Maison rouge de Catherine Baptiste, Manou Joubert (Dessin)

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Débézed, le 15 décembre 2022 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 75 ans)
La note : 8 étoiles
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C'est une maison rouge ...

La revue A l’Index publie dans un numéro hors-série un recueil de poésie de Catherine Baptiste illustré de collages de Manou Joubert. Dans un avant-propos, Catherine raconte comment, alors qu’elle était encore très jeune, il lui a été donné de « contempler longuement, patiemment » une reproduction d’une peinture de Kasimir Malevitch (Ukrainien né à Kiev) dénommée « Maison rouge ». Les impressions qu’elle avait ressentie lors de cette découverte ne se sont jamais effacées, elles sont ressorties plus fortement au moment du confinement, elle en a alors tiré ce recueil de poésie qu’elle a voulu rehausser des collages de Manon Joubert pour que le lecteur s’imprègne bien de cette toile et des impressions qu’elle dégage.

Les événements se déroulant actuellement sur le sol ukrainien confèrent, pour Catherine, à cette toile «une vibrante actualité ». Elle ne peut oublier les sensations qu’elle a éprouvées la première fois qu’elle l’a vue et pour s’en libérer elle a voulu écrire en s’appuyant sur deux poétesses qui ont, elles aussi, écrit sur ce tableau, Lavinia Greenlaw et Anna Akhmatova dont elle reproduit les poèmes. « L’une la sait prison, … L’autre la souhaite refuge, … / Comme moi ».

Cette toile représente une maison rouge, comme une tache rouge au centre du tableau, ancrée dans un sol jaune comme un champ de blé ukrainien sous un ciel bleu orageux. Et Catherine écrit : « Face à cette tache rouge / l’idée de beauté pourtant / l’idée de beauté surtout // impeccablement / obstinément // comme du beau linge / plié, repassé // Du linge frais / et ses gestes / ancestraux ». Cette impression de beauté, elle l’évoque tout au long de ce recueil comme le « rouge » récurent, rémanent tout au long de ses vers. Comme une obsession de rouge. « La maison rouge du poème est la tanière / des femmes sauvages / assagies par la beauté // … ».

Catherine ne s’arrête pas à la description de la toile qui l’obsède dont les impressions la débordent, la subjuguent, elle fouille au creux des poèmes de Greenlaw et d’Akhmatova pour en en extraire ce qu’elles y avaient chacune déposé. « Anna crie ses entrailles / donne un non-sens à la folie », « La folie est cette maison rouge recto verso / à plat, façon carte postale (de Lavinia) / sans porte ni fenêtre ».

« Peut-on vraiment caser une maison / dans un poème // Oui de folie » comme l’on fait Lavinia Greenlaw, Anna Akhmatova et … Catherine Baptiste ! Moi j’ai plutôt vu cette maison rouge étanche et obscure comme une tache rouge soviétique au milieu de l’or des blés ukrainiens sous un soleil de moisson, peut-être est-ce que voyait Malevitch en 1932, à l’ère stalinienne … ?

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