Sommet des dieux (Le), tome 4 de Yumemakura Baku (Scénario), Jirō Taniguchi (Dessin)

Sommet des dieux (Le), tome 4 de Yumemakura Baku (Scénario), Jirō Taniguchi (Dessin)
( Kamigami no itadaki)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Manga

Critiqué par Shelton, le 4 avril 2005 (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 68 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 121ème position).
Visites : 6 173  (depuis Novembre 2007)

Dieu ! que c'est haut ! Dieu que c'est beau !

Les mangas sont des livres qui font peur. C’est comme ça et vous n’y pouvez rien. Cette peur est née des stupidités que la France, sous l’influence de Dorothée, a importées dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix et il faudra encore beaucoup de temps avant que cet état d’esprit ne change….
Et pourtant, tous les mangas ne sont pas si mauvais… Je dirais même que parfois ils nous enchantent, nous surprennent et nous apportent tant de bonheur de lecture que nous en restons ébahis…
Jirô Taniguchi commence à être connu chez nous… Enfin, chez nous, je veux dire dans notre microcosme de la bédé franco-belge… Il faut dire que depuis 2000, et la publication de cette histoire en trois volumes, Le journal de mon père, publication en français, au format habituel chez nous, dans notre sens de lecture, tout avait été fait pour faire de Taniguchi le plus européen des auteurs de Mangas. Depuis, Quartier lointain, L’orme du Caucase, L’homme qui marche ou, plus récemment, Terre de rêves… sont venus compléter son œuvre en langue française. Et nous sommes nombreux à avoir succombé aux charmes de sa narration, de son humanisme, de sa patte…
Mais, il fallait aller plus loin, comprendre cet homme, le lire avec les yeux du curieux de tout, avec des yeux qui oublieraient leur «occidentalité»… Comment faire ? Par où prendre le problème ? Je posais, lors du dernier festival international de la bande dessinée d’Angoulême, la question à Dominique Véret, spécialiste du manga et éditeur chez Delcourt (Akata) et il me répondit, sans hésiter : Il faut lire Le sommet des dieux !
Mais voilà, cette histoire c’est 6 volumes d’environ 300 pages, et en sens de lecture japonais ! Les quatre premiers seulement sont traduits à l’heure actuelle, mais ce n’est pas rassurant pour autant… Alors, j’ai attendu un peu et j’ai fini par craquer…
Quel bonheur ! Cette œuvre, il n’y a pas d’autre mot pour définir ce travail de qualité, nous prend dès la première page et nous emmène là-bas, non là-haut ! Toujours plus haut ! Le sommet des dieux c’est un peu comme le roman Premier de cordée de Frison-Roche. D’ailleurs Jirô Taniguchi a commencé par lire le roman éponyme de Yumemakura Baku, puis a entrepris une adaptation en bande dessinée…
L’histoire est simple, simpliste pourrait-on dire. Un homme, un photographe de montagne, un accompagnateur d’expédition se retrouve à Katmandou… Il vient de vivre un échec, une expédition qui n’est pas arrivée en haut, là où le souffle des dieux règne… Mais il va découvrir par hasard un appareil photographique, un vieil engin qui aurait pu être celui de … Non, c’est trop extraordinaire ! Ce n’est pas possible ! Il lui faut cette relique, il lui faut de l’aide pour reprendre l’histoire de cet alpiniste… et l’histoire vous attrape et ne vous lâche pas…
On va ainsi, de page en page faire la connaissance de Habu, l’alpiniste japonais qui se lance des défis et qui veut toujours faire plus, qui ne vit que pour se dépasser… Mais est-ce lui le héros ? Ne serait-ce pas plutôt Fukamachi Makoto, ce simple preneur d’images, qui se retrouve pris au piège dans le froid, l’altitude et le manque d’oxygène ?
Non, le héros c’est peut-être Jirô Taniguchi pour avoir entrepris un tel récit, raconter la montagne et les hommes en quelques dessins en noir et blanc…
Le sommet des dieux est avant tout un magnifique roman en bédé qui met en évidence ce qu’est, avant tout, ce mode narratif : un mode hybride qui mêle, astucieusement, au gré des humeurs des auteurs, textes, dessins et bande son…
A lire… A lire… A lire… Le plus vite possible, goulûment, avec avidité et curiosité, sans hésiter, bref, à consommer sans modération pour se réconcilier avec les mangas !

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Les éditions

  • Le sommet des dieux [Texte imprimé] oeuvre originale, Yumemakura Baku dessins, Jirô Taniguchi [trad. et adapté par Sylvain Chollet]
    de Taniguchi, Jirō (Illustrateur) Baku, Yumemakura (Scénariste) Chollet, Sylvain (Traducteur)
    Kana / Made in Japan
    ISBN : 9782871297215 ; 21,06 € ; 04/03/2005 ; 306 p. ; Broché
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Fabulossimossime !

9 étoiles

Critique de N@m0 (, Inscrit le 10 mars 2012, 28 ans) - 24 novembre 2012

Sans blague, vous manquerez votre vous si vous ne lisez pas ce livre. Dommage qu'il soit si peu connu. Outre le lieu où se déroule l'action et le sens de la lecture, on pourrait presque dire que c'est une BD. Moi qui, d'habitude, n'aime pas trop les mangas, j'ai été renversé par celui-ci.

Tout aussi grandiose que les précédents.

Excellentissime

10 étoiles

Critique de Pepito2 (, Inscrit le 17 septembre 2009, - ans) - 11 juin 2010

Dessins magnifiques, histoire envoûtante. Les personnages sont hauts en couleur et les paysages hors du commun.

Bellissimo!!!!!

10 étoiles

Critique de Wakayoda (, Inscrite le 12 septembre 2007, 44 ans) - 28 avril 2008

Cette fois, c’est la détermination de Fukamachi qui est belle et impressionnante car il veut suivre Habu. Notre personnage enquêteur devient le héros jusqu’à presque la fin mais en fait Habu parvient à tirer la ficelle le dernier. Ce tome est impressionnant car on est vraiment angoissé pour Fukamachi. Il y a plein de suspense où l’on se demande comment ils vont faire ? Habu va-t-il réussir ? Fukamachi va-t-il survivre ? Je ferme ce tome :
- avec rapidité pour pouvoir ouvrir plus rapidement le dernier tome de ces deux auteurs.
- On n’est pas serein quand à l’avenir de nos personnages
L’ascension de l’Everest est à la moitié avec plein de rebondissement à la fin de l’ouvrage. C’est encore beau dans tous les sens : dessins et scénario. C’est de l’art japonais qui est grandiose. Je n’ai jamais pris autant mon pied en lisant un manga-roman.

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