Trou de mémoire de Hubert Aquin

Trou de mémoire de Hubert Aquin

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Eireann 32, le 20 juin 2005 (Lorient, Inscrit le 7 novembre 2004, 76 ans)
La note : 9 étoiles
Visites : 3 910  (depuis Novembre 2007)

Labyrinthe et puzzle.

Intrigué par les opinions très tranchées de Aaro-benjamin G et de Libris Québécis,(par ordre alphabétique) j’ai voulu essayer cet écrivain. Le seul livre de lui disponible à la médiathèque est celui-ci. L’auteur me semble un personnage peu commun, que j’aime assez, mais qui a du poser des problèmes à la très catholique et conservatrice province du Québec. Ses convictions politiques et ses problèmes de cœur l’ont amené à créer «L’exil amoureux» mais pas n’importe où :en Suisse, d’où il sera expulsé, puis en France. Il paraît d’une grande érudition médicale mais en profitait pour abuser de produits illicites.
J’aime également son goût pour la peinture et ses nombreuses remarques sur le tableau «Les Ambassadeurs» de Hans Holbien ou sur les dessins de Dürer.
Ce n’est pas un roman policier, bien que nous sachions que le narrateur a assassiné Joan, mais un long monologue sur l’Afrique, la vie, le sexe et les changements de personnalités des acteurs de ce livre (le tout dans les années 1960). Faire un résumé me semble très difficile car l’action se passe sur plusieurs continents avec plusieurs narrateurs.
J’ai pensé à James Joyce et à Flann O’Brien durant ma lecture, Joyce pour les inventions linguistiques «je profuse comme une grenade incendiaire, j’éclate de partout, je vésuve de plus en plus », «La poussée sexofuge se diffuse à mes propres extrémités ».
Quelques mots glanés dans le glossaire : Agace-pissette(?) :femme qui se plaît à aguicher les hommes, dépothéose ou bien encore désamé :crevé.
O’Brien (Le troisième policier)pour les notes de bas de page qui sont «de l’éditeur» comme le mystérieux De Selby qui intervient lui aussi en bas de page pour embrouiller encore un peu plus le lecteur et pour l’éclatement du récit.
Les personnages ont de multiples facettes, s’imbriquant peu à peu dans la compréhension du texte.
La lecture n’est pas de tout repos, entre les notes en fin d’ouvrages (235 pour 220 pages), les appendices, les notes d’éditeur et l’usage de l’anglais car Joan était anglophone, tout semble fait pour décourager le lecteur.
Le paradoxe de ce livre est que l’on est heureux de l’avoir lu, content de l’avoir fini et perplexe à l’idée d’en parler. A lire, mais il faut avoir plein de temps devant soit et un moral à toutes épreuves.

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