La république du bonheur de Ito Ogawa

La république du bonheur de Ito Ogawa
(Kira Kira Yowakoku)

Catégorie(s) : Littérature => Asiatique

Critiqué par Débézed, le 22 août 2020 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 75 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (23 622ème position).
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Famille recomposée

Hatoko, Poppo pour ses amis, a repris, comme nous le savons depuis le précédent ouvrage, les activités de la librairie Tsubaki, notamment celle d’écrivain public. Dans ce nouvel opus, elle raconte sa nouvelle vie, elle a épousé Mitsurô le tenancier du café et en même temps le père de QP, Haru, une fillette de sept ans qui a été admise à l’école le jour où les deux amis se sont mariés. Elle veut avec son mari fonder une vraie famille, elle a bien adopté la fillette qui en retour l’aime beaucoup mais la nouvelle famille n’est pas encore réunie, les époux vivent dans les locaux attenant à leur commerce respectif, ne partageant le logis que lors des week-end. Mais Hatoko a une idée, un local commercial proche de sa papeterie pourrait être transformé en café et Mitsurô pourrait partager son logement. La famille est une valeur fondamentale développée dans ce texte au point que l’héroïne n’envisage une nouvelle grossesse que lorsqu’elle sera considérée comme la mère d’Haru et que sa mère physiologique, hélas disparue, fera partie intégrante de la famille. La famille recomposée est possible mais il faut qu’elle intègre tous les membres dans la même affection.

Toute la détermination et toute la tendresse qu’elle consacre à la construction d’une vraie famille japonaise fidèle à la tradition, elle les transcrit aussi dans les courriers qu’elle rédige pour le compte d’autrui. L’activité d’écrivain public est celle qu’elle préfère et celle qui lui apporte les plus belles satisfactions même si, parfois, elle doit faire face à des situations cocasses, compliquées et même plutôt incongrues. La préparation de ces missives lui donne l’occasion de pénétrer au plus profond de l’âme des commanditaires et, ainsi, de mieux comprendre les gens et leur manière de se comporter en couple ou en groupe.

Ce nouvel ouvrage est une autre leçon d’écriture, à travers son écrivain public Ito Ogawa rappelle combien le choix des mots, la façon de les assembler, le ton de la phrase, la mise en forme du texte et même le choix de l’encre et du papier sont importants pour que le texte ne soit pas seulement un assemblage de mots mais un véritable message transportant aussi des sentiments, des émotions, et même en certaines circonstances de la contrariété mais jamais de la colère ou de la rancune. Ito Ogawa décrit une société où les citoyens se comportent sagement, sans rancœur, seulement avec parfois une bouffée d’amertume ou d’aigreur. Pour elle le monde est harmonie, chacun doit être à sa place et respecter les autres. Ses personnages vivent aussi en harmonie avec le temps qui passe, sans courir après les honneurs, la fortune et le prestige.

Elle accepte la nouveauté, les innovations, mais dans le sens où il contribue à améliorer la vie. Elle tient surtout à conserver les traditions qui ont fait leurs preuves et qui sont toujours garantes d’une vie stable, sereine et paisible. « Parce que la vie, ce n’est pas une question de longueur, mais de qualité. Il ne s’agit pas de comparer avec le voisin pour savoir si on est heureux ou malheureux, mais d’avoir conscience de son propre bonheur ».

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amour et calligraphie

8 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 73 ans) - 5 février 2022

À la suite de "La papeterie Tsubaki", "La république du bonheur" nous conte la vie au quotidien de Hatoko, la papetière calligraphe de Kamakura, maintenant mariée à Mitsurô comme on pouvait l’espérer à la fin de l’opus précédent. Veuf d’un précédent mariage, Mitsurô est le père de la charmante Haru, une fillette dont va vite s’amouracher Hatoko et qui va cimenter leur couple malgré les quelques tensions suscitées par les habitudes prises au cours de leur vie de célibataire. Comme dans "La papeterie Tsubaki", le fil du récit est agrémenté de multiples références aux plats japonais et à l’art de rédiger et calligraphier des missives parfois fort délicates, à la demande de clients toujours plus exigeants. Délicatesse, raffinement, sensibilité aux êtres et aux choses, tous ces archétypes de l’âme japonaise sont au rendez-vous dans ce roman humaniste et empli de poésie. J’aurais quand même préféré que l’auteure accorde un peu plus de place aux rapports complexes qui se tissent entre ces trois personnages appelés à cohabiter "pour le meilleur et pour le pire". La narratrice semble en effet un peu trop centrée sur elle-même, sans que l’on sache comment le père et la fille vivent cette même relation. Mais l’auteure n’a sans doute pas voulu écrire un thriller psychologique…

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