La dérision de Henri Troyat
Catégorie(s) : Littérature => Francophone

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La dépression
Je n'attendais pas Henri Troyat dans ce registre. Pour moi, son origine le plaçait dans la veine des écrivains exilés qui élaborent leur littérature sur la base des souvenirs de leur pays d'origine.
C'est donc une surprise que de découvrir ce petit roman, La Dérision, dans lequel l'écrivain d'origine russe raconte la vieillesse d'un écrivain raté, victime de son insuccès.
J'ai beaucoup aimé ce récit raconté à la première personne de Jacques Levraut, autrefois membre de l'intelligentsia parisienne et soudainement tombé en disgrâce du fait d'une caractère autodestructeur. Ses proches d'ailleurs l'ont bien cerné: "A la moindre contrariété, au lieu de rebondir, tu te délectes dans le désespoir. Tu gâches ta vie par veulerie, par complaisance avec toi-même! Ta paresse est stupéfiante! Tu te traînes et tu bailles du matin au soir, comme si tu avais peur d'agir."
Jacques se sent différent, il n'appartient pas à cette société qui ne le comprend pas et qu'il dénigre. Et quand Dido, sa maîtresse, revient insensiblement vers son mari, on sait que plus rien ne le retient à ce monde. La citation de Chamfort annonce déjà une issue malheureuse: "vivre est une maladie dont le sommeil nous soulage toutes les seize heures. C'est un palliatif. La mort est le remède".
Tout cela n'est pas très joyeux ni positif. Henri Troyat parvient à en faire un roman sans prétention mais très agréable et fluide et qui permet de mesurer la déchéance morale d'un être qui n'a jamais songé à se réformer.
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