La forêt de flammes et d'ombres de Akira Mizubayashi
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
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l'art et la guerre
Un roman flamboyant, en parfait accord avec le titre, même si les flammes y désignent en fait les horreurs de la guerre. Ce qui flamboie tout au long de ce roman c’est l’art, qu’il s’agisse de peinture, de musique ou des belles lettres. Tout commence à la fin de l’année 1944, avant la reddition sans conditions du Japon. Celui-ci a envahi la Mandchourie et envoie sur le front de jeunes artistes censés remonter le moral des troupes. Parmi eux, Ren Mizuki, un jeune peintre, va refuser de se plier aux directives officielles, établies sous l’égide de l’empereur Hirohito, véritable dieu vivant auquel on ne peut désobéir. La sanction va être sévère et Ren, envoyé dans une zone de combats violents, va revenir mutilé, sans bras et avec une grave blessure à la tête le privant partiellement de la vue. La perte de la capacité à pratiquer son art va lui être épargnée, grâce à l’amour infini de son amie Yuki, une jeune fille, peintre également, rencontrée peu de temps auparavant et formant avec son copain Bin, violoniste de son état, un inséparable trio. Yuki va consacrer toutes ses forces à faire en sorte que Ren, malgré son état, devienne un grand artiste. Ses pieds, sa bouche et son corps tout entier vont être mis au service de son art pictural et lui permettront, au cours de sa brève existence, de réaliser quinze tableaux monumentaux, intitulés "La forêt de flammes et d’ombres", décrivant, à sa manière très particulière, mi-abstraite mi-réaliste, les horreurs de la guerre vécues en Mandchourie. Le récit porte sur cinq générations, avec comme fil rouge la chienne Hanna, figure tutélaire, protectrice du foyer, dont la longévité extraordinaire est expliquée en toute fin d’ouvrage, dans un épilogue censé être écrit en… 2035 ! Coquille ou note d’humour, venant conclure un roman par ailleurs réaliste, écrit avec soin, comme toute l’œuvre de cet écrivain japonais écrivant en français, véritable plaidoyer en faveur d’un art au service de la paix et hymne à l’amour éternel.
Les éditions
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La forêt de flammes et d'ombres [Texte imprimé], roman Akira Mizubayashi
de Mizubayashi, Akira
Gallimard
ISBN : 9782073119223 ; 21,00 € ; 14/08/2025 ; 288 p. Broché
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La culture contre la barbarie
Critique de CHALOT (Vaux le Pénil, Inscrit le 5 novembre 2009, 77 ans) - 21 janvier 2026
L’histoire commence à Tokyo en décembre 1944 quand trois jeunes étudiants, artistes tous les trois se rencontrent, se fréquentent et s’apprécient.
Un amour de jeunesse ne dure pas, dit-on…Dans cette histoire, il dure et même au-delà de la mort de Ren, peintre de talent qui après avoir été appelé « sous les drapeaux » est allé combattre en Mandchourie dans cette guerre commencée en 1931.
Ren a conquis deux amitiés, l’une avec une jeune peintre qu’il épousera et l’autre avec un musicien qui fera du chemin.
Comme l’écrira Jean-Paul Sartre, « c’est con la guerre ».
Ren qui va peindre sous ordres donnés se retrouve sur le front car sa penture n’est pas guerrière. Il va devoir combattre. C’est ainsi qu’il se trouve défiguré et privé de ses deux mains ainsi qu’une partie de ses bras.
Grâce à l’amour de Yuki, il vivra quelques années, assez pour continuer à peindre avec sa bouche et même ses pieds.
Cette amour et cette énergie partagée, c’est beau comme l’est cette nuit où Yuki s’offre à son mari et où tous les deux connaissent le summum du plaisir.
Ce livre écrit par un écrivain et universitaire japonais dans un français parfait nous montre que l’art est un recours contre la folie meurtrière des hommes.
L’art universel permet à toutes et à tous de s’affranchir des haines et des égoïsmes.
L’ami violoniste de Ren qui mourra très vieux pense comme Yuki et comme le pensait autrefois Ren. « Le violoniste nippon osait penser contre son pays, contre les siens, contre les despotes, contre les dogmes. » C’était un devoir d’humanité que tous les trois ont accompli !
Cette histoire tendre, culturelle, sociale est très émouvante.
Jean-François Chalot
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