Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas

Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 28 mai 2017 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 74 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (38 715ème position).
Visites : 2 585 

Parodie de polar

Agatha Crispies – pas comme la célèbre romancière anglaise, non, comme les céréales servies au petit déjeuner – s’est tellement emmêlée les crayons dans l’affaire des stylos bleus à New-York New-York qu’elle est mutée, après un tour de passe passe administratif, à New-York Colorado. Le pire trou des Etats-Unis, un bled où il ne se passe jamais rien, où les citoyens occupent leur temps à tourner autour des innombrables ronds-points destinés à égarer les étrangers. Elle est « affectée à un commissariat dans lequel on s’ennuie tellement que les effectifs lisent, jouent aux fléchettes, au sudoku ou encore tricotent ». Elle veut quitter ce trou le plus vite possible pour retrouver son poste, avec éventuellement une promotion, dans la mégapole de la côte est. Il lui faudrait une belle grosse affaire qu’elle résoudrait brillamment pour reconquérir la confiance de sa hiérarchie.

Comme il ne se passe jamais rien sur son territoire, elle empiète sur celui de son voisin, elle le persuade que le crime qu’il vient de découvrir appartient à sa juridiction pour pouvoir mener elle-même l’enquête. Le shérif cède et Agatha se saisit de l’affaire qui prend vite une belle ampleur avec deux autres meurtres, de quoi constituer une belle énigme à résoudre et conquérir une belle promotion pour un tellement désiré retour au bercail. Agatha se plonge alors dans une enquête rocambolesque dans laquelle l’auteur parodie tous les poncifs rencontrés habituellement dans les films et surtout dans les séries policières américaines dont il dénonce les incohérences, les invraisemblances et la sous-culture en mettant dans la bouche de la policière des citations et les noms des plus grands auteurs classiques qu’elle est évidemment la seule à connaître.

Dans ce polar loufoque, déjanté, amoral, Romain Puértolas dresse un tableau désopilant mais tout de même un peu désolant de l’Amérique profonde, l’Amérique des ploucs dont Jean Yanne a narré la fantasia dans un célèbre film. Il dénonce la malbouffe généralisée, Agatha grosse et grasse se gave toute la journée de « donuts » au chocolat ; le racisme endémique affectant encore cette partie de la population, Agatha est, avec son chef, la seule noire du coin ; l’absence totale d’humanité, tous les moyens sont bons pour atteindre son objectif et Agatha n’est pas très encombrée par sa bonne conscience. L’auteur préfère en rire mais j’ai eu franchement le sentiment qu’il n’appréciait pas beaucoup cette Amérique acculturée asservie par la déesse consommation.

Il reste le polar qui fera, sur le bord de la piscine, une belle lecture d’été en dégustant des … « donuts » … au chocolat.

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Vous avez dit Agatha Crispies?

8 étoiles

Critique de Odile93 (Epinay sur Seine, Inscrite le 20 décembre 2004, 67 ans) - 21 novembre 2021

Agatha Crispies (et non Christy) est policière à New York, Colorado, dans un village (pour elle une mise au placard) où il ne se passe rien mais alors rien.

Alors, les activités s'organisent au commissariat : pêche, Club de fléchettes (beuveries garanties), Club de tricot, de Sudoku et le Club de lecture dirigé par Agatha qui essaie de rallier à sa passion des livres ses collègues peu enclins à la lecture.

Mais un jour, un homme est assassiné avec 150 coups d'aiguille à tricoter. Enfin un meurtre, youpi !!!
Agatha voit là la possibilité de reconquérir son poste de policière à New York, New York qu'elle a perdu à cause de son incompétence (car elle est vraiment incompétente).

Évidemment, l'enquête est des plus fantaisistes et Agatha qui se gave de donuts toute la journée la mène curieusement, elle fait par exemple tomber des miettes sur le cadavre. Quoique finalement ... Les déductions de la jeune femme sont hilarantes et les manières d'Agatha ont de quoi surprendre.

Un livre drôle, j'ai beaucoup ri, beaucoup de situations cocasses, des répliques amusantes, ça fuse presque à chaque page !

Par contre, la fin du livre est moins bonne, les explications, les turpitudes, cela devient laborieux, un peu trop long ou alors je me suis lassée. Mais ensuite, à la toute fin, quand l'enquête est élucidée, il se produit un coup de théâtre magistral qui m'a bien amusée. Bien sûr invraisemblable, délirant !

Donc un livre drôle, pour se détendre, pas un chef d'œuvre littéraire même si l'auteur a une écriture déliée et agréable... et une imagination débordante comme son héroïne !

James Joyce

5 étoiles

Critique de Ardeo (Flémalle, Inscrit le 29 juin 2012, 74 ans) - 10 février 2018

Voici un livre qui au départ avait l’air intéressant et qui finalement m’a déçu. Ses atouts d’entrée : un titre accrochant, une intrigue policière bien amenée, un policier à l’apparence originale, de nombreuses références à la littérature et aux grandes énigmes policières en particulier et de l’humour. Son défaut : la répétition des situations, des procédés et des gags littéraires.

Agatha Crispies est une grosse policière noire en fonction à New-York (Colorado) et qui voudrait retourner d’où elle provient c’est-à-dire New-York (New-York), elle a à résoudre une affaire digne de son écrivaine favorite « Le mystère de la Chambre jaune », elle mange des donuts au chocolat, elle est l’animatrice du club de lecture du petit commissariat. Petit à petit, elle rencontre différentes personnes liées au(x) crime(s). Elle mène ses enquêtes d’une manière peu catholique et parfois tout à fait excentrique (par exemple, elle « pollue » les scènes de crime pourtant dignes des « Experts »). La suite et la fin si vous avez envie de lire ce roman. Sachez tout de même que Romain Puértolas y parle plus de James Joyce que de Facebook !

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