L'exilée de Pearl Buck

L'exilée de Pearl Buck
(The Exile)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Tistou, le 14 avril 2021 (Inscrit le 10 mai 2004, 65 ans)
La note : 7 étoiles
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Histoire de sa mère

»Pearl Buck est née à Hillsboro, en Virginie (Etats-Unis), en 1892. Elle a trois mois quand ses parents missionnaires l’emmènent en Chine, où elle grandira en apprenant le chinois avant sa langue maternelle. Adolescente, elle séjourne aux Etats-Unis pour compléter ses études, puis revient en Chine. En 1917, elle épouse le missionnaire américain John Buck, avec qui elle parcourt la Chine du Nord pendant cinq ans. »

Et L’exilée n’est pas un simple roman de plus sur la Chine qu’a connu intimement Pearl Buck, c’est, ni plus ni moins, romancée (à quel point ?), l’histoire de sa mère, Carie.

»Parmi les images qui traversent ma mémoire, j’en choisis une qui la représente le mieux. Je prends celle-ci : elle se trouve au milieu du jardin américain qu’elle a planté au cœur sombre d’une cité chinoise, sur le bord du fleuve Yangtsé. Elle est dans le plein épanouissement de sa maturité, une femme vigoureuse, très droite, avec un port magnifique et des mouvements libres, debout sous le grand soleil de l’été. »

C’est, sous un nouvel angle, un nouveau témoignage de l’intérieur de l’évolution de la Chine en ces moments charnières et dramatiques de la première moitié du XXème siècle (il parait d’ailleurs que Pearl Buck jouit d’un crédit considérable en Chine dans le domaine de la connaissance de la société chinoise de l’époque et est même considérée comme une auteure chinoise !). Un nouvel angle qui est celui de l’arrivée d’une américaine en « terra incognita » chinoise dans le cadre d’une « mission ». Et celui de l’éducation d’une petite fille américaine, elle-même, dans cette société chinoise (pour autant qu’on puisse parler à l’époque « d’une » société chinoise).
A vrai dire sa mère se comportera plus en « soignante » des pauvres que missionnaire, rôle dévolu à son Andrew de mari. Dichotomie sur ce plan.
La vie est très dure en ce pays pas développé où l’hygiène n’existe pas et Carie va perdre ses nouveaux nés les uns après les autres, peu ou prou. Elle va devoir déménager régulièrement au fil des postes proposés à son mari, véritable crève-cœur parfois de quitter un lieu où elle avait fini par se faire une place et un habitat qu’elle avait fini par modeler à sa convenance …
Eclairage puissant sur la société chinoise du début du XXème à l’aube de bouleversements considérables, ainsi que sur la condition des femmes – et là je parle des femmes occidentales, américaines en l’occurrence – ce roman n’est en rien didactique. C’est un geste de mémoire et d’amour envers sa propre mère que Pearl Buck a réalisé avec L’exilée, avec ses moments magiques et les nombreux drames qui émaillèrent la vie de Carie.

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