Le jardin d'acclimatation de Yves Navarre

Le jardin d'acclimatation de Yves Navarre

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Léonce_laplanche, le 11 novembre 2004 (Périgueux, Inscrit le 22 octobre 2004, 85 ans)
La note : 2 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (45 795ème position).
Visites : 5 262  (depuis Novembre 2007)

Dinosauresque !

C'est une histoire de famille !
Plus particulièrement celle de la famille de Henri Prouillan, ancien ministre, notable, "bourgeois", qui a parfaitement réussi sa vie sociale et professionnelle, mais qui a foiré tout le reste, et en particulier les domaines affectifs et familiaux.
Mon opinion ne portera pas sur l'auteur que je ne connais pas, et qui par ailleurs écrit bien, avec beaucoup de détails et d'acuité. Elle portera sur le sujet du livre, que j'ai trouvé totalement inintéressant.
Voilà une assemblée qui n'engendre pas une folle sympathie ! Entre l'épouse décédée, la sœur, les quatre enfants, les concubins, les petits enfants. on se retrouve tout de suite avec 14 personnages,...et je ne compte pas la bonne et le chien!
A moins de prendre des notes on ne s'y retrouve pas !
J'ai lu une petite moitié. et j'ai arrêté!
Un tel livre ne se lit plus aujourd’hui ! D’ailleurs même Amazon ne le vend plus !

PS : Ce livre a obtenu le prix Goncourt... il y a pas mal de temps, mais la revue "Lire" le classe parmi les Goncourt les plus faibles !

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La famille de la honte

9 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 39 ans) - 28 août 2021

En lisant deux des avis ici présents, au-dessus et en-dessous de ma critique, j'ai eu des craintes quant à ma lecture de ce roman de Navarre, je pensais que le roman serait réussi, mais ces avis vraiment méchants à son encontre m'ont fait hésiter. J'ai quand même lu le livre et j'ai eu raison de le faire, car c'est une belle réussite, pas forcément super facile à lire (la structure est un peu particulière, et puis le sujet...), mais qui mérite totalement son Goncourt, récolté en 1980.
L'histoire d'une famille entachée par un acte honteux, la lobotomie faite, sur ordre du père ministrable (et futur ministre), sur le plus jeune de ses enfants, Bertrand, 20 ans, homosexuel, et ce, afin de le "guérir" de son penchant sexuel qui ne cadre pas avec la bienséance familiale. 20 ans plus tard, Bertrand est toujours vivant, fantôme dans son corps, tandis que les siens (père, frères et soeur...) semblent, en fait, vivre normalement. Le père, surtout, car les frères et la soeur sont, eux, plutôt marqués par cet acte dégueulasse et honteux... et l'anniversaire de la date de la lobotomie, 9 juillet, arrive...

Homosexuel lui-même, ce qui, compte tenu du sujet de ce roman, n'est pas anodin, Yves Navarre signe un grand roman, sorte de fresque familiale parfois un peu ardue, mais que l'on lit avec passion. Vraiment, je ne pige pas l'avis principal sur le site et la première critique éclair...

Règlement de comptes à Moncrabeau ...

8 étoiles

Critique de Homo.Libris (Paris, Inscrit le 17 avril 2011, 55 ans) - 8 mars 2014

Famille Prouillan, vieille souche de propriétaires terriens, originaire de Moncrabeau, Gascogne, installée dans les beaux quartiers haussmanniens de l'ouest parisien. Henri, le patriarche, grand bourgeois, haut fonctionnaire, ministre gaulliste de la cinquième république. Cécile, femme effacée. Suzy, sœur aimante, mariée à un dramaturge juif, espèce de Courteline au succès mitigé, brocardant le bourgeois pour faire rire … les bourgeois. Quatre enfants, Luc, Sébastien, Claire, et Bertrand… Bertrand, le vilain petit canard, celui qui n'entre pas dans le moule conventionnel de la famille bourgeoise. Bertrand qui fustige tout ce petit monde de son impertinence. Bertrand, garçon sensible. Bertrand, dix-sept ans, amoureux de Romain, de plus de dix ans son aîné. Romain poussé au suicide par le chantage au détournement de mineur par Henri Prouillan…
Trois ans plus tard, mille neuf cent soixante, Bertrand est reçu brillamment à l'École Normale. Neuf juillet de cette année, Bertrand a vingt ans, juste le jour où il rentre de Barcelone, après avoir subi une trépanation, officiellement pour "tumeur au cerveau". A cette époque, la Suisse et l'Espagne pratiquent la lobotomie censée "guérir" de l'homosexualité. Bertrand a accepté et cédé à l'ultimatum de son père. Les autres n'ont rien dit. Personne. Neuf juillet, père, mère, tante et oncle, frères et sœur, et pièces rapportées, attendent Bertrand pour célébrer cet anniversaire, mais … Bertrand n'est plus qu'un légume.
Vingt ans plus tard, neuf juillet mille neuf cent quatre-vingt. La famille Prouillan est éclatée, écartelée depuis vingt ans, depuis ce fameux jour. Des mariages se sont défaits. Cécile, la mère, est décédée. Claire est veuve. Et les petits-enfants ont grandi. Bertrand est à Moncrabeau, la maison ancestrale, sous la surveillance d'une famille de réfugiés républicains espagnols, gardiens de la propriété. Chacun de son côté, chaque membre de cette diaspora pense à ce 9 juillet de 1960, à ses conséquences, aux non-dits familiaux… Il aurait suffit de presque rien pour que tout le monde soit heureux. Mais ce presque rien, personne n'a jamais osé le dire, ni le faire … Henri Prouillan a réussi sa carrière, mais il a raté tout le reste. Et chacun de ses enfants, exception faite de Bertrand évidemment, analyse, vingt après, les conséquences désastreuses de leur silence couard sur leurs vies, leurs familles, leur fratrie....

Voilà j'ai fait de mon mieux. Mais il est difficile de résumer 391 pages d'une telle densité, d'un telle charge émotionnelle.
J'ai lu ce livre il y a une vingtaine d'année. A l'époque, il m'avait profondément marqué. Je l'ai relu dernièrement car j'ai été sidéré des deux critiques négatives laissées sur ce site pour cet excellent roman…
Un tel livre ne se lit plus aujourd'hui (?), et bien, c'est dommage. Navarre est un virtuose du mot, comme une partition mozartienne où chaque note est à sa parfaite place, ici chaque mot est judicieusement choisi et positionné avec une précision métronomique, quasi-diabolique. Changez une virgule et la symphonie sera bancale. Le jardin d'acclimatation est une étonnante étude de mœurs, une dissection familiale, façon Chabrol, mais avec la verve de Navarre, un auteur écorché vif !
C'est vrai, il y a quatorze personnages principaux, je pourrais même écrire quatorze caractères (pour faire un jeu de mot franco-anglais !). C'est dur à suivre ?… Quel calvaire ça a du être pour lire "Les Misérables" ou s'y retrouver dans les "Rougon Macquard" ! C'est d'autant plus compliqué, que le récit du Jardin d'acclimatation n'est pas linéaire. Le présent et les diverses phases du passé s'entremêlent sans arrêt… Navarre va et vient dans la vie et les sentiments de ses personnages avec une maestria impressionnante.
Plus personne ne lit "ça" aujourd'hui (?), vous avez raison, aujourd'hui la littérature est verrouillée par des plumitifs publicitaires. Psittacismes et approximations règnent en maîtres, et les mots inutiles autant qu'incertains fleurissent ("en même temps" "du coup" "bien évidemment" ; nous ne communiquons plus, nous ne correspondons plus, "on échange"). Les romans s'écrivent à coup d'aphorismes émétiques et de sentences diarrhéiques, tout en paillettes et en superficialité, de la poudre aux yeux pour lecteurs d'auteurs "vus à la télévision" … Continuez de lire vos placards publicitaires, nous continuerons de lire nos romans littéraires ! Quand on confond Goncourt et Nobel !... Quant au mensuel "Lire", je suis désabonné depuis que Houeltruc a eu leur Grand Prix pour les Particules Alimentaires !
Certes, Le jardin d'acclimatation est une étude de moeurs d'une époque révolue... Mais pas si lointaine que cela, et, pour plagier le grand Churchill, j'ajouterai qu'il ne faut pas oublier les leçons de l'Histoire, car c'est se condamner à la voir se répéter !

"Composition française (par Bertrand Prouillan) : le Jardin d'Acclimatation. Thèse : forces et manières d'acclimater. Antithèse : dangers. Synthèse : nous sommes tous nés dans ce jardin […]. On arrive toujours dans le même ordre. Mais on finit par en perdre un. Je suis perdu […], et je me perds.
(à son frère Sébastien) Je ne peux aujourd'hui que t'offrir ce jardin dans lequel nous grandirons sans le savoir, sans le vouloir."

Vieilllot

3 étoiles

Critique de Lovelyvirginie (, Inscrite le 22 septembre 2005, 45 ans) - 14 mai 2006

J'ai trouvé ce livre, dans une maison que j'ai restaurée.
Piquée par la curiosité du titre et l'aura "prix Nobel", je me suis lancée dans sa lecture...
Il est bien écrit, mais ennuyeux et inintéressant au possible.
Plus personne ne lit ça aujourd'hui, et j’aurais dû le laisser à sa place: sous un tas de poussières !

Lovelyvirginie

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