Eugénie Grandet de Honoré de Balzac

Eugénie Grandet de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Fa, le 13 janvier 2005 (La Louvière, Inscrit le 9 décembre 2004, 46 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 16 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 398ème position).
Visites : 16 822  (depuis Novembre 2007)

Splendide

Je n'avais jamais lu de Balzac, je sais que c'est honteux, mais maintenant le mal est réparé et de quelle façon ! J'éprouve les plus vifs remords de ne pas avoir lu cet ouvrage avant.

Dans ce roman, assez court, nous découvrons le personnage d'Eugénie Grandet, jeune fille candide qui me fait penser un peu à Pauline Quenu, le personnage de la Joie de vivre de Zola. Eugénie va endurer toutes les corruptions du monde, à commencer par son père, incarnation de l'avarice et de la cupidité, par son entourage convoitant sa main et sa fortune et par son cousin, fils maudit de son oncle ruiné.

Mais le destin ne s'arrêtera pas là...

Un régal.

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Superbe

10 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 62 ans) - 30 octobre 2020

La vie d'Eugénie Grandet est bien curieuse. Son père, un despote, gère sa maison et ses affaires avec une rigueur militaire. Un horaire et une vie dignes d'un monastère cistercien.
Eugénie a 22 ans au début du roman. Sa vie, dans cette maison froide et sombre, est dédiée aux travaux, à la prière, à l'amour de sa mère et au respect de son père. La famille a une domestique NANON, courageuse et dévouée. Elle partage tous les secrets de la famille. Le père détient tous les pouvoirs, chaque matin il distribue la quantité de pain, de beurre, d'aliments et de bois pour la journée. Le chauffage n'est autorisé qu'à partir du premier de novembre.
La rigueur du quotidien est soudain bouleversée par la venue du cousin d'Eugénie. Un parisien dandy dont le père (frère du père Grandet) s'est suicidé pour éviter la honte de la banqueroute. La belle ordonnance imposée par le père va s'effriter dans la douleur.
Balzac arrive à composer un roman haletant. En composant le père Grandet il crée l'avarice sous son état le plus vil. Grandet ne recule devant rien pour satisfaire sa faim d'or et de possession. Il réduit son entourage à l'esclavage, profite sans remord de la situation de son neveu et devient l'incarnation du démon. Autour de lui papillonnent les saintes femmes, épouse asservie, fille apeurée, domestique dévouée. Une fois encore, après Ursule MIROUET, Eugénie est décrite comme la femme parfaite acceptant les ordres et les désirs des éléments mâles et les conventions sociales
Elle reste fidèle à ses engagements et prend l'image d'une sainte !
Excellent roman construit avec maitrise. Le lecteur est happé. De la grande littérature.



HISTOIRE DU ROMAN.

En 1833 Balzac rédige ce qui sera le premier chapitre intitulé PHYSIONOMIES BOURGEOISES" dans une revue nommée "L'Europe littéraire". Une suite est annoncée mais ne sera jamais publiée
En 1834 Balzac signe l'édition originale chez BECHET et comporte six chapitres.
En 1839 Seconde édition chez CHARPENTIER. Le texte est revu et augmenté.
En 1842 et 1849 Deux tirages Le roman connaît un succès exceptionnel
En 1882 Le manuscrit original est vendu. Gabriel Wells l'acquiert pour la Pierpont Morgan Library de New York en 1925. Il y est toujours actuellement.




LIEU DE L'INTRIGUE : ANGER, SAUMUR (commune où habitent les GRANDET)

PERSONNAGES :

Aucun personnage important d'Eugénie Grandet ne se retrouve ailleurs, sauf Charles Grandet qui reparaît brièvement sous un autre nom dans "La Maison Nucingen"

La chronologie romanesque comporte deux invraisemblances résultant des derniers remaniements opérés par Balzac. La première a trait à la date de mort de Mme Grandet : dans les éditions antérieures au Furne, Mme Grandet meurt en octobre 1820, et non en 1822 ; la deuxième concerne la mort de Félix Grandet, qui, dans l'édition définitive, meurt après le retour de Charles. Dans les éditions antérieures au Furne, Félix Grandet, ainsi que l'indique le manuscrit, mourait en janvier 1826 et Charles était de retour en juin de la même année.

– Eugénie GRANDET : le plus célèbre des personnages éponymes, avec Le Père Goriot. En bonne tradition romancière le titre annonce l'histoire de sa vie. Née en novembre 1796, Eugénie reçoit une pièce d'or de son père, à chacun de ses anniversaires (un placement, non un cadeau). Ses 19 millions de dot lui suscitent un prétendant, Gruchot de Bonfons, le neveu du notaire, dont elle sera veuve au bout d'un an. Il est question d'un remariage pour elle avec le marquis de Froidfond : la famille s'en occupe et commence à la « cerner ». Mais la passion qu'elle a pour Charles restera le seul événement de son existence, fortement marquée par le mimétisme paternel : « elle vit comme avait vécu le père Grandet ».

– Félix GRANDET : 40 ans en 1789 Le roman s'égaie des traits de son avarice, souvent cocasses. Mais son dernier geste, « épouvantable », pour saisir le crucifix en vermeil », est aujourd'hui inscrit dans la tradition culturelle.

– NANON : un prénom devenu non commun, un personnage à part entière dotée d'une réelle personnalité et qui aura une postérité littéraire, comme l'exemple parfait de la domestication (par assimilation) et comme archétype de « la servante au grand coeur » (Baudelaire, Lamartine, Flaubert, Proust). C'est à 22 ans, avant la naissance d'Eugénie, que la jeune gardeuse de vaches, dite la Grande Nanon à cause d'un physique de « grenadier » entre, pour n'en plus sortir, dans la maison Grandet. Le père Grandet l'exploite « féodalement » ; elle a pour lui reconnaissance et attachement - ils s'aiment à leur manière - Après sa mort, à 59 ans, elle épouse son garde-chasse et reçoit enfin un patronyme : Mme Cornoiller.

- Charles GRANDET, cousin d'Eugénie

PERSONNAGES AJOUTES A L'EDITION ORIGINALE

– Armande-Louise-Marie de CHAULIEU : Balzac raconte sa vie, de sa sortie de pension à sa mort, dans Mémoires de deux jeunes mariées (1842).

– Sophie GRIGNOULT (dite Florine)

– Guillaume GRANDET

– François KELLER. Banquierl : Le Député d'Arcis (1854) raconte sa carrière politique.

– Clément CHARDIN DES LUPEAULX : il incarne l'intrigant de haut vol. Son ascension sociale est racontée dans Les Employés (1838).

– Baron Frédéric de NUCINGEN : banquier juif d'origine allemande et l'une des grandes figures financières de La Comédie humaine. Il apparaît notamment comme mari de Delphine Goriot dans Le Père Goriot (1835).

– ROGUIN : banquier, conseiller peu scrupuleux.

Quand l'amour s'entremêle et se confronte à l'avarice

8 étoiles

Critique de Cédelor (Paris, Inscrit le 5 février 2010, 50 ans) - 21 février 2020

Et voilà, j’ai fini Eugénie Grandet, seconde étape de ma lecture globale de la Comédie Humaine de Balzac. Qu’en dire ? C’est une belle œuvre intéressante, qui ne se lâche pas facilement, à laquelle on prend plaisir à lire le déroulé de l’histoire et de ses personnages, surtout avec la belle plume sensible et profonde du grand Honoré qui nous gratifie de superbes descriptions psychologiques de la douce, pure et ignorante Eugénie, qui comprend peu ou mal le fonctionnement du monde autour d’elle et de son père, génie richissime des affaires et surtout avare comme pas deux, ne songeant qu’à amasser toujours plus d’argent, faisant peu de cas des sentiments des autres, y compris ceux de sa fille et de sa femme.

Le roman, en effet, tourne surtout autour de ces deux personnages, un père et sa fille. Un père pour qui l’argent est la valeur suprême, à laquelle tout est subordonné, même sa propre famille, qu’il étouffe d’une autorité accablante et méprisante. Et pourtant, sa fille, il l’aime quand même. Une fille pour qui l’amour est la valeur suprême, à laquelle tout est subordonné, et qui commence surtout par sa propre famille. Même son père, qui pourtant la traite sans tendresse, elle n’en continue pas moins de l’aimer, de l’admirer, de le chérir. Un troisième larron tente de s’intercaler entre les deux, le jeune cousin d’Eugénie, Charles, fils du frère du père Grandet, qui débarque un jour inopinément chez eux, comme par effraction. Avec lui, Eugénie découvre quelque chose d’autre et surtout l’amour. Ce nouvel amour la révèle à elle-même, la fait vivre au-delà de sa vie jusqu’ici étriquée. Mais Charles ne peut rester, il doit partir. Eugénie l’attendra, vivant d’amour et d’espérances.

Pour faire simple, voici en résumé ce qu’est l’intrigue de « Eugénie Grandet » de Honoré de Balzac. Et en effet, l’histoire est simple. Mais le grand Honoré, par son art savant, parvient à nous prendre à son intrigue et à nous intéresser à ses personnages et à ce qui leur arrive. Toute la force du roman provient du contraste entre le père, avare au cœur dur et la fille, prodigue au cœur sensible. L’auteur y déploie magistralement ses facultés d’analyse de l’âme humaine pétrie d’intérêts et d’illusions, et cette faculté s’étend sur tout un milieu bourgeois et provincial du début du 19ème siècle. Les humains, outre les Grandet père et fille, qui peuplent les pages de ce beau roman classique, n’en sortent pas grandis, mais Balzac ne juge pas, il se contente de les décrire tels qu’ils sont, non pas idéalisés mais réels, c’est-à-dire soumis pour la plupart à des désirs, des intérêts, des passions (comme le sont les humains à notre époque actuelle). Y compris Eugénie, qui au début semble parfois trop vertueuse pour être réaliste, surtout quand on voit l’âge qu’elle a dans le roman, 22 et 23 ans. Pourtant, Balzac saura modérer cette trop parfaite vertu, due surtout à l’isolement et le dénuement dans laquelle l’a fait grandir son avare de père, en la faisant apparaître pour ce qu’elle est finalement, une psychorigide de l’amour, qui se montrera toutefois plus généreuse de sa richesse que son père au cœur de pierre prisonnier de la manie de la thésaurisation égoïste et sans scrupules. Au final, ni l’un ni l’autre ne se libèrent de sa névrose personnelle, celle du père Grandet ayant nourri celle de la fille Eugénie.

de la bourgeoisie à la noblesse

10 étoiles

Critique de Darius (Bruxelles, Inscrite le 16 mars 2001, - ans) - 11 juin 2015

Je connaissais Honoré de Balzac (né Honoré Balzac) de ma scolarité mais je n’avais jamais lu Eugénie Grandet. J’ai eu l’occasion de le lire pour aider un adolescent et j’en suis très contente.

J’ai apprécié les descriptions de cette petite bourgade de Saumur où Félix Grandet est un notable qui cherche à marier sa fille à un beau parti. Deux prétendants s’affrontent, le fils du notaire et celui du banquier. Mais Eugénie jettera son dévolu sur Charles, son cousin venu de Paris. Avec ses beaux atours, ses manières raffinées, il conquerra le cœur de la belle. Mais c’est sans compter sur le père Grandet qui ne voit pas cette affaire d’un bon oeil, le fameux Charles étant ruiné !

J’ai trouvé l’écriture de ce livre très intelligente. Balzac décrit bien cette petite société provinciale qui cherche à s’enrichir après la révolution française et qui débute des transactions financières, difficiles à capter tout de même pour un lycéen, car on ne comprend pas très bien comment la fortune de Grandet se met à croître en rachetant des créances, des billets à ordre et en monnayant ses pièces d’or, ses vignobles et ses terrains.

Honoré de Balzac y met de son expérience dans ce roman, ayant lui-même travaillé dans un bureau notarial au cours de ses études et enviant beaucoup la noblesse, il se fera d’ailleurs ajouter le « de » à son nom de famille et il mettra tout en œuvre pour épouser sa maîtresse mariée, mais qui devenue veuve deviendra sa femme car elle porte un nom « noble ».


LE Balzac pour les scolaires

7 étoiles

Critique de Elya (Savoie, Inscrite le 22 février 2009, 32 ans) - 18 octobre 2012

Le plus gros avantage de ce récit de Balzac est qu'il tient plus de la nouvelle que du roman : peu de personnages, intrigue simplissime, nombre de pages relativement faible. Ainsi, nous avons le courage d'aller au bout, même si l'histoire ne nous plait pas.
Félix Grandet, personnage principal du livre, est en fait le Picsou de 19ème siècle. Son avarice n'a d'égal que son égoïsme ; sa femme et sa fille vivent dans une précarité détonante pour des gens de cette classe sociale. La ville de Saumur, son architecture, ses habitants, n'échappent pas à la plume descriptive de Balzac, parfois redoutée, souvent admirée. Cela n'alourdit pour une fois pas trop le récit.
C'est sans doute LE Balzac qu'on devrait faire lire aux collégiens / lycéens plutôt que Le père Goriot ; plus accessible, tout en respectant le style de l'écrivain.

Avarice et amour

3 étoiles

Critique de Judas (, Inscrite le 7 février 2012, 27 ans) - 8 mars 2012

Je viens de terminer "Eugénie Grandet". En résumé, le roman parle de l'avarice de Mr Grandet, et de l'amour de sa fille "Eugénie " pour son cousin Charles. Cette amour pousse Eugénie à tenir tête à son père et le juger. Ce conflit entre père et fille rend gravement malade Madame Grandet, qui finit par succomber à sa maladie. Malgré l'attente d'Eugénie pour son amour parti faire fortune après la faillite de son père, son cousin en revenant de l’Inde (qui après certaine expérience a fort changé et a oublié la promesse d'un amour éternel fait à Eugénie) épouse Mlle d'Aubrion. Et ainsi la pauvre fille finit par se marier avec Mr Cruchot, et devient veuve à 33 ans.
Les points positifs de cette oeuvre, c'est que Balzac entame le roman avec la description du village de Saumur et du quotidien de ses villageois. Tout en restant assez simple et sans trop de détail. Ensuite, il nous parle des personnages, donne des informations sur les parcours de Mr grandet, sa femme et la servante Nanon. Avec ses passages biographiques, ça permet aux lecteurs mieux comprendre l'histoire, et d'y plonger plus facilement.
Cette oeuvre n'est pas que littéraire, c'est aussi une forme de documentaire historique. Ca reflète bien la vie à cette époque, après la révolution française. Le clergé vend ses terres et les biens de l'état. C'est ainsi que les qu'une nouvelle stratégie économique est née, très bien décrite dans ce roman (les échanges en or, les intérêts, les dettes pour les créanciers, les investissements...etc. )
Sans oublier qu'il traite les deux sujets qui dominent toutes les pensées humaines "l'argent et l'amour". Il y a un affrontement entre ces deux puissances. En on en sort avec deux belles moralités. La première, c'est que l'argent est un bon serviteur mais un mauvais maître. Cela se voit par le changement de Charles, et la despotique du père Grandet en fonction de l'argent. la seconde c'est que l'amour est un sentiment qui est ancré chez chacun, qu'il soit un coup de foudre pour un amant ou bien que ce soit un amour naissant pour sa femme, ou encore pour une bonne vieille amie fidèle. Sans oublier le dévouement et l'amour de dieu ; le seul qui résiste même à la mort, et qui nous accompagne toute au long de notre vie.
Néanmoins, le court roman, reste pas très passionnant, à cause de la platitude des évènements, ainsi que leurs raretés. Et de la vie monotone des personnages. L'auteur s'est replié dans la description des objets et leur place dans certaines scènes, tel que le sucrier, la boite de Charles, l'or d'Eugénie. .. etc Et la description des rites (l’allumage du feu ; les déjeuners ; les soirées loto. .. etc )
Et on remarque à travers l'oeuvre, que Balzac n'a pas fait d'offre littéraire pour démarquer un style particulier. Et mal construction du texte, et de la chronologie des évènements, et cela avec la description précipitée de certains évènements, qui sont censés s'écouler sur plusieurs années.
le roman se termine donc par un bémol. Même si on n’a pas l'impression d'avoir perdu son temps en le lisant, on ne pourra pas le classer parmi ses meilleurs.

Eugénie Grandet

8 étoiles

Critique de Ravachol (, Inscrit le 24 octobre 2010, 38 ans) - 17 février 2012

Roman sur l'avarice et la naïveté, "Eugénie Grandet" est un véritable documentaire sur une époque où spéculateurs et négociateurs ont la part belle.

"Eugénie Grandet" s'ouvre sur une description de la ville de Saumur, petite ville de province où tout se sait. Les commerces sont à dimension humaine et la vie quotidienne est rythmée par les ragots. Balzac insiste également, en décrivant le père Grandet", sur la réputation d'un homme riche en province.

Et faut dire que le père Grandet est plutôt riche, tellement riche que sa fille Eugénie est convoitée par deux familles qui entrevoient une union prometteuse. Mais le père Grandet cache sa fortune à sa fille et à sa femme, fait preuve d'une avarice excessive.

L'arrivée du cousin Charles, fils d'un négociant en faillite, va chambouler tout cela. Le père Grandet se montre rustre avec lui alors que Eugénie et sa mère s'en occupent un peu plus.
Mais cette arrivée va faire connaitre l'amour à Eugénie, un amour fatal...

Outre la description de la nouvelle bourgeoisie provinciale ( et notamment les négociations du Père Grandet qui fait semblant de bégayer pour paraître faible), le roman de Balzac est un véritable documentaire qui décrit l'émergence des négociants contrastant avec une noblesse appauvrie. Le mariage du cousin Charles avec une noble qu'il n'aime pas le démontre bien. Les nouveaux riches aspirent à devenir noble et les nobles convoitent l'argent des fortunés.

Conséquence directe de la Révolution Française, cette nouvelle donne économique est très bien décrite dans ce roman où l'Argent avec un grand tas est omniprésent. Seule Eugénie ne semble pas souillée par cet argent.

Un roman court mais bon.

Foin des avares et des avaricieux !

8 étoiles

Critique de Millepages (Bruxelles, Inscrit le 26 mai 2010, 62 ans) - 4 décembre 2011

Ancien tonnelier et vigneron excellant dans ses métiers, le père Grandet est devenu immensément riche et gère désormais sa fortune avec maîtrise.

Mais son âme est restée très pauvre, car plutôt que de faire bénéficier sa famille de ses impressionnants avoirs, il la maintient dans une condition misérable en faisant mine d'être bien peiné de ne pouvoir lui offrir une condition plus confortable.

Pire, il est décidé à offrir sa fille au plus offrant et les familles Cruchot et Grassin ne reculent devant aucune courbette, aucune flatterie, aucun cadeau pour tenter de s'attirer les faveurs du patriarche et le convaincre d'accorder la main de sa future riche héritière de fille à l'un de leurs fils.

Mais la belle Eugénie s'amourache de son cousin Charles et restera fidèle à cette seule et unique passion, envers et contre tous les plans, projets et autres spéculations à son sujet.

La générosité de l'âme s'oppose ici au calcul et à l'avarice dans un contraste saisissant.

Par sa pingrerie maladive, le père Grandet aura gâché les vies de sa femme et de sa fille, deux femmes dignes et silencieuses dans leur drame.

Un beau portrait de la société du temps de Balzac, qui trouvera son prolongement dans "La comédie humaine".

Une sombre farce sociale

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 44 ans) - 20 octobre 2009

Un peu à la manière de Claude Chabrol, parfois avec des relans rappelant Groland, Balzac aime bien croquer la bourgeoisie de province, comme la société parisienne. C'est ici la première qui trinque le plus. Cette galerie de portraits inscrits dans une vie rétrécie par l'avarice et la sécheresse du père de famille fait grincer des dents. Elle est certes moins sordide que dans le Curé de Tours, mais met quelque peu mal à l'aise. Ces personnages fortement marqués psychologiquement, presque schématiques, apparaissent déformés.
Cet ouvrage comporte de grands moments de bravoure, d'ironie patente, mais il faut être d'humeur et avoir un humour compatible pour pleinement apprécier ce roman.

Très bonne lecture !

8 étoiles

Critique de Lolaki (, Inscrite le 10 octobre 2009, 28 ans) - 10 octobre 2009

C'est le premier livre de Balzac que j'ai lu ,et j'ai plutôt aimé. La première partie du livre m'a ennuyée, car, fidèle à sa réputation, Balzac a décrit très précisément les lieux et personnages principaux. Mais dès que l'action a commencé, j'ai été embarquée dans cette histoire, et je me suis attachée à l'héroïne. Par contre, je n'ai pas du tout apprécié le personnage du père d'Eugénie. Quel avare ! Mais on le découvre plus humain à certains passages du livre, tout de même.
Sinon j'ai trouvé la fin un peu trop triste, mais elle convient bien au personnage d'Eugénie. Je pense que beaucoup de monde peut lire ce livre, il n'est pas si compliqué !

Avare? vous avez dit avare???

8 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 40 ans) - 1 février 2009

S'il est moins connu que Harpagon, Félix Grandet est quand même un des meilleurs exemples d'avares dans la littérature, sa femme, sa bonne et sa fille, Eugénie, lui sont entièrement dévouées et lui obéissent aveuglément, jusqu'à l'arrivée de Charles, le cousin et par amour pour ce dernier Eugénie va défier son père, la scène du sucrier: acte de rébellion très grave au prix que coûte le sucre !!!

Marcel Aymé avait trouvé la phrase: "Simenon c'est Balzac sans les longueurs." Sans à tout prix rapprocher les deux auteurs, cette phrase n'est pas totalement fausse, car Simenon, à mon avis, aurait pu aussi écrire "Eugénie Grandet", car Balzac et Simenon, dans leurs romans, donnent une description de la société et du mode de vie (moeurs) de leur siècle.

"Eugénie Grandet" décrit avec pertinence la période de la Restauration (1816-1826) Les personnages des les Grassins et des Cruchot se livrant à une guerre sans merci pour devenir la belle-famille de la riche héritière. Si Balzac ridiculise ses personnages c'est pour mieux dénoncer. Le livre se lit bien et il est plutôt court (250 pages dans mon édition). Sans m'avoir fait crier encore au génie pour Balzac "le Colonel Chabert" et "Eugénie Grandet" me donnent envie de poursuivre ma lecture de Balzac.

Mon premier Balzac

9 étoiles

Critique de Opalescente (, Inscrite le 8 novembre 2005, 39 ans) - 8 octobre 2008

Une histoire simple et belle.
C'est par ce livre que je devais, à quatorze ans, entamer ma lecture de Balzac. D'autres vinrent, beaucoup moins passionnantes...
Eugénie est une jeune femme simple, sincère et attachante. Elle aime et se donne toute entière à ce sentiment. Mais Eugénie est aussi très naïve, et sa générosité ne sera pas payée de retour...
Une écriture limpide et très accessible au service d'une histoire mélancolique.
Malheureusement quelques évènements sont prévisibles et viennent quelque peu gâcher l'histoire, mais ce livre demeure un excellent souvenir d'adolescence.

Du bon et du moins bon !

6 étoiles

Critique de Prince jean (PARIS, Inscrit le 10 février 2006, 48 ans) - 24 juillet 2008

J'avoue que si je ne me suis pas ennuyé en (re)lisant ce petit roman de Balzac, je n'ai pas eu d'émotion particulière.
le sujet est clair et l'étude psychologique simplissime.

dès les premieres pages, après la merveilleuse description de la ville de Saumur, les personnages principaux sont définis et ne sortiront jamais du schéma rigide dans lesquels Balzac les a enfermés.
les gentils sont les gentils, les purs sont les purs et les salauds sont les salauds. point barre.
aucune évolution des caractères, aucun nouvel éclairage au fil des pages.
l'attitude du neveu est prévisible; le chagrin l'avait pour un temps rapproché de sa cousine mais l'argent l'a corrompu.

bref, un livre très bien fait, agréable à lire, les bonnes recettes de Balzac, mais pas de sublime à la Flaubert !

La force de l'habitude

8 étoiles

Critique de Oxymore (Nantes, Inscrit le 25 mars 2005, 50 ans) - 2 novembre 2006

Après avoir accumulé une jolie petite fortune, Félix Grandet décide de marier sa fille Eugénie; le jour des 23 ans d'Eugénie Mr Grandet orgainise une fête auxquels sont conviés les Cruchot et les Grassin, deux familles rivales qui souhaitent marier leurs fils respectifs à la fille du riche Félix Grandet.
Las, un troisième convive est invité, Charles Grandet, séduisant cousin de Paris qui ne laisse pas Eugénie de marbre et qui porte à son oncle une lettre écrite de son père. Charles apprend donc par la voix de son oncle que son père est décédé et lui laisse un grand nombre de créances à payer; Félix devient fou de rage et refuse à Eugénie cet homme qui risque de le pousser à la ruine.
Eprise de Charles et désireuse de combler son chagrin et ses soucis financiers, Eugénie décide de lui donner tout son stock de pièces de collection afin qu'il puisse accomplir son rêve: partir voyager vers les Indes.
Bien sûr Balzac connait bien cet art de l'écriture qui consiste à ménager la chèvre et le choux quand il s'agit de sentiments amoureux; aussi la suite du roman ne nous ménage guère et l'épilogue est un véritable tableau de maître qui expose parfaitement la loi de l'honneur et le poids réel qu'a eu Félix Grandet sur le destin d'Eugénie.
Bref du pur Balzac, classique certes mais d'une force réelle.

Brisons le mythe!

2 étoiles

Critique de Giny (Casablanca, Inscrite le 26 avril 2005, 34 ans) - 27 avril 2005

Sincèrement j'ai trouvé ce livre non seulement mal construit et mal écrit(évidemment, ayant écrit plus de 85 livres, Balzac n'a pas eu le temps de travailler son style...., mais ce n'est pas une excuse: de la qualité avant la quantité!).L'histoire est tout aussi ennuyante et inintéressante, on croirait lire un sous sous manuscrit de Zola...On a souvent dit que Zola était le disciple de Balzac, mais le contraire eut été plus judicieux.Je mets 1 pour le nombre de livres écrits...

le plus facile...

9 étoiles

Critique de Yaki (reims, Inscrite le 21 janvier 2005, 45 ans) - 21 janvier 2005

Ce bouquin c'est le seul de Balzac que j'ai réussi à lire jusqu'au bout... C'est le plus accessible je pense ! et c'est vrai que l'histoire est vraiment très intéressante !

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