Premier sang de Amélie Nothomb

Premier sang de Amélie Nothomb

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 22 août 2021 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 71 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 436ème position).
Visites : 1 795 

Frais et ascétique

Les vingt-huit premières années romancées de Patrick Nothomb, le père de l’auteure.
Une bonne partie du récit se déroule avant et pendant la guerre de ’40 dans le château du Pont d’Oye tout près de Habay-la-Neuve (province du Luxembourg), fief des Nothomb, dans une ambiance qui fait un peu penser aux histoires de la Comtesse de Ségur.
Via son trentième roman en date, Fabienne ne se fera pas que des amis dans sa famille ; notez qu’elle s’en fiche un peu, sans compter qu’elle y est déjà largement aguerrie …
Frais et ascétique !

Extraits :

- Simon s’ingéniait à inventer de nouvelles tortures pour moi. Quand une tempête nous condamnait à ne plus sortir, il m’enfermait dans les toilettes avec un recueil de poésies de son père, à charge pour moi d’en apprendre plusieurs pages par cœur. Le Trianon était le lieu le plus froid du château, je tremblais si fort que ma mémoire absorbait des vers à la vitesse de l’éclair.

- Hubert n’inspirait rien de particulier à qui que ce fût, demeurait indifférent à tous, y compris à lui-même. Nous devînmes inséparables.

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Dans les chaussures de son père

5 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 55 ans) - 19 mars 2022

Amélie Nothomb se met à la place de son père pour retracer sa vie (en tous cas, les débuts, avant elle). Patrick perd son père militaire lorsqu’il a huit mois et sa mère le confie à ses parents. Il passe ses vacances chez ses grands-parents paternels avec la troupe de leurs enfants. Malgré le rationnement alimentaire et les brimades de cette joyeuse troupe, il se prend d’affection pour sa famille et en redemande. Il souffre par ailleurs d’une faille : il s’évanouit à la vue du sang. Lorsqu’il a vingt-huit ans et est père de deux enfants, il est pris en otage avec des milliers de Belges au Congo et ne sera sauvé, selon Amélie, que grâce à son bagout.
C’est du Amélie Nothomb sans grande surprise : du style, oui, mais toujours très creux et par conséquent, vite résumé. Elle tente d’insuffler du romanesque là où l’histoire semble assez banale (sauf pour l’épisode de la captivité). J’ai été mal à l’aise avec le fait qu’elle écrive à la première personne car je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a interprété ce père selon son propre caractère à elle. C'est le privilège du romancier...

Les Nothomb, tous des fous furieux

9 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 57 ans) - 26 décembre 2021

Ce roman qui a obtenu le prix Renaudot 2021 est un très bel hommage posthume au père de l'autrice belge aux chapeaux.

On peut donc presque mettre cet opus dans la catégorie des romans autobiographiques puisqu’elle se met quasi sans la peau de son géniteur, et donc parmi ceux qui sont généralement d’un meilleur cru.

Elle évoque donc plusieurs épisodes de la vie du père avant sa propre naissance, puisque le roman se termine, dans un crissement de pneus, au moment où Amélie n’est pas encore conçue.

Avec sa gouaille habituelle et son style inégalable, elle évoque les souvenirs d'un garçon orphelin de père dès l’âge de quatre ans, mais aussi marqué par un entourage familial assez déjanté surtout du côté paternel.

On peut donc facilement comprendre après la lecture de ce livre d’où vient son excentricité légendaire.

S'adapter

7 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 64 ans) - 20 décembre 2021

Amélie Nothomb commence par la fin. L’exécution imminente de Patrick Nothomb âgé seulement de 28 ans. L’occasion pour le condamné à mort de se remémorer les événements de son enfance, orphelin de père à 8 mois et presque orphelin de mère, tant celle-ci se montre distante.
Heureusement confié à ses grands-parents aimants, il découvrira un univers radicalement différent auprès de ses grands-parents paternels dans leur "château faible" des Ardennes au Pont d’Oye.
"Appartenir à une bande d’enfants ne cessait de m’exalter."
"L’enfance a cette vertu de ne pas essayer de répondre à la sotte question : "est-ce que j’aime ?" Il s’agissait pour moi de découvrir."

Dans cette biographie romancée de son père, j’ai trouvé une écriture plus sobre que dans ses romans précédents. Pas forcément le plus inoubliable des titres de l’autrice, mais une lecture de quelques heures très agréable.

Bel hommage à son père

8 étoiles

Critique de Ichampas (LAMBALLE, Inscrite le 4 mars 2005, 58 ans) - 11 décembre 2021

Un de plus, toujours aussi court, un bel hommage à son père, Amélie Nothomb, à la première personne, nous embarque dans l’enfance de ce père. Fils unique, orphelin de père, une mère absente, élevé par ses grands-parents, malgré une constitution fragile, il aborde la vie gentiment, devenu diplomate, il vit une prise d’otages héroïquement.
Très agréable à lire.

Roman-hommage

7 étoiles

Critique de Bernard2 (DAX, Inscrit le 13 mai 2004, 73 ans) - 18 novembre 2021

Amélie Nothomb écrit à la première personne, mais c’est son père qui parle.
Le style est fluide, agréable, tendre et cruel à la fois, avec des passages aussi comiques qu’inattendus.
Court roman (court, comme tous les livres de l’autrice, et roman car manifestement beaucoup de faits relatés sont imaginaires). Les succès littéraires d’Amélie Nothomb se renouvellent chaque année, malgré l’irrégularité de ses œuvres. « Premier sang » compte au nombre des réussites. Méritait-il pour autant le Prix Renaudot ? C’est un autre sujet...

Bel hommage...

8 étoiles

Critique de Cecezi (Bourg-en-Bresse, Inscrit le 3 mars 2010, 42 ans) - 7 novembre 2021

Une jolie façon de rendre hommage à quelqu'un qui lui est cher...
voici un récit très bien écrit, sensible et tout à fait incarné. Je trouve qu'il y a bien longtemps (je n'ai pas encore lu "Soif") qu'Amélie Nothomb ne nous avait pas livré quelque chose d'aussi intéressant.

La jeunesse d'un mère

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 44 ans) - 29 septembre 2021

J'ai apprécié cet hommage à ce père diplomate qui a connu une jeunesse assez rude et miséreuse, malgré des origines bourgeoises, et un poste à l'étranger qui a failli virer au drame, alors qu'il connaissait la phobie de la vue du sang. L'auteure rédige à la première personne, comme pour mieux ressentir les sensations de ce proche et comprendre les vicissitudes d'une jeune troublée par l'histoire familiale et la géopolitique fortement troublée de l'Europe.
Voilà qui est émouvant, sans tomber dans le pathos. Ce livre fait réfléchir sur la transmission de ses expériences.

vivre à la dure, comme ceux de sa génération mais avec un petit plus

9 étoiles

Critique de CHALOT (, Inscrit le 5 novembre 2009, 74 ans) - 25 septembre 2021

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents présents et aimants.
Patrick Nothomb connaîtra très peu son père, militaire qui décédera au moment d'un déminage fait lors d'un exercice.
Elevé par ses grands-parents maternels, il voit rarement sa mère inconsolable ne pensant qu'à son apparence. Aime-t-elle son fils ?
A sa manière.
La guerre mondiale arrive, la France est occupée.
Patrick est invité à passer ses vacances d'hiver chez son grand-père paternel, un drôle de châtelain ruiné, avocat sans client qui fait vivre en spartiates ses enfants venant de deux lits.
La vie y est difficile, les enfants passent après les adultes lors des repas et les plus petits n'ont que des miettes.
C'est une vie à la dure qui plaît d'une certaine façon à ce garçon doux, pas fait pour les armes, il ne sera pas militaire comme son grand-père paternel.
Patrick n'aime pas le sang, dès qu'il coule même un petit peu, il s'évanouit.
Il ne lui reste plus que des métiers nobles, moins dangereux comme celui de diplomate....
Un diplomate voit rarement le sang sauf s'il est belge, installé au Congo, au moment d'une insurrection.
Comment va-t-il se débrouiller.
Comme l'écrit l'auteure dans une quatrième de couverture réduite à cette phrase ;
« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »
La comtesse de Ségur aurait pu aimer ce livre, comme je l'ai aimé.

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