La carte postale de Anne Berest

La carte postale de Anne Berest

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Bernard2, le 7 octobre 2021 (DAX, Inscrit le 13 mai 2004, 75 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 648ème position).
Visites : 1 668 

Un livre poignant

Tout part, début 2003, d’une carte postale où ne figurent que les quatre prénoms de personnes mortes à Auschwitz.
Qui a envoyé cette carte ? Que s’est-il passé ? De par ses recherches, l’autrice remonte la filière, retrouve des témoignages déchirants de l’horreur des camps de concentration, de la trahison des dirigeants de Vichy.
Puis, avec l’aide d’un détective, elle interroge des habitants d’un village où ont vécu les personnes mentionnées sur cette carte. Peu à peu, la lumière se fait.
Cette lecture suscite une forte émotion, on revit un passé particulièrement douloureux, pour arriver à la période actuelle où des éléments jusque là dissimulés refont surface. On vibre, on tremble, on souffre, l’écriture est parfois très dure, violente comme l’a été cette époque qui doit rester gravée dans la mémoire collective.
Pour que l’Histoire n’oublie pas.

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Le passé incarné

8 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 56 ans) - 12 mars 2023

L’auteur parle de sa famille et de ses origines. La famille Rabinovitch est juive et russe. Elle a émigré après la révolution et a atterri en France après quelques détours. Emma et Ephraïm ont tout fait pour être naturalisés français et être intégrés, mais la guerre les a rattrapés. Leurs plus jeunes enfants, Noémie (19 ans) et Jacques (17 ans) ont été arrêtés et tués dans les camps, tandis que Myriam, l’aînée, tout juste mariée, échappait à la déportation. Ensuite, les parents ont été à leur tour déportés et tués.
Aujourd’hui, Anne, la petite-fille de Myriam, retrouve une étrange carte postale adressée à sa grand-mère qui ne comporte que quelques prénoms : ceux de ses aïeux juifs morts en déportation. Sa grand-mère est morte, après avoir souffert d’Alzheimer. Intriguée, elle entreprend une enquête pour retrouver l’auteur anonyme de la carte. Pour ce faire, elle doit déterrer un passé que peu ont désiré soulever, en premier lieu sa mère. Ce lourd passé plane sur cette famille avec ses ombres et ses peurs, mais sous une épaisse couche de silence. Cette enquête oblige Anne à s’interroger sur ce que signifie encore aujourd’hui l’identité juive, sur les brimades qu’elle suscite encore, sur l’héritage transmis inconsciemment. Elle permet à Anne de déterrer les secrets de sa famille et de comprendre son histoire.
J’ai été interpellée de voir à quel point les juifs se sentent encore victimes aujourd’hui de rejet, de discriminations et de préjugés. Cela me paraît aberrant ! Et je trouve toujours intéressant de décortiquer comment le passé et les ancêtres peuvent encore influer sur le psychisme de leurs descendants.
L’auteure nous emporte dans son histoire et l’enquête se fait passionnante. La surprise de la fin est la cerise sur le gâteau.

Un bon et beau roman

10 étoiles

Critique de Anika (, Inscrite le 24 décembre 2013, 62 ans) - 18 août 2022

Un bon et beau roman d’Anne Berest, une histoire vraie, la sienne.
Anne Berest revient sur l'histoire bouleversante d'une partie de sa famille, juifs émigrés en France, arrêtés par la police française et déportés à Auschwitz où ils ont été gazés.
C'est sous forme d'enquête qu'elle raconte cette histoire, à partir d’une carte postale reçue anonymement, une histoire qu'elle a réellement vécue avec sa mère…
Elle fait en sorte d'éviter de tomber dans le pathos, ce qui en l’occurrence a dû être hautement difficile, mais elle en s'en sort bien.
C'est émouvant, bien écrit, l’œil glisse facilement...
Et même si on connaît l’histoire de la Shoah, il s’agit ici de l’histoire intime d’une famille, avec son parcours, ses migrations, ses anecdotes. Au lieu de parler de "ces" Juifs globalement et de façon impersonnelle, ici on rencontre des individus qui ont un nom et un prénom, une identité, une histoire, des histoires, on entre au cœur d’une famille, dans son intimité… Et ça change tout.
Anne Berest a par ailleurs, pour grands-parents (une autre branche donc, rien à voir avec sa famille juive) Francis Picabia et Gabrièle Buffet (pas mal !) sur lesquels elle a écrit, avec sa sœur Claire, un précédent roman "Gabriele", auquel je vais m’attaquer.

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