Pleure, ô pays bien-aimé de Alan Paton

Pleure, ô pays bien-aimé de Alan Paton
(Cry the beloved country)

Catégorie(s) : Littérature => Africaine

Critiqué par Saint Jean-Baptiste, le 31 mai 2024 (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 88 ans)
La note : 10 étoiles
Visites : 324 

Civilisations contrastées.

Au début du XXème siècle, l’Union Sud-Africaine comptait deux millions de colons blancs venus d’Europe et huit millions d’Africains. Ces Africains vivaient en tribus, dans les territoires que leur avaient alloués les colons au terme de combats sanglants. La ségrégation raciale, « l’apartheid », était alors un fait acquis. Mais plus tard, de gigantesques mines d’or avaient été découvertes et bientôt les Blancs ont eu besoin de la main-d’œuvre noire pour les exploiter. L’apartheid, dans les faits, avait cessé d’exister.
Ce préambule était nécessaire pour se rappeler la situation en Afrique du Sud, au moment où se passe ce livre, dans les années cinquante du siècle dernier.

A cette époque, le fils d’un pasteur d’une tribu lointaine avait quitté son village natal pour vivre à Johannesburg. Mais, poussé par la misère, il avait mal tourné. Son père se décide alors à aller le rechercher. Arrivé à Johannesburg, il retrouve des membres de sa tribu qui ont répondu à l’appel des sirènes de la ville… Toujours à la recherche de son fils, le pasteur parcourt les quartiers mal famés, les bidonvilles des banlieues et va de découvertes en découvertes.
N’en disons pas plus pour ne pas déflorer cette belle histoire qui ne manque pas de suspense.

Ce qui est très intéressant dans ce livre, ce sont les tribulations du pasteur à la découverte de Johannesburg, une ville artificielle, créée pour l’exploitation des mines et peuplée d’une population mélangée, avec des Blancs qui sont riches mais vivent dans une peur permanente et des Noirs déracinés qui vivent d’expédients, de rapines, et de trafics en tout genre.
Mais le pasteur n’est pas revanchard, c’est un apôtre de la paix ; il fait aussi la rencontre d’autres pasteurs missionnaires et de Blancs idéalistes qui, comme lui, veulent établir une paix entre ces populations d’origines si diverses.

Après avoir parlé de la vie dans la ville, l’auteur nous parle merveilleusement de la vie dans les tribus. Il nous parle des travaux de la terre et des élevages qui permettent aux populations indigènes de survivre, toujours aux limites de la pauvreté. Pourtant on sent, dans tout le récit, la volonté de certains fermiers blancs, en accord avec les chefs des tribus et les pasteurs indigènes, d’améliorer les choses dans un idéal de partage, de justice et de paix.

Ce roman est vraiment passionnant et très instructif. C’est un grand roman. L’histoire est très bien racontée. Dans les situations pénibles, l’écriture s’élève au niveau de la tragédie et dans la description des paysages l’écriture est pleine d’une merveilleuse poésie.
L’auteur, qui est Sud-Africain, est anglophone mais parle aussi le zoulou ; il nous restitue magnifiquement les dialogues des gens des tribus qui ont la saveur particulière des palabres africaines. (Il faut féliciter la traductrice qui a traduit certaines tournures de phrases, du zoulou en français, en gardant la saveur des mots).
Ce très beau livre est un classique du genre, il aborde un sujet de premier intérêt.

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