Dans la forêt de Jean Hegland

Dans la forêt de Jean Hegland
(Into the forest)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Frunny, le 7 octobre 2017 (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 56 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (3 197ème position).
Visites : 2 860 

Retour vers le futur !

Jean Hegland (1956- ) est une romancière américaine. Son premier roman "Dans la forêt " paraît en 1996 aux états-unis et rencontre un succès éblouissant.
Il parait en France en 2017 (Gallmeister)

En Californie du nord, à 50 km du premier village vit une famille heureuse et unie.
Nell et Eva sont 2 soeurs complices aux centres d'intérêts distincts.
Eva est une artiste qui rêve de devenir danseuse.
Nell est l'intello de la famille qui prépare son entrée à Harvard.
Sans que l'on comprenne réellement ce qui se passe, la civilisation s'effondre.
Electricité coupée, plus de communications, ni d'internet.Les magasins de vident, la nourriture se fait rare et les villes sont désertées.
Loin du monde dans leur cabane, la famille se serre les coudes mais rapidement la mère décède de maladie et le père disparaît suite à un accident.
Les 2 adolescentes vont devoir affronter ces bouleversements et revoir leurs habitudes et leurs valeurs.
Un huis-clos tendu où chacun défend ses positions.
S'accrocher au passé ou avancer vers un avenir inconnu.

Attention, l'environnement "post apocalyptique " n'est qu'une trame de fond.
L'intérêt du roman est ailleurs.
L'auteur nous questionne sur notre société de consommation qui occulte et nous éloigne de l'essentiel.
"Qu'est ce qui est important quand on a tout perdu ? "
Survivre en se reconnectant à la nature.
Une Nature qui recèle TOUT en son sein (nourriture, médicaments, abri, .... )
Le message de Pierre Rabhi n'est pas très loin.
Une oeuvre forte et originale.

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Retour à la vie sauvage

6 étoiles

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 85 ans) - 1 septembre 2021

Dans son journal intime une jeune fille de 17 ans nous raconte sa vie avec son père, sa mère et sa sœur. Elle nous raconte aussi ses premiers émois : elle va le samedi à la ville et un jour un garçon l’a regardée, un autre jour le garçon lui a parlé, puis le garçon est venu chez elle et nous avons droit à l’inévitable séquence de l’accouplement. Rien de pornographique mais que d’indécence ! Je ne comprends pas ce besoin qu’ont les romancières d’aujourd’hui d’étendre au grand public ces moments de stricte intimité... mais, passons !

Là, j’avais laissé le livre en pensant que ce n’était pas pour moi. Puis, faute de mieux, je l’ai repris et je ne l’ai pas regretté. La suite est nettement mieux. Les deux sœurs, coupées du monde, se retrouvent seules et doivent tirer leur plan. Ce retour à la vie sauvage est bien décrit et les sensations vécues dans la forêt sont assez prenantes. Mais ce sont à mon avis, les rapports entre les deux sœurs, face à l’adversité, qui sont le principal intérêt du livre. La sœur aînée est une fille intelligente, déterminée et responsable, une vraie grande sœur ! Loin de dominer sa sœur cadette, elle arrive petit à petit à lui insuffler suffisamment de courage, de quoi assurer leur survie dans la bonne entente. C’est le beau côté du livre.

Évidemment, même si les événements qui surgissent sont écrits avec beaucoup de réalisme, il ne faut pas chercher trop de vraisemblance dans cette allégorie du « retour à l’état sauvage ». Finalement, j’ai pris ce livre comme un agréable divertissement.

Il est où le bonheur...

10 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 63 ans) - 15 novembre 2019

Eva et Nell mènent une vie originale et heureuse, choyées par leurs parents, Gloria, devenue mère au foyer après avoir été danseuse, tissant la soie, et Robert, enseignant, tous deux adeptes d’un art de vivre écologique, d’une relative autonomie dans leur maison en bois isolée à l’orée de la forêt.
Les deux sœurs inséparables mais très différentes, étudient à la maison. L’adolescence ne les épargne pas pour autant. Disputes, rebellions et surtout l’envie pour Nell de rejoindre le samedi soir les jeunes de Redwood, la ville distante de 50 kilomètres.

La mort de leur mère va ébranler le bonheur de cette famille unie.
Les deux jeunes filles continueront cependant à travailler pour réaliser leur rêve ; pour Eva, intégrer le célèbre ballet de San Francisco comme sa mère, et pour Nell, alors même qu’elle n’a jamais été scolarisée, intégrer Harvard.
Et tout semble possible et même probable si ce n’était les pannes d’électricité de plus en plus fréquentes, puis des problèmes de ravitaillement pour arriver au manque le plus dramatique pour les adolescentes, la pénurie d’essence, empêchant l’une d’aller danser et l’autre de retrouver ses amis le samedi soir.

Éloignées du chaos qui semble croître dans tout le pays, privées d’informations, elles continueront à vivre dans la forêt, leurs vies, alternant les plus grands drames et bonheurs.
L’éducation intelligente reçue leur donnant les outils et une incroyable force de survie malgré d’inévitables moments de découragement ; "Je me dis parfois que ce serait tellement mieux si l’on devait taire nos désirs, nous débarrasser de notre besoin d’eau et d’abri et de nourriture. Pourquoi s’embête t-on avec tout ça ?".

L’auteure, sans jamais tomber dans le pathos ou la mièvrerie écrit une fable écologique formidable, un livre difficile à quitter, où j’ai été complètement conquise par ces personnages, nous donnant éventuellement à réfléchir sur nos propres valeurs, sur le sens de nos vies de consommateurs.

Ta vie t'appartient

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 61 ans) - 20 juin 2019

Nell et Eva (17 et 18 ans) vivent seules dans leur maisonnette à 50 kilomètres de la ville la plus proche, dans les bois, sans voisin.
Leurs parents sont morts et la civilisation semble s'éteindre : plus d'électricité ni de téléphone, plus d'essence (ou seulement un bidon de vingt litres).
Les deux sœurs se tâtent et se renferment sur elles mêmes. L'une danse dans son studio et l'autre lit une encyclopédie en suivant les articles méticuleusement dans l'ordre alphabétique.
Elles se nourrissent des réserves accumulées du temps où leur père était encore vivant.
Puis elles se décident à vivre selon ce que la nature leur donne. Elles deviennent cueilleuses, planteuses (et même chasseuses).
Cette communion avec la nature va leur permettre de prendre des décisions avec une sagesse étonnante.


Si vous n'avez pas aimé "La route" de Cormac McCarthy, je pense qu'il n'est pas utile d'aller plus loin dans cette lecture, quoique le message ne soit pas vraiment de la même structure. Certes, il est ici question de survie, de solitude et de peur mais Jean Hegland a réussi un tout grand livre d'ambiance. En lisant, on vit avec ces deux jeunes femmes, on souffre avec elle.
Un grand coup de cœur pour ce magnifique roman qui a dû attendre vingt ans sa traduction francophone.

Magnifique !

10 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 54 ans) - 4 juin 2019

Nell, dix-sept ans, commence à écrire son journal. Elle vit avec sa sœur aînée Eva. Seules. Dans la forêt, à des kilomètres de la ville. Le lecteur apprend petit-à-petit que leur mère est morte d’un cancer, le monde a cessé de tourner quand l’électricité a été coupée, les gens ont été décimé par des maladies, puis leur père est mort. Elles sont donc coupées du monde, parce que plus d’essence, plus de téléphone, plus de télévision ni d’ordinateur et surtout plus de musique pour Eva qui rêve d’être danseuse et continue de s’entraîner inlassablement, dans le silence. Nell souffre de cette solitude. Elle refait le parcours de ce qui les a conduites là où elles en sont, s’occupe en lisant une encyclopédie méticuleusement.
Leur relation, décrite ici à merveille, va connaître des hauts et des bas et être mise à mal bien des fois, tandis qu'elles attendent un retour à la "normale". Ce roman est un huis-clos dans lequel les deux sœurs vont progressivement se rapprocher, après s’être éloignées pendant des années. Et cela ne se fait pas sans heurts; le rationnement et les choix à faire entraînent des tensions, les rares événements nécessitent des ajustements.
On voudrait tant connaître la suite ! Car le lecteur ne peut s’empêcher de s’attacher à ces personnages.
La forêt est un personnage à part entière de ce roman : d’abord perçue à travers ses dangers, brandis par la mère qui s’en méfie, puis, lentement apprivoisée jusqu’à devenir refuge, logement, nourriture, consolation, protection.
L’auteur interroge l’importance des artifices auxquels nous sommes habitués, pour revenir aux fondements de notre survie, aux bases oubliées de la vie humaine. Elle le fait avec brio, dans une description de la nature humaine extrêmement fine.

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