Le Bouddha blanc de Hitonari Tsuji

Le Bouddha blanc de Hitonari Tsuji
( Hakubutsu)

Catégorie(s) : Littérature => Asiatique

Critiqué par Darius, le 23 octobre 2001 (Bruxelles, Inscrite le 16 mars 2001, - ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (3 434ème position).
Visites : 6 477  (depuis Novembre 2007)

Essai sur la métempsycose

L'auteur, connu au Japon, comme poète et chanteur de rock est considéré comme un des chefs de file d’une nouvelle génération d’écrivains. On ne s'y est pas trompé en lui décernant le prix Fémina 1999.
Le thème abordé est la vie du grand-père de l'auteur, un homme ingénieux qui n’avait de cesse de multiplier les inventions : une mitraillette révolutionnaire,
un tracteur léger, une machine à sécher et à récolter les algues, ... en enfin, la construction d'un immense Bouddha blanc fabriqué à partir des os des âmes mortes.. La mort et sa réincarnation est un sujet qui intéresse l’auteur : le héros n’aura de cesse de trouver un moyen d’honorer tous ces morts qui s'accumulent au fil des siècles : de là l'idée de construire un immense Bouddha pour permettre l'adoration de ce Dieu et les hommages aux anciens morts oubliés...
Cette statue rassemblera tous leurs ancêtres et les habitants ne pourront plus jamais oublier leurs morts...
Idée omniprésente également : le suicide.. On sait, depuis Amélie Nothomb, que le suicide est un phénomène courant au Japon, et qu’il vaut mieux se suicider que sentir mauvais (un peu d'exagération, je suppose, de la part d'Amélie..).
On compte pas moins de 4 suicidés dans le bouquin : le grand-père du héros, la fiancée, son ami, la maîtresse de son ami..
L’épopée couvrira plusieurs événements qui ont marqué le Japon : son projet en 1919 de transformer l'Est de la Sibérie en zone d'influence nippone, l’attaque de Pearl Harbor pendant la seconde guerre..
L'auteur ne prendra pas parti pour ces événements, il se contentera de donner les impressions qui poursuivront toute sa vie ce grand-père soldat obligé de tuer un Russe, et qui l’empêcheront de faire part de sa nouvelle découverte : un fusil mitrailleur qui devrait permettre au Japon d’avoir une longueur d'avance sur les autres..
Son amour pour les armes et pour l'uniforme, hérité de l'enfance n'en fera pas un belligérant. Sa confrontation avec la mort de son ennemi russe aura raison de cet amour et de cette admiration pour l’armée.
La vue de la viande réactivait en lui tous ses souvenirs de Sibérie qu'il en était arrivé à éviter de regarder les gens en manger devant lui...

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Une question dont nous connaîtrons tous la réponse un jour.

10 étoiles

Critique de Phantomlord (Courbevoie, Inscrit le 7 novembre 2004, 49 ans) - 13 juillet 2007

Ce roman nous conte l'histoire de Minoru Eguchi né dans le Japon de la fin du siècle dernier qui reprendra le flambeau de son père en devenant armurier sur l'île qui l'a vu naître.

Depuis l'éveil de sa libido à la finalisation de sa dernière invention en passant par ses « visions », la vie de Minoru sera rythmée par cette éternelle question de notre devenir une fois l'être humain mort.
Inventeur de génie, il concevra de multiple machines destiné à facilité le travail de ses semblables. Sa participation à la guerre l'aura profondément marqué au point de finalement renoncé à la livraison d'une arme légère conçu par ses soins qui aurait pu faire pencher l'issue de la guerre en faveur du Japon.

Qu'il soit enfant au début du roman ou devenu Grand-père vers la fin, Minoru demeurera un être torturé de questions, qui n'aura cesse de se remettre en cause jusqu'à l'achèvement de sa dernière création qui semblera la plus fantaisiste mais sûrement de loin la plus ambitieuse et la plus poétique.


_Ma critique personnelle est que 'ai passé un excellent moment en lisant ce roman. L'écriture y est simple, limpide et le personnage de Minoru attachant. De son génie transparaîtra toujours une petite touche de naïveté, celle de ne pas perdre foi en l'être humain au point de lui rendre totalement hommage dans sa dernière réalisation et d'honorer également bien malgré lui une vieille promesse.
Un roman que je ne peut que conseiller et qui m'a donné l'envie de découvrir d'autres ouvrages du même auteur. :)

Une réflexion sur la vie et la mort

6 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 69 ans) - 11 novembre 2006

Bien que ce livre possède indéniablement d'immenses qualités, il m'a profondément ennuyé. L'auteur raconte la vie de son grand-père sur une petite île du Japon de son enfance jusqu'a sa mort. Dans la post-face, il explique ses motivations et exprime ses remerciements.

L'écriture est irréprochable et le style assez travaillé mais le contenu ne m'a pas emballée. Je n'ai pas aimé les personnages qui ne sont pas suffisament développés pour pouvoir s'y attacher. On aurait dit que l'auteur ne savait plus quoi raconter parfois et prenait un personnage au hasard pour nous raconter une petite partie de sa vie. Le récit comporte aussi de nombreuses redondances franchement irritantes. L'ensemble me semblait plutôt décousu, sans ligne directrice. J'ai lu avec un malaise indéfini qui ne m'a pas quitté du début a la fin. Un impression de manque, comme si le récit était trop général et n'entrait pas assez dans le coeur du quotidien des habitants de l'île. J'attendais je ne sais quoi qui n'est pas venu.

L'auteur est obsédé par la mort et cherche une façon de l'exorciser mais franchement, déterrer tous les ossements des morts de l'île pour les broyer et en faire une statue de bouddha... assez invraisemblable et agaçant comme idée. Je doute que ce soit possible de la part de villageois respectueux de leurs défunts et de leur repos éternel.

roman plein d'émotion et de sensibilité.

8 étoiles

Critique de Nana31 (toulouse, Inscrite le 29 janvier 2006, 55 ans) - 24 septembre 2006

je suis d'accord avec les critiques précédentes.c'est une histoire inspirée de la vie du grand père de l'auteur,avec une méditation sur la vie et la mort . et sur ce qui se passe après la mort.
c'est un récit écrit avec beaucoup de finesse et d'intelligence.

Questionnement métaphysique d'un Japonais

8 étoiles

Critique de Libris québécis (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 82 ans) - 9 avril 2003

Le Bouddha blanc raconte la vie d'un Japonais. Comme point de départ, l'auteur aborde évidemment son enfance. Comme petits mâles, on se signale par sa cruauté. On fait fumer des grenouilles, mais on a surtout des boucs émissaires. Dans ce roman, ce sont un petit gros et une fille sur laquelle pissent les garçons. Mais Minoru, le héros, est différent même s'il assiste à ces spectacles sans mot dire. Fratrie oblige. C'est un être compatissant. Il se caractérise par son questionnement métaphysique d'autant plus qu'il se sent coupable de la mort de son frère survenue dans une rizière.
Le plus important de l'oeuvre, c'est son implication dans l'entreprise familiale, une forge vouée à la production de sabres. A partir de 1908, cet atelier change de vocation. On y répare des fusils. La participation du héros à la guerre russo-japonaise en Sibérie va transformer sa vie alors qu'il tue un jeune soldat russe. Pour la première fois de sa vie, il réalise que les armes ne sont pas des jouets mais des engins meurtriers à l'origine de souffrances innombrables et innommables. De retour de guerre, il prend en main l'atelier de son père et épouse Nue, la fille victime de la cruauté de ses amis d'enfance. Ce n'est pas l'érotisme qui l'attire vers cette femme. Les deux partagent le sentiment de vivre une existence de plus; en fait, ils se sentent des êtres réincarnés qui traînent leurs passés antérieurs.
En 1937, il lui vint à l'esprit de produire une mitraillette qui soit plus performante que celles que détient l'armée japonaise. Au moment de l'offrir à son pays, il la jette à la rivière pour ne pas se sentir responsable de la mort de ceux qui vont s'affronter dans le conflit sino-nippon. Après cette guerre, il fait faillite et se recycle comment fabricant de métiers à tisser, de monoculteurs... Mais la plus grande préoccupation du reste de sa vie sera consacrée aux morts enterrés dans le cimetière de l'île qu'il habite. Son angoisse de la mort le porte à convaincre les insulaires d'ériger une immense statue blanche de Bouddha avec des ossements réduits en poudre afin de conserver le souvenir des ancêtres. C'est ainsi que ce projet le rassénère avant d'affronter la grande faucheuse.
Ce roman simple et sensible parcourt presque tout le 20e siècle tel que vécu par des insulaires nippons fidèles à leurs traditions, menacées cependant par l'ère de changements qui agite notre planète à l'heure actuelle. Comment y résister? On sent que tous succomberont aux appels du modernisme, qui les pressent de délaisser la culture qui les a nourris. Le dénouement offre une image tragique de ce qui se passe quand un passeur se suicide après avoir réalisé que «le monde n'est qu'une illusion de son esprit».
Bref, c'est une épopée qui sert de méditation sur la vie alors que l'on joue le sort de l'Iraq. La guerre serait-elle «le reflet du changement», comme l'écrivait le philosophe Alain dans Propos sur la religion. Il aurait été souhaitable cependant que l'auteur sélectionne davantage les éléments de sa réflexion pour mieux les approfondir.

Une critique intéressante

8 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 80 ans) - 24 octobre 2001

Je suis content qu'elle ait été faite car je crois que je serais sans doute passé à côté de ce livre, si je ne l'avais pas lue. Elle m'a vraiament donné envie de le lire et j'achète donc le livre directement ! Il me semble plein de sensibilité et de finesse.

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