Rendre l'âme mais à qui ? de Daniel Birnbaum

Rendre l'âme mais à qui ? de Daniel Birnbaum

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 11 juin 2024 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 77 ans)
La note : 8 étoiles
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Sous l'oeil du poète

Dans ce recueil publié dans la collection Microcactus de Cactus inébranlable éditions, Daniel Birnbaum que je découvre à l’occasion de cette lecture, évoque sa vision du monde dans des « textes … très courts mais très pleins, d’humour, de surprises, d’anecdotes, d’absurde, de poésie, de jeux de mots, … ». Il joue de la langue française, comme d‘autres jouent du violon, en usant volontiers de textes burlesques, de réflexions incongrues, en jouant sur le sens des mots ou expressions, en construisant des combinaisons de mots homonymes pour donner un autre sens à certaines formules consacrées.
Les mots, il les aime beaucoup, notamment certains qui lui parlent particulièrement comme : « J’aime ce mot, contrecoeur. / Surtout quand il s’agit du tien ». Il pratique aussi volontiers l’usage de formules inversée pour donner un autre sens à des expression très souvent usitées, comme : « … L’un montrait un tapis d’aiguilles et l’autre cherchait la botte de foin cachée dedans ».

Le regard qu’il porte sur le monde ne manque pas de lucidité, il est souvent satirique, empreint d’ironie et même d’une certaine forme de désespérance devant la bêtise humaine. « Deux groupes s’affrontaient. Ceux qui mourraient pour leurs idées et ceux qui tuaient pour leurs idées… ». Et pourtant, il pense qu’avec un peu plus d’intelligence, de patience, de sagacité, de bienveillance, …, l’homme dispose des moyens nécessaires à une meilleure organisation de sa vie sur terre. « Le courant est pour les poissons. Le vent pour les oiseaux. Il y a certainement quelque chose pour nous aussi. Mais nous ne savons pas le voir. Nous devrions le chercher ».

Au moment de conclure, après que la petite lui ait demandé : « Tu n’as pas bientôt fini d’écrire des bêtises ? » et qu’il ait répondu : « Si, vois, c’est terminé à la prochaine page ». « Mais je ne voudrais jamais arrêter »… Les mots c’est comme une drogue quand on y a goûté on ne peut plus s’en passer que ce soit pour les écrire ou pour les lire… « Pourquoi gâchons-nous si bêtement un monde si beau ? ». Peut-être juste une question d’acception de la différence … ?

Il a placé ce petit texte en exergue à ce recueil mais comme je voudrais le garder en moi, je mets à la fin en conclusion pour mieux m’en souvenir. « L’absurde est un pied de nez à la certitude / l’humour un pied de nez à la suffisance / alors marchons sur la tête ! »

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