Boire la lumière à la source de Parme Ceriset

Boire la lumière à la source de Parme Ceriset

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par JPGP, le 27 janvier 2023 (Inscrit le 10 décembre 2022, 76 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 098ème position).
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Parme Ceriset et les empreintes d'éternité.

Parme Ceriset nous emporte en des "flots gorgés de soleil après l’orage". La respiration et le monde s'ouvre à l'éternité et fait de nous des insouciants..

Tout se transforme en un appel à l'espérance et au doux désir de durer lorsque l'être devient "une étoile fondue à l’univers" selon une cosmogonie particulier où l'éther tient lieu de loi et de foi.

Les poèmes demeurent la déposition "de mille paillettes de sève / sur les fleurs perlées d’une rosée luisante". S'inscrit ainsi une auréole de vie rêve que l'auteur nous fait partager fidèle en sa croyance à un univers pacifié d'un paradis perdu mais retrouvé.

Jean-Paul Gavard-Perret

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Sur le chemin de la résurection

8 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 76 ans) - 28 mars 2023

Francis Gonnet, le préfacier de ce recueil de poésie, cite cette phrase pour introduire son propos, je me permets de la reprendre car elle exprime très bien l’intention de Parme au moment de rédiger les poèmes qui composent ce livre. « Boire la lumière à la source, s’en emplir nos mains blessées, laisser l’eau de vie se répandre et chasser l’obscurité de nos entrailles souffrantes ». Je connais un peu Parme, les trois livres que j’ai lus, en disent beaucoup sur sa souffrance, sa lutte, ses espoirs et sa renaissance, elle a subi une transplantation des poumons qui l’a laissée longtemps dans la douleur mais elle a pu renaître et raconter son histoire en prose ou en vers dans plusieurs ouvrages.

Dans ce présent recueil, j’ai retrouvé son combat, ses angoisses, ses peurs, ses craintes mais surtout ses espoirs, sa lutte, son triomphe sa renaissance qui emplissent ses vers : « Dans le miracle bleu de l’aube, / notre souffle reprend vie, / une lueur d’opale / irrigue à nouveau nos joues / nous revenons de l’ombre / et du sommeil de la nuit / … ». « Nous devons notre salut aux étoiles / A la lisère de l’écume / luisent le regard des anges, / nos poumons se déploient / et nous revenons à la vie … ». « Renaître au ciels roses de l’enfance / aux joies cueillies dans le regard des aimés, / aux lueurs des temps insouciants, / à l’éternité … ».

Elle veut s’ouvrir à un monde nouveau, vaste, immense, sans limite, pour y jouir du moment. « L’air sent l’espoir et la vie / dans la prière immortelle / de l’instant ». Comme, pour après le temps la douleur et de la souffrance, prendre un grand bain de fraîcheur dans l’explosion de tous ses sens. « Le jour de marché, / Les fruits explosent de couleurs, / les olives exhalent leurs saveurs, les rires s’impriment sur les pavés du village, / l’eau sous le pont agite ses draps turquoise, de printemps ». Elle sait le chemin qu’elle a parcouru pour sortir de l’ornière et retrouver le grand air dont elle emplit ses poumons nouveaux. « A celui qui revient de l’apocalypse / chaque grain de soleil est émerveillement, /chaque pas est victoire sur l’éphémère, chaque regard est foyer ardent, / chaque goutte, marée céleste, / chaque joie célèbre / l’éternité de l’instant ».

Dans ses vers, Parme parcourt son itinéraire de rédemption, elle est arrivée au terme de son chemin de croix, elle doit trouver une nouvelle route qui la conduira vers des espaces qui lui étaient impossible d’atteindre avant, avant la greffe, avant de franchir tous les obstacles qui se sont dressés au travers de ce parcours de résurrection. Ce texte, plein d’enthousiasme, de joie, d’élan est un formidable message d’espoir pour tous ceux qui, comme Parme, doivent surmonter des épreuves difficiles et douloureuses pour retrouver le chemin de la vie.

« S’évaporer dans l’air du soir, / n’être qu’une étoile fondue dans l’univers, / un parfum de fruit dilué dans l’éther, / un rêve dans un océan d’espoir ».

Une quête d'immortalité

10 étoiles

Critique de El Gabal (Strasbourg, Inscrit le 10 janvier 2022, 34 ans) - 13 février 2023

"Boire la lumière à la source" comme pour mieux se faire fidèle à la pureté de son éclat, à ce point du jour où le chant atteint sa quintessence, dans la splendeur du matin et toujours au souvenir de la nuit constellée d'étoiles. Parme Ceriset nous livre ici, avec ce nouveau recueil, une traversée poétique où la vie s'adosse à l'espoir et où il s'agit de murmurer "dans l'air de la nuit" "la prière immortelle de l'instant". Car il en va d'une célébration de la vie, de l'amour et du cosmos à travers cette quête qui vise à remonter "à la source du temps" afin de toucher et d'embrasser "l'immortalité" : celle qui se donne à voir à travers toute la beauté de la nature, celle qui se donne à entendre à travers tout chant qui célèbre le mystère d'être au monde, et celle que l'expérience érotique ouvre "dans l'immortel jardin du temps". Le chant de la poétesse ici est aussi pur qu'épuré : les images sont tout à la fois transparentes et mystérieuses, fidèles à cette claire énigme qu'est la vie et où il s'agit désormais de se dépouiller de nos ailes pour aller "nager dans le soleil", comme un rappel de la toute puissance du logos au regard de notre finitude originaire. Ce recueil est une très belle découverte. Il s'inscrit dans la continuité des précédents et reste marqué du sceau lumineux de la plus vive espérance. Il forme en définitive un "sentier qui mène à l'aurore" après la traversée de la nuit...

Julien Miavril, Strasbourg

Une mythologie solaire et rimbaldienne

10 étoiles

Critique de Paul.p75 (, Inscrit le 30 janvier 2023, 44 ans) - 30 janvier 2023

Ce recueil est époustouflant de beauté. Le style, sobre et fluide, est à la fois lumineux et grave. L'auteure interroge la condition humaine dans tous les contrastes qui caractérisent la vie terrestre, dans ce qu'elle a d'éphémère, de douloureux mais de sublime aussi. Elle cueille sa liberté dans "le ciel noir, grand mystère incrusté de diamants" et des "brins d'éternité" sur la "robe blonde des champs et dans l'éclat limpide des cieux". Les éléments naturels comme les cascades et les rochers deviennent des refuges de l'immuable et du sacré. Il y a aussi, au fil des pages, une cosmogonie étrange, presque une mythologie solaire et pourtant en partie sombre, un soleil noir qui n'est pas sans rappeler Rimbaud, fils du soleil. L'eau et la lumière, chez Parme Ceriset, rejoignent, par la puissance de ses mots, la mer et le soleil de "l'éternité" rimbaldienne.

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