La guerre du feu de J.-H. Rosny aîné

La guerre du feu de J.-H. Rosny aîné

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Romans historiques

Critiqué par Romur, le 13 avril 2009 (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 48 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (22 536ème position).
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Toute la préhistoire par Rosny aîné

JH Rosny Aîné a connu un succès certain à la charnière du XIXème et du XXème siècle en inventant le roman préhistorique et contribuant avec Jules Verne et Maurice Renard à la science-fiction française.
Son extraordinaire Guerre du feu (portée à l'écran de façon assez lamentable par JJ Anaud) est la seule de ses oeuvres qui ait réellement survécue. J'avais aussi eu l'occasion de lire dans une vieille édition de la bibliothèque verte la suite intitulée "Le félin géant". Aussi lorsque je suis tombé sur cette édition complète de ses oeuvres préhistoriques dont j'ignorais à l'époque l'existence, mes souvenirs d'adolescents sont remontés et j'ai sauté sur le livre.

Il contient cinq romans et cinq nouvelles (l'une d'entre elles n'étant qu'une version raccourcie d'un roman) qui nous emmènent des premiers homo sapiens jusqu'aux débuts de l'age du cuivre. Les récits se ressemblent tous un petit peu, avec ces héros solitaires qui partent en exploration, ces luttes entre tribus et entre races, ces amours frustes. Mais le volume n'est pas assez épais pour qu'on ait le temps de se lasser et les dernières nouvelles, très différentes, viennent rompre à temps l’ennui qui aurait pu poindre. Il faut en particulier lire l'étonnant "les xipéhuz" qui marie science-fiction et préhistoire.
Si l'exactitude scientifique n'est pas parfaite au regard des découvertes et théoriques contemporaines, l'imagination et la vivacité des récits compensent largement ce défaut. Les hommes, la faune et les paysages sont rendus dans un style délibérément archaïque et recherché, créant une magie particulière : "Dans la lueur cendreuse d'une grande vallée retentissait les voix des bêtes carnivores", "les lames de soleil, à travers les branches, mordaient dans la chair comme des termites", "les Oulhamr fuyaient dans la nuit épouvantable"...
Un livre à acheter pour aller se perdre très loin, sur les bords du Fleuve bleu...

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Souvenir d'enfance.

8 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 69 ans) - 31 août 2021

J’ai acheté ce roman, d’abord pour un clin d’œil à un instituteur qui eut le bon goût dans le dortoir d’un internat en 1965, de nous lire cette guerre du feu avant que nous nous endormions. Et tous, nous avions étés conquis par l’histoire mais aussi par la parfaite diction de ce Monsieur. Donc je me suis plongé à nouveau, au cœur de cette épopée, autant savante qu’extraordinaire.

Hommes préhistoriques

8 étoiles

Critique de Windigo (Amos, Inscrit le 11 octobre 2012, 38 ans) - 26 avril 2018

Cette histoire épique montre comment vivait l'homme au temps de la préhistoire.
Trois gaillards partent vers l'inconnu pour reprendre ce qui leur a été volé : le feu de leur tribu. Face à différents dangers, ils se montrent braves, forts, intelligents et rapides.
Très différent du film, ce roman est tout de même très intéressant, même si j'ai eu un peu de difficulté à m'accrocher au début.

Le Prométhée de la préhistoire

6 étoiles

Critique de Koolasuchus (Laon, Inscrit le 10 décembre 2011, 32 ans) - 2 octobre 2016

Ce petit roman se déroulant dans une préhistoire fantasmée se lit plutôt bien même si l'histoire n'est pas vraiment extraordinaire. En effet l'essentiel de l'histoire est consacré à des combats contre des bêtes sauvages ou d'autres humains et les personnages ont des personnalités assez stéréotypées. Les hommes de cette époque y sont en effet décrits, pour la plupart, comme de grosses brutes, c'est sûr que la préhistoire n'était pas une période tendre mais je pense que le trait est un peu forcé. Il faut dire que ce livre a déjà plus d'un siècle, nos connaissances ont donc beaucoup évolué depuis mais, vraisemblance historique mise de côté, il reste encore assez accessible. On voit quand même qu'il a un peu vieilli mais c'est un petit roman d'aventure sympathique sans pour autant être mémorable.

Un peu vieillot...

5 étoiles

Critique de Ellane92 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 45 ans) - 2 février 2016

La tribu des Oulhmours a été attaquée. Les combattants ont perdu la bataille, mais surtout leur feu, celui qui permet de se protéger, de cuire, de se réchauffer... Dans l'incapacité d'en produire un par leurs propres moyens, le chef des Oulhmours fait un appel à candidature pour trouver des héros, ceux qui, par la ruse ou par la force, ramèneront le feu, et un espoir de survie de la tribu. Celui qui ramènera la flamme si convoitée aura la gloire, épousera la fille du chef, et sera chef à son tour quand le temps sera venu.
Naoh est le chef de l'une de ces expéditions. Avec des acolytes, choisis pour leur rapidité, leur endurance, ou leur adresse, il nous emmène à la découverte de la faune et la flore préhistoriques. Mais un autre groupe, composé de frères brutaux et musculeux, est bien décidé à ramener le feu (et à épouser la belle) avant Naoh et les siens !

J'aurais dû lire La guerre du feu en sixième, et en faire une fiche de lecture. J'ai dû abandonner au bout du 3ème ou 4ème chapitre... Si j'en suis venue à bout aujourd'hui, j'ai retrouvé dans ce livre les mêmes écueils que ceux qui m'avaient poussé à en arrêter la lecture.
D'abord, c'est un livre qui parle très peu des hommes de ce temps-là, de leurs qualités ou de leurs manques, de leur organisation, etc... En revanche, le descriptif de la faune et de la flore est extrêmement détaillé, un peu trop peut-être, au détriment donc de la description du mode de vie de ces Cro-Magnons et de l'action et des aventures auxquelles on aurait pu s'attendre au vu du synopsis. D'autre part, je n'adhère pas, mais alors absolument pas, au postulat de JH Rosny Ainé sur les relations humaines de ce temps-là : les hommes ne pensent qu'à se voler et à se tuer. Personnellement, j'aurais tendance à penser que des "proies" auraient tendance à se regrouper et à s'entraider a priori, et que la curiosité, un défaut typiquement humain, aurait eu plus d'incidence sur le cours des voyageurs isolés rencontrant des groupes humains (plutôt que de se cacher d'eux en ne pensant qu’à les déposséder !). Enfin, le ton nostalgique et magnifiant pour ces temps du monde, qui transparaît dans chaque phrase de l'ouvrage, pour glorifier la nouveauté du monde, la force et l'astuce des humains et des animaux d'alors comparativement à ceux d’aujourd’hui, m'a franchement lassée.
Bref, aujourd'hui comme hier, ne comptez pas sur moi pour cette guerre-là !



Il vaut mieux de laisser la vie au loup et au léopard qu'à l'homme ; car l'homme que tu n'as pas tué aujourd'hui, il viendra plus tard avec d'autres hommes pour te mettre à mort.

Aux origines.

7 étoiles

Critique de Hexagone (, Inscrit le 22 juillet 2006, 50 ans) - 8 février 2014

1981, j'ai dix ans et cette année là sort " La guerre du feu ".
Pour moi c'est une claque, j'en garde un souvenir ému et le plan final m'émeut toujours autant.
Le réalisateur réside à quelques encablures de mon domicile, mais nos chemins ne se croisent pas et je n'ai jamais réussi à le rencontrer pour lui dire tout le bien que je pensais de son film.
J.H Rosny Aîné, qui connait se lève !
C'est l'écrivain de SF du début du 20 ème siècle qui a écrit ce livre et dont c'est inspiré J.J Annaud.
Le livre nous raconte une histoire différente de celle du film, seule la quête du feu est similaire, les décors, les rencontres, la fin sont différents.
L'esprit est conservé, c'est l'essentiel.
Le livre a quelques longueurs, des phases qui se répètent, le style est irréprochable comme tous les auteurs populaires de cette époque.
Le lecteur moderne aura sans doute du mal à se plonger dans cette histoire écrite en 1909, mais en passant outre il plongera dans le style de Rosny et sera emporté par les aventures de Naoh et ses compères.

Divertissant

7 étoiles

Critique de Megamousse (, Inscrit le 17 juin 2009, 38 ans) - 23 juillet 2010

La Guerre du Feu. Le pitch, en deux mots: une tribu d'hommes préhistoriques, les Oulhamr, ont perdu le feu, et n'ont pas encore découvert le moyen de le produire de façon autonome. La solution: envoyer deux braves, rivaux patentés, et leur équipe respective, à la reconquête de cet "or" mystérieux, capricieux, surpuissant. Celui qui reviendra fort des braises salvatrices emportera la gouvernance de la tribu, et surtout, la nièce du chef. Après cet incipit, nos aventuriers s'élancent. Nous suivons l'une des deux cohortes - celle des gentils - à travers leur périple semé d'embuches.

Une grande force descriptive dans ce roman au style soigné, mais à l'intrigue très accessible et convenant dès lors à tout public, y compris le plus jeune. J'ai d'ailleurs fouillé dans mes vieux cartons pour retomber sur une édition Hachette Jeunesse illustrée que peut-être, j'avais étudiée à la petite école.

Le récité des tribulations de Naoh, Nam et Gaw ne m'a pas ennuyé, voire m'a séduit, même si ça et là j'ai pu y éprouver quelques longueurs et redondances. La progression de l'aventure est en effet très linéaire, sans réelle surprise, et les faits saillants égrenés tout au long du parcours ont tendance à se ressembler, à la longue.

Je garderai toutefois en mémoire les derniers chapitres, au cours desquels un événement nous tient en haleine de manière plutôt chiadée.

Globalement, ce fut une agréable lecture. Les personnages sont plutôt attachants, toute proportion gardée avec leur esprit et émotivité rudimentaires évidemment. Certains comportements, surprenants, passent mieux une fois replacés dans leur contexte préhistorique.

En revanche je suis régulièrement effaré de découvrir dans les ouvrages de cette époque (fin 19ème début 20ème) comme certaines idées fondamentalement racistes étaient confortablement assises dans les mentalités (j'avais notamment décelé ça chez Hugo...). Rosny, en début de roman, jette comme un froid l'espace d'une phrase, lorsqu'il s'aventure sur le terrain râpeux des "races inférieures". Heureusement qu'il se garde, par la suite, de s'investir personnellement dans le récit.

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