Longue marche, tome 3: Le vent des steppes de Bernard Ollivier

Longue marche, tome 3: Le vent des steppes de Bernard Ollivier

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances , Littérature => Voyages et aventures

Critiqué par Ulrich, le 4 novembre 2007 (avignon, Inscrit le 29 septembre 2004, 49 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (3 078ème position).
Visites : 5 959 

Ma sagesse, ..., c'est de n'être pas sage

C'était le dernier tome. Celui de la Chine, pays dans lequel j'ai eu la chance de me rendre il n'y a pas si longtemps. Nous n'avons pas vu la même Chine. Pour lui Xi'an était la ville la plus à l'est et pour moi la plus à l'ouest; Il a vu la Chine plus rurale quand je n'ai vu que l'urbaine. Il était seul ; nous étions en famille et surtout avec une petite fille de 5 ans qui est un passeport fabuleux pour les contacts et les échanges.
C'est donc avec un oeil différent des deux premiers tomes que j'ai fini cette trilogie définitivement entrée dans mon palmarès des livres qui font sens, qui donnent sens.
Il donne l'impression de moins y croire, sans doute s'expliquant par le moins de contacts mais l'exploit reste entier, la volonté toujours aussi inébranlable et ne suscitant qu'admiration. Il y a la fin et cette prodigieuse entrée dans Xi'an qui n'en finit pas ; l'entrée qui n'en finit pas car les villes chinoises n'en finissent pas mais aussi comme un symbole car même dans un voyage de 12 000 kms à pied, ce sont toujours les derniers qui sont les plus longs. Etrange phénomène, tant de fois éprouvé ; l'approche de son but vous rend plus long les derniers instants qui vous en séparent. Mythique Bernard Ollivier. Presque devenu comme un modèle dans ce qui le pousse à faire cet incroyable périple : vivre, continuer de vivre, découvrir l'autre pour se découvrir soi même.
Je le laisse conclure :"En me fixant comme but d'aller au terme de l'immense route de la Soie, j'ai poursuivi deux objectifs : le premier était de vérifier que les muscles n'ont pas d'âge et que la chair, si faible soit elle, obéit aux esprits forts, que la volonté peut porter les projets les plus insensés. J'ai voulu aussi mesurer la distance, faire la nique à l'urgence. Il y aurait péril en la demeure sous prétexte que la mort approche maintenant à grand pas, que les heures passent ? que le temps attende ! et puis encore et surtout ne pas me laisser mettre sur la touche. Faire valoir mon droit être puisque j'ai éventé les pièges de l'avoir."

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Un grand pas pour l'humanité !

9 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 58 ans) - 1 mai 2010

les 3 tomes sont époustouflants....... de sagesse , de vie . La marche seule conduit vers la philosophie .
Une superbe introspection au gré des paysages de la route de la soie ( et d'autres ) .
Exceptionnels ouvrages !

11 000 Kilomètres à pied !

10 étoiles

Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 66 ans) - 28 juillet 2008

Dans ce dernier tome, Bernard Ollivier nous raconte les deux derniers tronçons de sa longue marche sur la route de la soie dont il ne reste d’ailleurs quasiment rien. Merci Gengis Khan, merci la conquête islamique. Au fin fond de l’Asie Centrale, toujours tirant son chariot prototype, il foule les neiges du Pamir, se perd dans les ruelles de la ville mythique de Kashgar et longe les déserts brûlants du Takla-Makan et de Gobi.
Insensiblement, il passe des territoires de l’Islam où il est accueilli avec intérêt et générosité à celui des Hans, matérialistes ou bouddhistes, beaucoup plus nombrilistes et quelquefois carrément xénophobes. En Chine, l’étranger n’est le bienvenu que s’il a un portefeuille bien garni et s’il accepte de payer le double, le triple voire le quintuple des chinois ! Pour ne rien arranger, Ollivier n’est pas parvenu à apprendre la langue et les rares Chinois qui ont étudié l’anglais sont dans l’incapacité de le parler. D’où une impression de solitude et d’abandon en milieu quasi hostile nettement plus forte que dans les autres livres.
L’intérêt de ce dernier opus est surtout ethnologique et sociologique. Rares sont les occidentaux qui ont pu parcourir à pied autant de milliers de kilomètres dans les profondeurs de la Chine et qui en ont rapporté un témoignage aussi vivant et aussi passionnant qui d’ailleurs confirme ce que l’on soupçonnait déjà : tout comme au Tibet, les Hans pratiquent au Sin Qiang une politique d’immigration-invasion sauvage au détriment des Ouigours (musulmans) qui aujourd’hui ne représentent plus que 50% de la population alors qu’ils étaient encore 90% il y a quelques années… La Chine est devenue le plus gros pollueur de la planète. Sur les 10 villes les plus polluées du monde, 9 sont chinoises… Si on y ajoute un système de relégation locale inique, une exploitation de l’homme par l’homme proche de l’esclavage et un culte effréné de l’argent, on voit quel « étrange paradis » Ollivier a traversé.
Avec ces trois tomes, l’auteur se hisse au rang des meilleurs voyageurs écrivains ou écrivains voyageurs. Excellent.

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