San Perdido de David Zukerman

San Perdido de David Zukerman

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Monocle, le 30 août 2019 (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 62 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (23 422ème position).
Visites : 1 489 

Panama !

Panama ! Les français s'y étaient enlisés en tentant de creuser le célèbre canal, vaincus par la fièvre jaune où des milliers de travailleurs y laissèrent la vie. Les américains reprirent le flambeau avec une autre approche : d'abord éradiquer les moustiques, ensuite réussir là où les "fransquies" avaient échoué. Le canal fut creusé, le profil des routes navigables changea la carte du monde, Panama fut débarrassé des moustiques. Les riches plus riches et les pauvres encore plus pauvres selon un canevas bien rodé depuis les débuts de l'humanité.
La première fois qu’il apparaît dans la décharge de San Perdido, Yerbo Kwinton n’a pas encore de nom. Ce petit être aux yeux bleus translucides, surnommé « la Langosta » par Félicia en juin 1946 à cause de ses mains puissantes. Il ne parle pas, se contente d'un regard pénétrant mais en cas de danger il agit avec rapidité et ne donne qu’un seul coup, un second serait superflu.
C'est à travers lui que le lecteur est invité à suivre une histoire addictive où le mêlent le pouvoir, l'argent la corruption et le sexe.

Premier roman de David Zukerman, il semble recevoir un accueil chaleureux par la critique professionnelle et les lecteurs encensent ce roman coloré.
Je suis un peu plus tiède. Certes le texte se lit d'une traite mais il n'y a pas vraiment de surprise. Les événements se suivent presque téléphonés. Quant au style, l'auteur n'en a pas fait sa priorité. Je ne dirai pas que c'est mal écrit mais l'approche est linéaire.
Voilà donc un livre de plage agréable.
Panama, petit pays oublié de Dieu dont ont s'est rappelé l'existence grâce à sa position stratégique.

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Un papier de Panama

9 étoiles

Critique de Ardeo (Flémalle, Inscrit le 29 juin 2012, 74 ans) - 10 juillet 2020

Voici un premier roman qui, comme il est écrit sur la couverture de l’édition du Livre de Poche, est « Fabuleux, à lire absolument » ‘L’Obs.’ David Zukerman est français et a 60 ans. Durant ces années, il a fait un peu tous les métiers et a écrit des pièces de théâtre et quelques romans non publiés. Il n’est pas connu de Wikipédia mais, à mon avis, cela ne saurait tarder car son roman est vraiment très bon.

Cela se passe dans la ville (ou le quartier) de San Perdido au Panama. Si on continue à chercher sur Wikipédia, on ne trouve pas non plus de San Perdido donc j’imagine qu’il s’agit déjà d’un produit de l’imagination de notre auteur… Par contre, le Panama, tout le monde connait notamment à cause de son canal et de ses « Papers » et ici le pays joue un rôle avec cette ville et son bidonville, sa jungle, ses autorités (le gouverneur notamment), sa corruption, sa misère, ses traditions, bien d’autres choses encore.

Le personnage principal est un grand noir aux yeux bleus et à la main énorme. Enfant, il est venu de « nulle part » (la jungle), a abouti dans le bidonville avec sa décharge où sévissent des malheureux, des laissés pour compte de la société panaméenne et … nos personnages : Felicia la vieille qui l’accueille, lui donne un toit, un travail, de l’amour, de l’instruction, … Yumna jeune fille de son âge semble-t-il d’une beauté ravageuse qui va jouer un rôle dans sa vie, d’autres personnages notamment des femmes qui végètent sur la décharge. De l’autre côté, il y a la Haute ville et son gouverneur insouciant, sa puissance, sa fortune, son pouvoir, sa jouissance de la vie notamment vis-à-vis des femmes. Autour du gouverneur gravitent des secrétaires, des chauffeurs, des larbins, des femmes de chambre, des maîtresses, des gardes du corps. Certains de ces personnages vont prendre du grade et devenir des personnages principaux mais je vous laisse découvrir. Il y a aussi Madame qui tient le bordel le plus sophistiqué et le plus fréquenté de toute l’Amérique. Nous allons y retrouver les plus jolies femmes de la décharge, les gouverneur, docteur, notables de la ville haute, trafiquant, etc.

Un peu plus tard, le grand noir -anonyme jusque là- devient Yerbo. Et il se passe des choses vraiment pas bien dans Panama parfois horribles qui seront « punies » souvent de mort. Yerbo passe par là … mais toujours dans un relatif anonymat mystérieux.

Dans ce roman exotique et érotique, l’écriture de Zukerman est précise, imagée, évocatrice. L’auteur ne se perd pas -et ne nous perd pas- dans une trop longue série de personnages secondaires mais il étoffe le roman de scènes "excitantes" tout en ménageant une place mystérieuse à Yerbo qui apparaît et disparaît au fil des pages, au fil des années et des péripéties jusqu’à un épilogue qui laisse encore plus de mystère que jamais. Mais entretemps beaucoup de méchants seront punis, beaucoup d’injustices seront rétablies, malgré la multitude de crimes, d’amours plus ou moins licites, de complots, de calculs, de trahisons qui se passent dans le petit pays de Panama.
Superbe !

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