Sartre et la Citroneta de Mauricio Electorat

Sartre et la Citroneta de Mauricio Electorat
( La burla del tiempo)

Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine

Critiqué par Larouge, le 7 septembre 2005 (Inscrite le 6 juillet 2004, 79 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (21 486ème position).
Visites : 3 677  (depuis Novembre 2007)

ah! la citroneta !!

Sartre et la Citroneta mon point de vue:

Avec Sartre et la Citroneta, Mauricio Electorat nous donne un roman éblouissant, qui se déroule entre Paris et Santiago de Chile. le présent et le passé se déroulent dans un chassé-croisé entre les époques et nous laissent que peu de temps pour respirer. Le personnage principal, en partance pour le chili, pour assister à enterrement de sa mère, rencontre fortuitement l'homme qui l'avait trahi dans sa jeunesse.
dans un mémorable tête à tête entre Pablo, le protagoniste, et Nelson, le traître. en une nuit de beuverie, toute leur jeunesse défile, avec les lycées truffés d'espions de pinochet et la surveillance plus que présente d'un personne importante du régime.
il raconte a Nelson les nuits passées à militer contre pinochet, avec rien comme support de propagande et l'invention de lettres bouffonnes de Sarte, Simone de Beauvoir, Brigitte Bardot, Marguerite Duras Costa-Gavras et même Michel Platini, qu'il faut lire devant les camarades pour les encourager.
puis la disparition du premier militant, l'affolement, les méprises, entre groupuscules de gauche, la réapparition du disparu et la "trahison" d'un camarade de fac, parce que du lycée, nous sommes passés à la fac, avec les mêmes vigiles, le même militaire surveillant, les mêmes étudiants. obligeant quelques autres à se soumettre et a écrire le nom de tous les traîtres à la patrie, le militaire croit être au bout de ses peines.
mais que non, lui raconte Nelson, le jour fatidique où les noms doivent être dévoilés, personne n'a fait son travail. et sur photo, ils ne s'en sortent pas mieux.
alors en fin de compte le militaire les invite à une promenade pendant laquelle ils doivent désigner les coupables. ceux-ci sont désignés au hasard. Pablo en fait parti et doit s'exiler.

avec un humour a nous faire éclater de rire, avec un savoir-faire diabolique, Mauricio Electorat nous raconte SA révolution contre Pinochet. entre rires et larmes, mais beaucoup plus de rires que de larmes, il n'oublie jamais qu'il a été adolescent, même si cette adolescence il l'a vecue sous la dictature Pinochet !!

pour finir j'ai envie de copier la fin de la quatrième de couverture, parce que jamais je ne saurais mieux conclure:
L'ironie dévastatrice, l'humour et la tendresse donnent le ton dans cette construction où les plans se superposent et tiennent le lecteur en haleine d'un bout à l'autre du récit. Le roman est écrit dans une langue brillante, changeante, un feu d'artifice de styles.

la rouge

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Les éditions

  • Sartre et la Citroneta [Texte imprimé] Mauricio Electorat traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg
    de Electorat, Mauricio Hausberg, Bertille (Traducteur)
    Métailié / Bibliothèque hispano-américaine
    ISBN : 9782864245483 ; 21,50 € ; 02/09/2005 ; 326 p. ; Broché
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Après l'exil

7 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 48 ans) - 25 octobre 2005

Voici un roman prometteur qui me laisse cependant un peu sur ma faim. Un texte fictionnel dans lequel se greffent pas mal d'éléments autobiographiques et c'est peut-être ce qui fait perdre de la force à ce roman. En tout cas à mes yeux. Je m'explique.
Mauricio Electorat est chilien; il s'installe à Paris lorsque la faculté universitaire dans laquelle il étudie veut le renvoyer pour cause de troubles de l'ordre public. Nous sommes en plein régime dictatorial, Electorat s'en va.
De cette époque, Electorat qui est encore bien jeune garde des souvenirs vifs et ça oriente son écriture et la trame du récit.

Dans son roman, il nous parle de Pablo, expatrié chilien qui rentre au pays pour l'enterrement de sa mère. Il y croise Nelson, un traître qui l'a vendu et contraint à l'exil.
En retrouvant son pays et cet ennemi de toujours, Pablo se plonge dans ses souvenirs. Quand il était un étudiant totalement conquis par les valeurs culturelles françaises. Tout en suivant les cours de la faculté de Lettres, Pablo fréquente les opposants au régime. De quoi se rendre compte que les théories de Sartre et autres intellectuels français ne s'appliquent pas forcément bien au Chili et qu'il est difficile de renverser un régime par la seule force des mots. Mais les armes... non, tout de même pas. Alors va pour les mots! Pour se donner force et courage, Pablo et ses potes rédigent de fausses lettres d'amitié et de soutien signées par des pointures comme Sagan, Sartre, Duras ou Montand. Si l'idée de départ est bonne, le résultat est parfois lamentable, complètement en décalage avec la situation sur place, les lettres ne font pas vraiment mouche.

Les parcours se mêlent et se confondent. Et ça me plaît moins que prévu. Je regrette le recul ressenti dans le roman, certainement très présent chez Mauricio Electorat qui a vécu une situation similaire à certains points de vue, mais trop imprégné dans ces lignes. L'humour et l'énergie déployés pour l'épisode des lettres par exemple se trouve quelque peu noyé par le regard désabusé et fataliste lancé sur le Chili d'aujourd'hui. Comme si les deux facettes de la vie de Pablo avaient du mal à cohabiter. Je me demande si je n'aurais pas préféré uniquement la voie drôle, en poussant le plus loin possible satirisme et cruauté pour dépeindre le régime dictatorial à travers les luttes étudiantes et les aberrations rencontrées dans la vie quotidienne.
Il n'empêche, l'écriture de Electorat est belle et élégante, le monsieur a du talent, c'est certain.

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