Assise dans la chute immobile des heures de Florence Noël, Gwen Guégan (Dessin)

Assise dans la chute immobile des heures de Florence Noël, Gwen Guégan (Dessin)

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Débézed, le 21 mai 2021 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 74 ans)
La note : 8 étoiles
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Comme de la dentelle avec des mots

Comme toujours, Claude Donnay a déniché un excellent recueil de poésie, des vers fluides comme un filet d’air un soir de canicule, frais comme le cours d’un ru au fond d’un val ombragé. Ces poèmes sont dépouillés à l’extrême, arachnéens, je ne peux pas contourner ce truisme tant il s’impose, il ne reste que l’impression du texte tant il est léger. Il m’a rappelé les images de dentelles du Puy que j’ai admirées en lisant « Voyage avec un âne dans les Cévennes » de Robert Louis Stevenson, dans une édition très richement illustrée, que j’ai refermé juste avant d’ouvrir le recueil de Florence Noël.

« c’est une histoire / bruissante de frondaisons / déchirées par le bois / d’un cerf / au trot leste / un récit de peau / rincée d’averses / de pas / aux rimes spongieuses ».

Avec ses vers ciselés, composés juste des mots nécessaires, précieusement choisis, la poétesse a composé une ambiance irénique, paisible, loin des sentiments lourds qui encombrent les esprits et les cœurs en cette période de pandémie, de crise financière, d’angoisse générale. Florence dispense la paix, la bonne humeur, la joie de vivre, même la mort semble légère dans ses vers. Les dessins tout en rondeurs de Gwen Guégan confortent cette impression de paix et de sérénité.

« reviens à la terre / la tendre mie / des vers / ses petits doigts grouillent / de sollicitude // épandu à son contact / tiède / ton corps connaît / enfin / le territoire de mes caresses ».

Chez florence Noël, le verbe devient rêve, enchantement, thérapie, hypnose même tant il semble transporter le lecteur dans un autre monde, hors des douleurs dont le nôtre enfante trop souvent.

« je suis tu sais / la peau du chagrin / nécessaire / à l’océan des joies / rebelles ».

Elle évoque la nature, la faune et la flore,

« Voilà qu’elle ouvre / ce petit jardin / aux herbes ployées / dans la lumière // il respire : / de longs tressaillements / mêlent les fauves / les azurs et les roses // l’automne s’y agenouille / le printemps s’y exalte / l’été s’y oublie // de deux pas croyez-vous / vous en feriez l’inventaire // pourtant / on s’y assoit / pour naître / à l’éternité ».

La vie comme elle est avec résilience et optimisme, avec joie et bonheur.

« mais si ! / je peux / être la pulpe du rire / sa cascade chaotique / ses rugissements / jouissifs / sa faim d’ogresse ».

Un recueil comme l’épure d’un songe, d’un souvenir, d’un sentiment, d’une émotion …

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