Aâma, Tome 2: La multitude invisible de Frederik Peeters

Aâma, Tome 2: La multitude invisible de Frederik Peeters

Catégorie(s) : Bande dessinée => Sci-fi & fantastique

Critiqué par Blue Boy, le 23 novembre 2013 (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (21 586ème position).
Visites : 3 130 

Terreurs et merveilles sur la planète Ona(ji)

Après avoir débarqué sur la planète Ona(ji) en compagnie de leur garde du corps, le gorille-robot Churchill, Verloc et son frère Conrad se rendent vite compte que leur mission, rapatrier l’équipe du Pr. Wooland chargée par la compagnie Muy-Tang d’y concevoir un produit miracle, ne sera pas de tout repos. L’arrivée des deux frères va provoquer des dissensions au sein de l’équipe de scientifiques sous la domination du Pr. Kaplan, persuadée que la compagnie les a délibérément abandonnés sur cette planète et que le Pr. Wooland était de mèche depuis le début. S’opposant à Kaplan, Wooland a en effet a quitté le groupe pour mener à son terme le projet Aâma, consistant à étudier l’évolution de la vie dans un milieu primitif avec l’assistance de robots… Il y a aussi cette mystérieuse fillette autiste, ressemblant étrangement à la fille de Verloc que son ex-femme lui interdit de voir, l’accusant d’être responsable de sa maladie…

Les promesses contenues dans le tome 1 se réalisent véritablement dans cette suite, où l’auteur donne à voir toute sa puissance créatrice. Sous la protection du cyber-gorille Churchill (dont le seul défaut est d’être amateur de cigares !), le petit groupe va se mettre en branle pour partir à la recherche du Pr. Wooland et des deux scientifiques x et y. On en prend alors plein les yeux, pénétrant un monde entièrement inconnu, un monde où grouillent plantes et autres créatures mi-organiques mi-synthétiques, aussi bizarroïdes que monstrueuses. On est littéralement subjugué par ce déferlement visuel prodigieux, jusqu’à l’apothéose de la scène finale, totalement dantesque. Je n’en dirai évidemment pas plus…

A l’état plus ou moins latent dans « Lupus », cette obsession de Peeters pour les formes de vie invisibles, mystérieuses et grouillantes, explose à pleine puissance ici. On est à la fois saisi d’effroi et émerveillé, alors que de multiples questions assaillent l’esprit, sous l’effet d’un vertige métaphysique. Comment expliquer l’étrangeté du monde ? D’où vient la vie ? D’où venons-nous, dans quel but avons-nous été créés, alors que parfois tout semble si vain pour nous pauvres humains, et que l’on ne se sent pas toujours à sa place ? Bref, des questions vieilles comme l’humanité mais traitées par un auteur doté d’un talent graphique pour le moins original et qui n’en oublie pas pour autant l’aspect littéraire et philosophique, pour de la SF hors normes.

Tout comme « Lupus », cette série a été récompensée à Angoulême. Je rappelle également que l’excellent one-shot « Château de sable » du même auteur a été couronné du prix Critiques Libres 2013.

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Voyage introspectif

8 étoiles

Critique de Kabuto (Craponne, Inscrit le 10 août 2010, 62 ans) - 6 avril 2015

Dans ce deuxième tome, c’est le passé de Veloc Nim qui est développé en priorité puisque le héros se confie beaucoup pendant le long voyage à bord de curieux engins sur pattes. Par contre, le projet Aâma reste toujours aussi mystérieux. Les dessins sont magnifiques et changent radicalement du style de Lupus. Voir la planète se transformer petit à petit, est un plaisir pour les yeux. Espérons que la suite soit aussi réussie.

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