Traces perdues de Liliane Schraûwen

Traces perdues de Liliane Schraûwen

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Débézed, le 24 novembre 2022 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 75 ans)
La note : 7 étoiles
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Des mots pour dire la vie et la mort

J’ai découvert Liliane Schraûwen dans un recueil de poésie édité chez le même éditeur et dans un autre de nouvelles publié chez M.E.O. Le présent recueil de poésie comporte certains points communs avec le précédent, on y retrouve des thèmes similaires, certaines récurrences identiques, le vent notamment, et surtout des familiarités formelles. Dans ce recueil, Liliane s’attarde longuement sur les mots, les mots matière première qui nourrit ses vers, son regard sur le monde et surtout sur leur origine, la source qui les laisse couler sur la feuille. « Les mots viennent de loin / … », loin dans l’espace ou loin dans le fond du cœur ou des entrailles du poète … ? « Les mots viennent d’ailleurs / Les mots viennent de loin / … », « Les mots viennent d’ailleurs / de quelque part on ne sait où / … ». et si les mots étaient dans la nature à portée de plume prêt à être glissés sur la page ? « … / les mots et les images / s’éveillent dans la nuit / … », « Des milliers de poèmes / dorment dans le feuillage / … », « Les mots s’envolent / comme font les oiseaux / … ».

Avec ses mots, Liliane montre tout ce qui l’entoure, tout ce qui vit autour d’elle mais aussi les images qu’elle a conservé de son enfance, son enfance passée ailleurs, loin, en Afrique qu’elle n’oublie jamais. « Je suis d’Afrique et non d’ailleurs / d’Afrique rouge à la peau noire / Je suis du vent montant du lac / … ».

Dans une seconde partie sa plume se fait plus grave, on sent poindre une certaine nostalgie qui ne sait oublier le temps de la jeunesse et une crainte de la vieillesse. « …/ mais les enfants deviennent grands / Les homes qui prennent leur place / les écrasent sous leurs talons / tueurs de rêve et d’innocence / … ». Elle sent le temps qui s’écoule et qui la rapproche du terminal propre à toute vie. « Le sable coule entre mes doigts / comme de l’eau comme le temps / … » et « Tout s’achève à la fin / Le temps s’anéantit / et se fond dans la nuit / … ». Cette peur du temps qui ‘écoule inexorablement, c’est l’annonce de la mort qui approche doucement mais sûrement, « La mort est là qui rampe dans la nuit / et s’approche sans bruit / … », « La mort s’en vient le temps s’en va / … », « La mort et plus rien d’autre / … ».

Notre vie n’est faite que de cette attente terminale et des douleurs qui l’accompagnent dans un profond désespoir. « Il est juif ou tchétchène il est noir ou syrien / il s’appelle Jésus ou Abdel ou Isaac / il est tutsi ou d’Arménie ou de chez nous / et toujours le sang coule / toujours l’exil toujours la peur / et la faim et la guerre et la fuite et l’oubli l’angoisse et la terreur ». Liliane ne voit dans l’humanité que violence, douleur, souffrance, haine, …

Après ce déchaînement, il ne restera que le sable dans le vent, le vent tellement présent dans ce recueil, le vent d’Afrique et le vent de la Mer du Nord mais toujours le vent et le sable rouge ou blond. « Rien ne dure / que le vent / que la mer et le vent / que le sable et le vent / … ». toute vie est éphémère … !

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