Snjór de Ragnar Jónasson

Snjór de Ragnar Jónasson
(Snjóblinda)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Lucia-lilas, le 7 juin 2016 (Inscrite le 21 février 2016, 57 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (42 467ème position).
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Snjor de Ragnar Jonasson

Que diriez-vous d’aller passer vos prochaines vacances à… Siglufjördur ? Ah, pardon, vous ne situez pas précisément ? Prenez l’Islande, Reykjavik au sud, ça va, vous suivez ? Eh bien, vous enfilez un gros pull et des bottes fourrées et vous piquez droit vers le Nord, oui, oui, vers le cercle arctique. Stop, ça y est, vous y êtes ! Détendez-vous, tout va bien se passer…
C’est un peu ce que s’est dit Ari Thór Arason (ah, j’oubliais, il va falloir maintenant vous habituer aux noms !), jeune policier encore en formation, bien installé auprès de sa fiancée dans son appartement de Reykjavik. Il reçoit un appel téléphonique. Les dossiers de candidature qu’il a envoyés sont restés sans réponse jusque là. L’impatience le gagne…
C’est Tómas, le sergent du poste de police de Siglufjördur : ils ont besoin de quelqu’un. Ils veulent une réponse tout de suite, il y a de nombreux candidats.
« C’est d’accord » répond Ari sans même en parler à sa fiancée…
Siglufjördur… l’hiver… comment dire ? Quelques banalités : il neige (un peu de vocabulaire maintenant : snjór = neige), il fait froid… Mais ça, ce n’est rien à côté de la réalité : des congères en veux-tu en voilà, des routes impraticables, des avalanches qui empêchent d’entrer et de sortir de la ville par le tunnel qui traverse la montagne, unique voix d’accès, la porte de la maison bloquée par une quantité de neige bien tassée, le blizzard qui souffle sans interruption…
Question d’habitude, me direz-vous. Disons, qu’au début ça peut surprendre…
Et puis, Tómas, très clair, précise, ne laissant aucun espoir à notre Ari devenu un peu blême et ressentant les premières crises de claustrophobie suffocante : « tous les hivers sont rudes. »
Siglufjördur a eu ses belles années lorsque les bateaux de pêche revenaient pleins à ras bord de harengs. Les usines tournaient jour et nuit. Mais ce n’est plus le cas… des problèmes de quotas je crois.
En tout cas, il est prévenu : il ne se passe jamais rien à Siglufjördur (ça fait déjà cinq fois que j’écris ce nom et je suis encore obligée de me pencher sur le modèle !), il peut laisser la porte de sa maison ouverte. Parfait, se dit-il, parfait…
« Dans quoi je suis allé me fourrer ?
Putain, dans quoi je suis allé me fourrer ? »
… se répète-t-il inlassablement…
Pas d’excès de vitesse à cause des routes enneigées; éventuellement, il faut parfois raccompagner un ivrogne… passionnant ! Lui qui rêvait de bouger un peu, de mener des enquêtes palpitantes, c’est raté.
Le soir de Noël, il est de garde (sympas les collègues…), il s’apprête à lire un nouveau livre jusqu’aux petites heures du matin comme le veut la tradition islandaise, lorsque le téléphone sonne…
Un faible murmure, à peine audible… « je crois qu’il va me faire mal… » Plus rien. Nouvelle sonnerie et une voix très faible « pardon… Je n’aurais pas dû… pardon. » Que faire ?
Ari Thór appelle son chef. Un canular et rien d’autre, juste un canular. Pas la peine de s’inquiéter ! Joyeux Noël !
Je n’en dirai pas plus, roman policier oblige…
Vous allez entrer dans une ville dont on ne sort pas, où tout le monde se connaît et s’observe. Les secrets sont bien gardés, les mensonges tiennent lieu de vérité. Qui est qui ? Peut-on se fier aux apparences ? Comment le jeune Ari Thór, l’étranger, va-t-il s’intégrer dans cette communauté très fermée ? Ne se passe-t-il réellement jamais rien à Siglufjördur (j’ai fait copié-collé !)
Délicieux… j’en ai encore les mains glacées…

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  Dark Iceland

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Plus un livre d'atmosphère qu'un roman policier.

8 étoiles

Critique de Usdyc (Bruxelles, Inscrit le 27 août 2004, 67 ans) - 25 janvier 2024

Je comprends totalement la critique de Homo.Libris. Si je devais me concentrer uniquement sur l'intrigue, je ne peux que le rejoindre dans sa critique.
Mais voilà, j'ai fait à trois reprises des voyages en Islande et nous sommes allés dans des villages situés dans des fjords du Nord où il faut parcourir des kilomètres pour arriver finalement dans un bled plutôt ville fantôme qu'autre chose. Et c'était "l'été" (début juillet). On est pourtant passé dans un blizzard et un mur de glace de part et d'autre de la voiture avant de redescendre vers la ville et au sortir des nuages, une vue magnifique s'impose.
Ceci pour dire que le livre m'a plu car j'ai ressenti vraiment ce que peut être cette vie dans un endroit totalement reclus. Dans le village où nous sommes arrivés, on a "trouvé" une islandaise qui balayait la terrasse de son café. On a espéré pouvoir boire une tasse de café mais la saison n'était pas encore entamée ! Donc 3 heures à l'allée et 3 h au retour.
Je m'imagine donc les gens dans le roman, bloqués par l'hiver, des journées où le gris et le noir (en dehors de la neige) sont les seules couleurs.
Il faut être né islandais pour pouvoir y vivre.
Donc, toute cette partie du livre (la majeure en fait) ne m'a pas rebuté. Heureusement car je ne serais jamais arrivé au bout du livre.

Donc un avis quelque peu subjectif.

Tu le connais lecteur ce monstre délicat ...

1 étoiles

Critique de Homo.Libris (Paris, Inscrit le 17 avril 2011, 58 ans) - 19 février 2022

C'est l'ennui !
On sort de cette lecture engourdi par la platitude de la narration au rythme asthénique et aux personnages inconsistants..
La substance du roman tiendrait dans une courte nouvelle. Edgar Allan Poe nous a livré des récits beaucoup plus denses et plus puissants, tant sur le fond que la forme, en infiniment moins de pages !
Ragnar Jonasson dilue son imbroglio simpliste dans un remplissage mou et apathique, noyant son lecteur dans la biographie familiale complète de chacun des personnages, même le plus insignifiant au regard de l'intrigue. Les soubresauts existentialistes de son enquêteur sont assommant d'insignifiances. Et nada (ou si peu) sur l'Islande et les Islandais.

Premier roman de la série Dark Iceland

8 étoiles

Critique de Goupilpm (La Baronnie, Inscrit le 23 juin 2017, 67 ans) - 25 juin 2017

Une petite ville du Nord de l'Islande «où il ne se passe jamais rien », Siglufjördur, c'est là qu'Ari Thor prend ses fonctions après avoir été contacté par le Sergent Toma, chef de la police locale. Alors qu'il n'a pas complètement achevé ses examens d'entrée dans la police, le jeune homme va rapidement être confronté à deux faits suspects, tout d'abord la chute dans l'escalier du théâtre d'un écrivain de renom dans le pays, puis la découverte d'une jeune femme retrouvée poignardée, à demi-nue dans la neige.

A la mode nordique l'auteur plante, après avoir présenté les protagonistes principaux, le décor : une petite ville de province, bien tranquille, reliée par un tunnel rapidement rendu inaccessible par une tempête de neige. L'auteur joue principalement sur l'atmosphère où tout le monde se connaît. Une atmosphère en huis-clos où règne la loi de l'omerta et où les petits secrets de chacun sont nombreux. Une petite ville où l'étranger venu du Sud, le jeune enquêteur venu de la capitale va devoir évoluer tout en étant l'objet de méfiance des autochtones.

C'est dans cette atmosphère plutôt hostile à son égard que va devoir enquêter le jeune homme déjà marqué par la vie, ce qui est assez courant avec des auteurs nordiques. Le lecteur se rend immédiatement compte que rien ne va être aisé pour le jeune homme, que les pistes vont se multiplier, encore faudrait-il que ces pistes soient les bonnes.

En parallèle de cette enquête qui avance doucement, très doucement , l'auteur nous fait suivre l' agression d'une femme une vingtaine d'années auparavant. Une agression qui ne semble n'avoir aucun rapport avec l'enquête en cours dans la petite ville. Si l'enquête piétine l'auteur nous dresse un très beau portrait de cette petite ville de province entièrement coupée du monde où chacun épie son voisin.

Ce n'est que dans la dernière partie du roman que les indices arrivent au lecteur, soit directement, soit par le biais du jeune enquêteur. Un final peut être un petit peu trop rapide par rapport à la longue mise en place, mais c'est souvent le cas avec les policiers nordiques, et même aussi dans les policiers en général si l'on ne connaît pas les coupables en début de roman.

Sur la plume de l'auteur pas vraiment d'observation à effectuer. C'est bien écrit mais sans vraiment sortir du lot.

Au final une ambiance lourde à souhait, des personnages à multiples facettes, un personnage principal sombre qui aurait pu être un peu plus exploité, un fond politique complètement délaissé. Un très bon moment de lecture mais qui ne se démarque pas vraiment des autres auteurs venus du froid.

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