Les affrontements inter-religieux sont aussi abordés via l’hostilité marquée des hindous et partis hindouistes vis-à-vis de autres religions, et notamment des musulmans, conduisant parfois à des massacres ou des lynchages.
La lecture de ce roman est assez étonnante dans la mesure où l’on pourrait se dire par moments qu’on est dans de la littérature jeunesse – vu que tout est perçu et analysé à hauteur d’enfant de neuf ans – sauf que … Sauf que Deepa Anappara va au bout de sa démarche et ne va pas gratifier ses lecteurs d’une happy end aussi improbable qu’incongrue. Pas une lecture à réserver aux enfants donc.
C’est poignant, mais in fine la vie va continuer. Mais quelle vie ?

»C’est notre dernière nuit dans le basti, dit Ma. A quoi bon tout ce dramabaazi, dit Papa. Et si on perd tout ? dit Runu-Didi.
Je m’assois en tailleur sur le lit et regarde Ma faire de la place par terre. Contre le mur, elle empile nos livres, des tabourets en plastique et les jarres dont elle et Didi se servent pour rapporter l’eau de la pompe. Dans cet espace nouvellement vide, elle étale un drap rose à fleurs noires dont les couleurs sont passées tant il a été lavé. Puis elle y dépose tout ce qui nous est indispensable : nos plus beaux vêtements, y compris mon uniforme neuf dans son emballage en plastique, son rouleau et sa planche à rotis, et une statuette du dieu Ganesh que grand-père Dada a donnée à Papa il y a des années. La télé reste sur l’étagère. Elle est trop lourde à transporter. »

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