Cahiers Albert Camus, tome 1 : La Mort heureuse de Albert Camus
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Une recherche vers " l'étranger "
Il s’agit ici d'un roman publié dans les « Cahiers Albert Camus » après la mort de l’auteur et jamais terminé par lui.
Il est considéré comme une première réflexion ayant préparé « l'Etranger », tout en étant fortement différent.
L'histoire en est fort simple. Le héros, Patrice Mersault, tue Zagreus, homme impotent cloué dans un fauteuil d'infirme depuis des années, mais très riche et ayant son argent chez lui. Zagreus provoque presque son assassinat en développant sa théorie que le meurtre est acceptable dans la mesure où il pourrait amener au bonheur. Patrice Mersault va se dire que cet homme n'a plus rien de sa vie et que le tuer n’est donc pas si grave. En plus, l’argent que celui-ci possède va lui permettre à lui d'atteindre le bonheur. Le bonheur c’est le temps, et pour avoir le temps qui mène au bonheur, il faut l’argent. La boucle est fermée. Patrice Mersault tue donc Zagreus, part à Prague et voyage un peu en Europe. Il reviendra en Algérie où il vivra son « bonheur ».
Camus écrit : « Sans colère et sans haine, il ne connaissait pas de regret. » Il jouira donc pleinement de l'argent de Zagreus, à sa façon, et cet argent lui permettra d’atteindre ce que lui estime être le but final : une certaine mort. Après tout, mourir est la finalité pour tous mais toute les morts ne se ressemblent pas. Il y a « La mort heureuse » !
On sent bien que ce livre est inachevé, mais beaucoup d'auteurs auraient aimé en avoir écrit un comme celui-là…
Les éditions
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La Mort heureuse [Texte imprimé] Albert Camus introduction et notes de Jean Sarocchi
de Camus, Albert Sarocchi, Jean (Editeur scientifique)
Gallimard
ISBN : 9782070277896 ; 24,00 € ; 15/04/1971 ; 240 p. ; Broché -
La mort heureuse [Texte imprimé] Albert Camus
de Camus, Albert
Gallimard / Collection Folio
ISBN : 9782070402465 ; 6,90 € ; 05/01/2010 ; 171 p. ; Broché
Les livres liés
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- Albert Camus, éditorialiste à L'Express, mai 1955-février 1956
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- Camus à Combat
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Mortellement ennuyeux
Critique de Tetef (Tarare, Inscrit le 24 février 2013, 51 ans) - 31 mai 2015
Le passage du livre que je retiens : "Ne me faites pas dire que l'argent fait le bonheur. J'entends seulement que pour une certaine classe d'être le bonheur est possible (à condition d'avoir du temps) et qu'avoir de l'argent c'est se libérer de l'argent.".
Autre version de L'Etranger
Critique de Stradivarius (, Inscrite le 7 février 2015, 82 ans) - 17 mai 2015
Le bonheur à quel prix !
Critique de Dudule (Orléans, Inscrite le 11 mars 2005, - ans) - 12 janvier 2010
Un bref résumé : Patrice Mersault, employé pauvre, fait la connaissance d’un riche infirme, Zagreus, présenté par Marthe, leur maîtresse commune. Mersault tue Zagreus dans des circonstances qui lui assurent l’impunité et s’empare de sa forturne. Il part en voyage, visite Prague et revient à Alger par Gênes. Là, il vit heureux. Il va s’installer seul dans le Chenoua dans une maison face à la mer. Il y tombe malade et meurt. Il a appris que le bonheur est volonté, et il meurt heureux.
La volonté du bonheur
Critique de Kinbote (Jumet, Inscrit le 18 mars 2001, 65 ans) - 16 août 2005
Le roman est encadré par deux morts, celle de la victime qui décède de mort violente et celle de son assassin, Meursault, qui meurt de maladie, mais comme l’annonce le titre, de manière heureuse car il était parvenu à un état de bonheur que même la mort ne pouvait entamer. Etrange roman car on ne comprend pas de suite ce que gagne Mersault à commettre ce crime, sinon pour l’argent qu’il substitue à sa victime. Après le meurtre (maquillé en suicide) d'un ami handicapé, pour lequel il n’est pas le moins du monde inquiété, il fait un voyage en Europe centrale et revient à Alger via l’Italie. Il fréquente alors une maison (la « Maison devant le monde ») occupée par trois étudiantes, la quitte, décide de se lier avec une femme et tombe malade.
Ciel, mer, monde, ces vocables sont présents à chaque page ; ils maintiennent Mersault comme en élévation ; leur constant rappel atteste que rien de la vie matérielle, sentimentale (il est peu sensible aux marques d’affections amoureuses ; Mersault est ce qu’on peut appeler un homme à femmes : « Je risquerais d’être aimé, et ça m’empêcherait d’être heureux. ») ou amicale (le meurtre de son ami ne lui procure aucun sentiment de culpabilité) ne peut vraiment le toucher. « Conscient et pourtant étranger, dévoré de passion et désintéressé » comme le qualifie Camus.
Ce qui le retenait d’apprécier pleinement la nature, sa solitude, son rapport constant au monde et à soi, c’était ces huit heures de travail, littéralement tuantes, et rien d’autre. En ce sens, ce roman possède une puissante charge politique car le meurtrier n’est pas puni pour son crime, il trouvera même le bonheur.
« Avoir de l’argent, c’est avoir du temps. Je ne sors pas de là. Le temps s’achète. Tout s’achète. Etre ou devenir riche, c’est avoir du temps pour être heureux quand on est digne de l’être. »
Une bonne dose de condescendance est présente, ai-je trouvé, dans les critiques de ses amis au sujet de ce roman non publié. On peut penser que leurs réactions auraient été autres si le livre avait été publié... J’ai relevé cette note à propos de la fin assortie de quelques corrections sur le manuscrit : « Les dernières phrases du roman ont fait l’objet d’une mise au point laborieuse ». Laborieuse !? Comme si toute fin de roman n’était pas un moment à soigner particulièrement.
Certes on a le sentiment que le roman est difforme, mal dégrossi même au niveau du style qui multiplie à l’envi les vocables cités plus haut et un modèle de phrase récurrent.
Galop d’essai pour l’écriture de ses romans suivants ? Pas seulement. Même s’il est établi que, par la suite, Camus parviendra à l’essentiel.
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