Amazone d'outre monde: Entre la mort et l'extase de Parme Ceriset

Amazone d'outre monde: Entre la mort et l'extase de Parme Ceriset

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Carmen P, le 6 novembre 2025 (Rennes, Inscrite le 20 janvier 2024, - ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (23 822ème position).
Visites : 948 

Amazone d'Outre-monde

Amazone d’Outre-monde de Parme Ceriset 
publié chez Tarmac éditions

Ce livre m’a rapprochée de la ligne d’horizon où mon regard peinait à distinguer ce que le mental était impuissant à imaginer.
Les images que j’en ai rapportées ne sont pas mirages mais conscience plus vive du vivant, a contrario des infos qui nous assaillent où la conscience est absente des pensées et des actes de nombre d’humains.
La littérature par le biais des légendes, des nouvelles originales ou par celui de la poésie nous offre une clef pour pénétrer en zone inconnue, parfois elle nous transmet des messages venus de l’Outre-monde. Oh, ce n’est pas le ciel, nous ne saurions en revenir, il s’agit d’ une zone intermédiaire Outre-terre, où se croisent les fils du destin et où le non créé teste des formes qui aspirent à la matérialité. Là, s’ébauchent aussi des pensées que le poète saisit en traversant cette zone avec le poids de ses expériences humaines. En cela il devient messager d’une parole qui ne peut que grandir car ses écrits nous reviennent vibrants et chargés de spiritualité.
Ils nous touchent par leur authenticité.


Dans son dernier recueil de poésie, « Amazone d’Outre-monde » Entre la mort et l’extase, la poétesse Parme Ceriset, nous apparaît comme une Amazone, elle va par mots et merveilles, traverse des vallées terrestres devenues champs de bataille où les rivières ne chantent plus, elle arpente les hauts plateaux afin de retrouver la pureté dont son souffle a besoin puis elle en revient avec la réalité d’un poème qui ne peut se contenter d’exister à la lisière des mondes. Il doit prendre corps, et c’est chargé des visions de l’Outre-monde, cet utérus sidéral, que la lucidité apparaît, nue, rugissante. Cette nudité telle celle d’une Lady Godiva (on en revient aux légendes) a la puissance du sabre, elle tranche de la mémoire terrestre toute la haine, toutes les horreurs qu’elle porte en elle et perpétue.
« Je défie la mort/.../Je décrocherai l’avenir à la voûte céleste. » p.17
Ce recueil est d’un grand lyrisme. La fougue du désir de vivre s’allie à tout ce qui dans la nature, animaux et végétaux, fait écho à notre propre énergie, à tout ce qui, comme le roseau, ne se brise pas face à l’adversité, et retourne à la verticalité après la tempête, ayant renforcé des liens invisibles que l’Amazone pressent.
Une écriture de soi faite de chair et de souffle où parfums et textures se mêlent et attestent d’une
re-connaissance mutuelle car tous nous sommes évanescentes présences sur terre et « rien ne déracinera / nos âmes de coquelicots plantées dans les nuages… »

La pensée de Parme est éminemment humaniste, écologique, elle ouvre un espace salutaire de vie où le souffle sauvage de l’esprit de Liberté efface toute faiblesse.


Carmen Pennarun, le 5 novembre 2025

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8 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 78 ans) - 14 janvier 2026

Je connais un peu Parme, j’ai lu plusieurs ouvrages qu’elle a écrit notamment ceux où elle raconte la très lourde opération qu’elle a subie, les périodes de doute et d’angoisse mais surtout l’espoir et la combativité qu’elle a toujours su garder au plus profond d’elle-même. C’est une formidable battante, je l’admire ! Dans ce nouvel opus, j’ai l’impression qu’elle essaie d’injecter à ceux qui souffrent le courage et la volonté qu’elle a eu lors de sa transplantation. Jean Azarel, dans sa préface énonce qu’elle « … écrit avec le sang versé des autres qu’elle transfuse dans l’écoulement du sien pour nous offrir une geste poétique à la fois universelle et hautement personnelle ».

Parme comprend que les humains doivent faire face à des violences venues des affrontements entre les hommes, « … // Il fait un temps de guerre, / Un temps de cerbère / … » mais aussi aux violences de la nature harcelée par trop d’intérêts différents tous aussi destructifs. « Eole s’emballe, / crache des rafales sur les navires et les stratus, / déracine les pins crochets. / … ». « … // Le blizzard balaie la poudre des instants / Les équidés s’affolent, les maisons s’enchevêtrent. / La vie est suspendue / … ».

Dans son texte, elle incite les êtres à ne pas succomber, à résister, à se battre comme les amazones de la mythologie, comme les femmes kurdes souvent en première ligne pour défendre leur sol et leur statut. Elle les invite à combattre sans jamais baisser les bras ni les yeux à faire face à tous les dangers de la guerre et de la nature en furie. « … / Le vent pourra souffler, / l’ouragan se déchaîner, / rien ne déracinera / nos âmes coquelicots plantées dans les nuages, / rien ne pourra porter atteinte à nos joies, / nos forces, / nos libertés, / … ».

Le vocabulaire qu’elle utilise dans ses poèmes pour motiver ceux qui doutent ou se plaignent est un Vocabulaire de combat marqué aussi par la musique. J’ai retrouvé dans de ce recueil le champ lexical qu’elle a parcouru dans un premier recueil de poésie, « Femme d’eau et d’étoiles » et dans son récit autobiographique où elle raconte sa transplantation : « Le serment de l’espoir ». Deux textes de combat et d’espoir qui sont le moteur de sa renaissance : « … / Je croirai encore en nos rêves / et à tous ceux déjà réalisés. Je croirai encore en l’Etre, / … ».

Ce nouveau recueil est, lui aussi, un texte de combat et d’espoir marqué par de nombreuses allusions mythologiques que l’auteure cite. Elle laisse aussi une place à la douceur et la sensualité qu’elle évoque en contrepoint à son langage de combat. Dans un propos recueilli par Jean-Yves Guigot, Elle dit : « La poésie est un acte de résistance contre le non-sens et la mort ». Ainsi va Parme, combattante avec ses mots face à toutes les épreuves de la vie, de la vie qui va doucement, paisiblement pour ceux qui savent et osent l’affronter. « … / Les jours, les mois s’écoulent. / Je parcours les catacombes / en déroulant le fil des mots. / … »

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