La femme qui voit de l'autre côté du miroir de Catherine Grangeard, Daphnée Leportois

La femme qui voit de l'autre côté du miroir de Catherine Grangeard, Daphnée Leportois

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Sciences humaines et exactes => Psychologie

Critiqué par Jacques-Christophe, le 6 août 2018 (Inscrit le 6 août 2018, 23 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 936ème position).
Visites : 2 313 

Inscrire son reflet dans la miroir - Défi réalisé !

Moi qui avais lu des livres feelgood à la pelle, qui avais essayé des régimes divers et variés, j'avais atteint un certain niveau de saturation quant à toutes ces questions (plutôt tentatives de réponses) relatives au poids et surtout en ce qu'elles avaient d'enfermant. Alors quand j'ai découvert ce livre j'avoue avoir été grandement surpris. Car enfin, on ne tente plus d’assommer le lecteur à grands coups d'hypocrisie béate et absurde sur des sujets évidemment loin de ceux qui prétendent s'y pencher, et qu'on ne tente pas non plus de l'extorquer à grands coups de" recette miracle" pour "soigner un mal" qu'ils ont eux-mêmes désignés comme tel.
Ce livre donc est un échappatoire, c'est une percée dans le mur et par là j'entends le miroir, car c'est bien tout le sel de ce livre que de nous faire comprendre à quel point l'obésité est une construction qui a été tendue vers l'impasse afin de satisfaire les intérêts de certains. Evidemment, parce qu’il est question de poids, le propos s'incarne. Ce n'est pas un message brut et théorique qui vient se jeter sur nous sans la moindre volonté de se faire comprendre, tout à contraire il arrive par la fiction, par l’événement, par l'empirisme. Rien n'est dit, tout se dit.
Simple et sans prétentions, moindre épaisseur et pourtant ce petit livre touche la cible - vous -, il permet parce qu'il est, parce qu'il propose, une autre façon d'envisager l'obésité.
L' héroine et sa quête nous tient durant 3 heures, le temps de la lecture, on a envie qu'elle se trouve, qu'elle dépasse ses limites, celles même que le livre montre comme factices.

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"La vie en grosse"

9 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 62 ans) - 28 octobre 2020

Lucie fête ses 25 ans avec ses parents Valérie et Serge, et son frère cadet Jules. Elle a du mal à retenir ses larmes en découvrant son cadeau d’anniversaire, un vélo d’appartement pour lequel toute la famille s’est cotisée. C’est le moment de leur annoncer qu’elle a entamé le protocole pour "s’offrir" une chirurgie bariatrique. Car Lucie pèse 90 kilos, et elle n’en peut plus des réflexions, des regards de ses collègues du collège, des élèves, des caissières de supermarché, des vendeuses de prêt-à-porter, et surtout du sien sur son propre corps.

Pourtant, quand elle rencontre son nouveau voisin de palier, Kamel, qu’il l’invite à sa crémaillère, elle se met à rêver ; surtout qu’elle passe une excellent soirée, et qu’elle fait la connaissance de personnes sympathiques et décomplexées, Ingrid, professeure de self-défense et Blandine, professeure de yoga, qui exercent dans la même association que son voisin et qui l’invitent à tester leurs cours.

Lucie poursuit le protocole en se rendant chez une psy dont la signature est indispensable pour l’opération. Une visite qui sera suivie de quelques autres, qui permettront à Lucie de laisser remonter de lointains souvenirs, toutes les humiliations subies depuis son enfance, et notamment pendant sa puberté.
"Tiens-toi droite sinon tu as un double menton. Ne souris pas comme ça, on dirait un hamster" .

Sont aussi obligatoires les rencontres entre anciens et futurs opérés. Des échanges là aussi édifiants, émouvants par les douleurs et le mal-être exprimés, "cette crainte du jugement de ne jamais être à sa place" et ce témoignage "dans mes rêves, je suis toujours grosse".

Surprise de trouver ce livre dans ma LAL, j’ai commencé sa lecture en pensant trouver un agréable roman pour jeune fille, avec une gentille fin de "feelgoodbook", ... ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.

Mais au fil des pages, j’ai découvert une profondeur inattendue. La détresse des gens en surpoids est extrêmement bien exprimée ; les regards culpabilisateurs, les vendeuses au sourire narquois, "non on s’arrête au 42, on ne fait pas les grandes tailles !", les réflexions de l’entourage, des proches parfois qui pensent bien faire…
"grâce à eux, elle a vu toute sa vie en grosse."
Moi qui connais bien le parcours du combattant qui permet d’arriver au stade ultime du long protocole, j’ai pu constaté la précision, le bien-fondé des démarches ; ce qui n’a rien d’étonnant puisque Catherine Grangeard est une psychanalyste spécialisée dans l’accompagnement des personnes en surpoids.

Au fil des pages, j’étais prête à conseiller cette lecture à toute personne envisageant une opération bariatrique (intervention permettant de réduire l’estomac), puis, surtout après la lecture de la réunion, je conseillerai ce roman à tous ; à tous ceux qui pensent que l’obésité est une marque de paresse, un manque de volonté et à tous les grossophobes de la terre...et il y en a !!

A lire!

10 étoiles

Critique de Dredree (, Inscrite le 20 août 2018, 33 ans) - 20 août 2018

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard et comme je n'avais jamais vu de roman sur l'obésité et la chirurgie je l'ai acheté !
J’ai trouvé ce livre passionnant, sincère, optimiste.
Lucie est une belle personne, humaine avec ses doutes, ses espoirs et ses luttes internes.
Comme beaucoup de gens je n’avais jamais pensé à l’obésité du point de vue des obèses… ce livre m’a vraiment ouvert les yeux !
Le ton est léger, agréable, le livre se lit très facilement, que ce soit dans les transports, à la plage ou dans son lit !

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