Un bref instant de splendeur de Ocean Vuong

Un bref instant de splendeur de Ocean Vuong
(On Earth We’re Briefly Gorgeous)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone , Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Pucksimberg, le 13 mars 2021 (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 42 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (14 057ème position).
Visites : 1 656 

Un très beau roman

Ce roman est vraiment troublant. Ocean Vuong est reconnu comme poète et « Un bref instant de splendeur » est son premier roman, texte qui a séduit une grande partie de la critique. Je l’ai trouvé très réussi.

Ce texte se présente sous la forme d’une lettre qu’un fils adresse à sa mère. Par ce biais, l’on suit l’existence de ce jeune homme qui est narrée avec sincérité et simplicité. Il vit sur le sol américain et est issu de l’immigration vietnamienne. Sa mère, fille de paysanne et d’un militaire américain, tient un salon de manucure. Elle est aimante tout en pouvant être brusque parfois. La guerre du Vietnam ne semble pas terminée, ou du moins elle a laissé des traces indélébiles dans l’esprit des deux personnages féminins que sont la mère et la grand-mère de ce narrateur. Aux souvenirs de son enfance et de son intégration dans un pays alors que les femmes de sa famille ont connu le déracinement, c’est aussi son éveil sensuel, amoureux et sexuel avec un garçon qu’il conte et la place qu’occupera l’écriture dans son existence …

Ce roman possède de grandes qualités tant dans le contenu que dans le style de l’auteur. L’écrivain narre son histoire avec justesse. Certaines scènes sont vraiment belles, d’autres dures. Certains passages restent gravés dans la mémoire comme cette scène de pédicure avec une femme handicapée ou bien les passages concernant les animaux. Rien n’est embelli, tout est décrit avec authenticité, ce qui rend ce texte vraiment troublant. L’histoire d’amour est belle, elle n’est pas classique et emporte l’adhésion du lecteur. Il y a un souffle incroyable dans ce roman, sans doute celui des grands romans, ceux qui sont bien construits et qui ont une écriture singulière. Le style poétique donne de la profondeur à son récit. La première partie qui repose sur la répétition « La fois où … » permet de s’enfoncer dans l’histoire familiale du narrateur. Puis viennent les chapitres où les passages marquants s’enchainent. Et il y a cette courte partie où des paragraphes courts semblent s’envoler sous la plume d’Ocean Vuong.

Ce roman est beau, à l’image de son titre. Il remue le lecteur et donne à voir une humanité que l’on n’a peut-être pas l’habitude de voir. L’écrivain évite les clichés et déjoue souvent les attentes du lecteur. Cet écrivain nous permet d’aller au-delà de la violence et des addictions et de voir la beauté qui se cache derrière …

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Une œuvre dense et poétique.

8 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 57 ans) - 15 novembre 2022


Dans un récit profond, dramatique et empreint d’émotions fortes, le lecteur va être forcé à s’engager dans un investissement mental afin de suivre cet auteur particulièrement inspiré.

Océan Vuong, est le petit-fils de Lan et le fils de Rose, est un enfant de cette guerre où on a déversé plus de bombes que durant toute la précédente qui pourtant avait été mondiale. Une famille sans père qui vit dans un pays impitoyable pour les faibles.

Et c’est cette mère qui est au centre du bouquin, femme courage, illettrée, déracinée dans cette Amérique où elle devra se battre pour permettre que son fils puisse trouver une place.

Au travers d’une écriture d’une poésie rare, l’auteur va décrire le drame de cette existence où l’ostracisme va être le quotidien.
Un livre ardu, complexe et d’une grande richesse qu’il ne faut pas seulement lire, mais dans lequel il faut s’investir.

Je l’ai commencé trois fois, et ce n’est qu’à la dernière tentative que j’ai pu presque le traverser entièrement, mais je l'ouvrirai à nouveau pour découvrir encore et encore son épaisseur.

Entre douleur et douceur, entre détresse et tendresse

8 étoiles

Critique de Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, - ans) - 5 mai 2022

La lettre d'un fils américano-vietnamien à sa mère, lettre que celle ci ne pourra pas lire car bien que vivant aux Etats Unis, elle est analphabète et sait à peine s'exprimer en américain .

Un livre confession où s'entrecroisent des épisodes de l'histoire familiale liée à la guerre du Vietnam et les souvenirs d'une enfance difficile : un père absent, arrêté par la police , une mère aimante mais sujette à des accès de violence, la vie dans un quartier pauvre, en butte à l'ostracisme des autres enfants en raison de la couleur de sa peau. S' y mêlent aussi les étapes du passage à l'âge adulte marqué par la découverte de l'homosexualité, puis par celle de la littérature et de l'envie d'écrire .

Une oeuvre d'une grande puissance émotionnelle où alternent harmonieusement douleur et douceur, détresse et tendresse, peuplé des personnages attachants ( je pense en particulier à la grand mère et au grand père du narrateur ) .

Un ouvrage au contenu riche , mais quelque peu déstabilisant car il se présente comme un puzzle mêlant les temporalités sans souci de chronologie .
.
Il faut pour l'apprécier accepter la voix singulière de l'auteur et ses ruptures de ton, s'abandonner au magnétisme de son écriture aux qualités poétiques indéniables, se laisser bercer par la psalmodie enveloppante de certains passages .

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