Les eaux du Danube de Jean Mattern

Les eaux du Danube de Jean Mattern

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par TRIEB, le 31 janvier 2024 (BOULOGNE-BILLANCOURT, Inscrit le 18 avril 2012, 72 ans)
La note : 8 étoiles
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LA HONGRIE AU CORPS

Clément Bontemps, personnage principal du roman, est un individu marqué par la routine, les habitudes sécurisantes, le lien à une bonne famille lyonnaise. Il est marié à Madeleine, depuis bientôt vingt ans. Le couple s’est installé à Sète. Clément vit au rythme des ouvertures à horaires fixes de sa pharmacie ; aucune surprise, aucun impondérable ne sont susceptibles d’enrayer cette belle mécanique.
Tout cela va craqueler, comme la terre en proie à une secousse sismique de grande intensité.
Un dialogue entamé avec Georges Almassy, professeur de philosophie qui enseigne à Matias, le fils de Clément.
Cette conversation, interrompue, puis reprise au cours d’autres rencontres entre Clément Bontemps et Georges Almassy, révèle à Clément beaucoup de faits nouveaux : l’origine de ce professeur : « Mes parents ont réussi à s’enfuir en 1956. J’avais huit ans. Et Almàsy György s’est effacé devant Georges Almassy. Tour de passe-passe. Jusqu’à devenir le prof de philo de votre fils Matias. »
Mais ce sont les révélations sur la propre biographie de son épouse, Madeleine, qui vont déstabiliser Clément. Ce dernier supposait bien une origine étrangère à sa mère, en raison de la présence d’un très léger accent dans son élocution. Georges Almassy révèle dans un deuxième temps les origines de Madeleine et sa date d’arrivée en France : « Votre mère ne s’appelait pas Hélène (…) Elle s’appelait Ilona Ferenczi (…) ».
Clément apprend alors que sa mère est arrivée en France En 1945, en s’évadant de Hongrie par la traversée du lac Balaton, proche de la frontière autrichienne.
Ce professeur de philosophie, très calme et factuel, conclut ces conversations par une révélation concernant Clément Bontemps lui-même. Ce fait nouveau le rattache définitivement à la Hongrie et à l’Europe centrale. Il est le fils « d’un homme dont personne ne m’avait jamais parlé, d’un jeune homme mort dans une cellule quelque part dans le sud-ouest de la Hongrie, d’un homme nommé Jôseph Ferenczi. L’homme qui fut le premier amour de ma mère. »
Ce roman rappelle, accessoirement, les drames de cette partie de l’Europe, longtemps oubliée car située du mauvais côté du rideau de fer divisant le continent européen durant la guerre froide. Il est aussi un bel hommage à l’œuvre de Franz Schubert, plus précisément à la Fantaisie D 940. C’est enfin une illustration des pouvoirs de la littérature, quand elle dévoile des vérités souterraines ;

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