Avec vue sur l'Arno de E.M. Forster

Avec vue sur l'Arno de E.M. Forster
( A Room with a view)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Féline, le 9 juin 2004 (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 44 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (23 319ème position).
Visites : 5 915  (depuis Novembre 2007)

Plaidoyer pour la liberté de l'individu

La jeune Lucy Honeychurch, fille d'une famille assez respectable, séjourne à Florence en compagnie de Charlotte Bartlett, sa cousine et insupportable vieille fille, qui dès le départ se plaint de ne point avoir vue sur l'Arno de leurs chambres. C'est alors que Monsieur Emerson et son fils George, leur proposent d'échanger leurs suites. D'abord outrée par un comportement aussi familier, Miss Bartlett finit par accepter. La vie se poursuit alors plus ou moins paisiblement dans la pension italienne. Jusqu'à ce que la jeune Lucy vive deux événements des plus perturbants : la vue d'un meurtre dans la rue et l'échange d'un baiser avec le jeune George Emerson. Scandalisée, sa chaperonne l'emmènera loin de Florence.

La seconde partie s'ouvre sur les fiançailles de la jeune fille, revenue en Angleterre, avec Cecil, un jeune homme érudit et pédant, mais d'une condition supérieure. Le lecteur s'apercevra rapidement que cette différence de condition posera problème, notamment par l'attitude condescendante et méprisante du jeune homme à l'égard de la famille et du voisinage de sa fiancée. Et coup de théâtre lorsque ce même Cecil manigancera pour que la villa voisine de celle de sa belle-mère soit louée par le vieil Emerson et son fils. Croyant se prêter à une bonne farce, le jeune homme en fera les frais, car comme vous l'aurez deviné la jeune Lucy et le jeune Emerson sont amoureux. S'ensuivra donc une série de joyeux quiproquos surannés qui mèneront à un heureux dénouement.

Un livre un petit peu suranné de par son cadre et son style d'écriture, parfois indigeste pour un lecteur d'aujourd'hui mais qui malgré tout véhicule des idées modernes : la liberté de choix et d'expression pour une jeune femme, son refus à s'enfermer dans un mariage de convenance auprès d'un mari qui la musèle, la liberté de choisir son époux même si ce choix est désapprouvé par la bonne société, le refus du jugement sur les apparences ou l'appartenance à une certaine société.
E.M. Forster est donc un auteur très moderne en ce début du 20ème siècle. Il n'hésite pas à se moquer de ses compatriotes en ridiculisant leurs comportements à l'étranger mais aussi leur snobisme et la stérilité de leurs manières et jugements.

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Trois baisers et un mariage

8 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 49 ans) - 16 mai 2015

Lucy est en voyage en Italie, chaperonnée par sa cousine, la stricte et maladroite Charlotte Bartlett. Elle va croiser deux jeunes gens, vivre des aventures qui vont la préparer, une fois revenue en Angleterre, à devenir adulte et affirmer sa volonté dans une société qui commence à peine à se transformer. Tout ceci sous le regard bienveillant du pasteur Mr Beebe.

Une fois saisies les subtilités des codes sociaux de l’époque, on lit sans peine ce récit initiatique raconté par un narrateur ironique mais plein de tendresse pour ses personnages. Un bon moment de plaisir.

Un roman qui a mal vieilli ?

5 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 26 juillet 2009

Bonne ambiance d’époque sur l’ouverture sur le monde et les conventions, mais ce roman ne m’a pas emballée. J’ai trouvé la traduction boiteuse et, en plus, il y avait plusieurs coquilles. Bref, soit à cause de l’édition (10/18), de la traduction ou le livre, j’ai trouvé ça moyen. Déçue aussi, parce que j’ai beaucoup aimé les adaptations cinématographiques de James Ivory et Nicholas Renton et que je m’attendais à mieux.

Un concentré de bonheur !

10 étoiles

Critique de Comtesse (Nantes, Inscrite le 28 février 2007, 37 ans) - 2 décembre 2007

E. M. Forster narre avec humour et légèreté les déboires de Lucy Honeychurch, jeune anglaise d'environ dix-neuf ans qui, en ce début de XXe siècle, part visiter Florence en compagnie de sa cousine Charlotte, une vieille demoiselle lui servant de chaperon. En Italie, elle fait connaissance avec les Emerson père et fils, deux hommes bien différents de ceux que Lucy a l'habitude de côtoyer. Lors d'une promenade dans la campagne florentine, Georges Emerson (le fils), épris de Lucy, se risque à l'embrasser.
Lucy et Charlotte décident alors de quitter Florence pour Rome, où elles retrouvent madame Vyse et son fils Cecil, jeune homme conventionnel qui propose le mariage à Lucy. Cette dernière accepte. Mais...de retour en Angleterre, Lucy retrouve les Emerson... Dès lors, la jeune fille va se retrouver prise au piège entre Cecil, son fiancé droit dans ses bottes et Georges, mélancolique, bohème et passionné. Que décidera t-elle ?

Avec Vue sur l'Arno (Chambre avec vue dans le texte original) est un très beau roman, qui fait partager au lecteur l'évolution des sentiments d'une jeune Anglaise du début du XXe siècle. Lucy, au début victime des principes moraux stricts d'une société très rigoriste, où les femmes n'existent que par l'image que les hommes leur renvoient d'elles-mêmes, va, au contact des Emerson et de l'amour qu'elle a pour Georges, apprendre à se connaître et à trouver où est son bonheur. Lucy l'a compris, on ne vit qu'une fois...

Il y a mieux

5 étoiles

Critique de Mademoiselle (, Inscrite le 29 mars 2004, 35 ans) - 28 septembre 2006

Trop de coïncidences, personnages pas extrêmement sympathiques, écriture ampoulée et dialogues qui tournent en rond, voilà qui résume « Avec vue sur l’Arno ». Le côté satire, critique de la société est réussi, il faut dire. Pour le reste… La première partie, en Italie, m’a franchement ennuyée, la deuxième est plus intéressante, a plus de rythme et d’intérêt, mais c’est sans plus.

Moyen-Âge victorien? Renaissance édouardienne?

8 étoiles

Critique de Fee carabine (, Inscrite le 5 juin 2004, 48 ans) - 14 novembre 2005

Miss Lucy Honeychurch, une jeune Anglaise de bonne famille séjourne à Florence, dûment chaperonnée par une cousine de sa mère, miss Charlotte Bartlett. Cette première rencontre avec l'Italie est pour Lucy un éblouissement. Il n'y a qu'une seule ombre au tableau: les fenêtres de sa chambre n'ont pas vue sur l'Arno. Ce qui n'est à première vue qu'un détail mineur devient sous la plume d'E.M. Forster un motif récurrent, qui réapparaît en filigrane tout au long du roman: des persiennes grandes ouvertes sur le soleil d'Italie aux tentures soigneusement fermées pour protéger le nouveau tapis des ardeurs du soleil qui inonde les collines du Surrey. Et cette toute petite fausse note aura finalement un profond retentissement sur la vie de Lucy Honeychurch, et sur celles des autres hôtes de la Pension Bertolini dont le groupe forme un modèle réduit de la société anglaise, "those who do, and those who don't" - ceux qui sont fréquentables, et les autres. C'est que "Avec vue sur l'Arno" ne nous conte pas seulement l'histoire d'une jeune Anglaise de bonne famille se libérant du poids des conventions sociales dans une tentative de mener une vie plus conforme à ses aspirations profondes - de vivre comme elle joue Beethoven, avec passion...

La reine Victoria s'est éteinte en 1901, après soixante ans de règne. Son fils Edouard lui succède, ouvrant une nouvelle ère qui verra la société britannique se libérer quelque peu du corset de conventions dans lequel elle a vécu à l'époque victorienne. Issu d'une bonne famille de la bourgeoisie, le jeune Edward Morgan Forster est alors aux premières loges pour observer les changements qui se font jour. D'abord comme étudiant à Cambridge où il côtoie Bertrand Russell, Lytton Strachey, Léonard Woolf, John Maynard Keynes... Et puis au fil de ses voyages en Allemagne, Grèce et Italie, et de ses débuts d'écrivain... "Avec vue sur l'Arno", son troisième roman, publié en 1908, s'inscrit en plein dans cette époque où l'Angleterre connait une forme de renaissance après une période moyenâgeuse. Il y a là une opposition dont E.M. Forster joue avec ingéniosité, avec ingénuité aussi, tout au long du roman, entre le "Moyen-Âge" victorien, sa conception de l'ordre social, sa vision de la condition féminine, son corset de conventions bridant toute émotion, toute forme de spontanéité et de sincérité, et une "Renaissance" associée bien sûr à l'Italie, à une culture qui laisse libre cours aux émotions, à la sincérité... et à la vie sans fards.

"Avec vue sur l'Arno" n'est, à mon avis, pas un très bon roman. La plupart des personnages secondaires sont à peine esquissés, personnages sans épaisseur, réduits à la dimension d'archétypes (E.M. Forster atteindra une bien plus grande profondeur avec "Retour à Howards End", publié trois ans plus tard). Et l'intrigue s'appuie sur une série de coïncidences peu vraisemblables. Mais c'est avant tout un témoignage incontournable sur son époque, d'une lecture très agréable, ce qui ne gâte rien. Le style de Forster est vif et alerte, et d'une ironie douce qui a beaucoup de charme (même si l'on ne peut pas en dire autant de la traduction française, due à Charles Mauron qui a nettement moins bien vieilli que le texte original... l'occasion de plaider pour une réédition des oeuvres de Forster dans une nouvelle traduction?).

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