Notre château de Emmanuel Régniez

Notre château de Emmanuel Régniez

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Lucia-lilas, le 2 mai 2016 (Inscrite le 21 février 2016, 57 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (25 156ème position).
Visites : 3 202 

huis clos

Un texte envoûtant, oui, c’est ça, envoûtant… Déjà la couverture n’est pas spécialement rassurante. Ou alors, j’y projette ma lecture, oui, c’est fort possible…
Un frère et une sœur vivent coupés du monde, depuis vingt ans, dans une ancienne demeure dont ils ont hérité à la mort de leurs parents et qu’ils ont baptisée « Notre château ». Ils y ont toujours vécu, en sortent très rarement et n’ont jamais de visites : seul Octave, tous les jeudis, se rend en ville pour acheter des livres. Véra lui prépare la veille une liste d’oeuvres qu’elle désire « ardemment lire ». Véra ne peut pas ou ne sait pas attendre. Octave les trouve toujours et les lui rapporte sans faute. Il faut dire qu’ils ont l’un et l’autre un goût prononcé pour la lecture : « Ma sœur et moi sommes hantés par les livres. Si nous avons décidé de nous retirer du monde, c’est pour lire, uniquement lire. Nous passons nos journées à cela, à lire et encore lire. » Cela explique peut-être pourquoi Véra ne sort pas…
Or, ce jeudi 31 mars à 14h32, Octave voit sa soeur dans le bus n°39. Or, il le sait, c’est impossible : Véra ne sort jamais et même si elle sortait, elle ne prendrait jamais le bus. Absolument impossible. Il lui en parle le soir et cela la fâche. Evidemment que ce n’était pas elle, comment a-t-il pu imaginer cela ? Et pourtant, il n’a pas pu se tromper. Aurait-elle menti ? Quelque chose est-il en train de se fissurer entre eux ? Pour Octave, c’est inconcevable. Alors ? Devient-il fou ? A-t-il rêvé ?
Je n’en dirai pas plus… mais vous allez être plongé dans une atmosphère pesante, angoissante, vous ne pourrez quitter la maison à votre tour, prisonnier de cette écriture répétitive et obsédante, attendant, dans le silence de chacune des pièces de cette vaste demeure, que quelque chose survienne, parce que l’on sent que c’est imminent… Et l’on n’est pas déçu !
J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman d’Emmanuel Régnier qui a pu me faire penser à l’atmosphère étouffante de certains textes de Henry James. Les superbes photos du peintre anglais Thomas Eakins que l’on découvre à la fin du roman finissent de nous plonger dans l’ambiance étrange du roman. Vous ne serez pas près de l’oublier…

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Notre château, un conte de fées ?

6 étoiles

Critique de Ddh (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 82 ans) - 24 décembre 2017

Notre château, c'est là que nous vivons, ma sœur Véra et moi Octave.
Octave vit avec sa sœur Véra dans un beau domaine qu'il a hérité de ses parents décédés dans un tragique accident de voiture. Il se remémore sa jeunesse, les moments de vie avec sa sœur face aux parents. Juliette, la sœur aînée réapparaît vingt ans plus tard ! Mais, son esprit se dégrade, celui de sa sœur aussi, lui semble-t-il. Ce qui compte ? Le domaine, notre château...
Peu d'action dans ce roman et d'autant moins qu'il y a bon nombre de phrases répétitives ; un effet de style à tendance poétique ? Mais trop is te veel ! Un roman à conseiller pourtant aux ados et adultes qui se tâtent à la langue française. Car l'auteur se met à la portée de tous.

Notre château… et son étrange bibliothèque

7 étoiles

Critique de Hcdahlem (, Inscrit le 9 novembre 2015, 65 ans) - 8 juin 2016

Pour ses débuts en littérature, Emmanuel Régniez s’est souvenu des contes de son enfance. Quand, entouré de ses parents, il rêvait sa vie plutôt qu’il ne la vivait. Entouré de ses sœurs, il aimait de raconter des histoires, accompagner son père dans des parties de chasse mémorables. « Nous étions si heureux au sein de notre château, au milieu des bois, sur la pente d’une colline. »
Cependant Octave n’est pas dupe. «En réalité je n’allais pas à la chasse mais j’accompagnais mon père au marché et l’aidais à vider le coffre de la voiture. Ma mère souvent râlait car mon père n’avait pas acheté ce qu’elle voulait.» On ajoutera que le château n’existait pas davantage. Du moins jusqu’au jour où un notaire annonça que la famille héritait d’une grande et belle maison, en ajoutant qu’une clause dudit testament interdisait au père d’y habiter. Cette bizarrerie a-t-elle provoqué l’accident de voiture mortel sur la route du retour ? Personne ne le saura jamais. Toujours est-il que les orphelins purent dès lors prendre possession du château.
Octave, le narrateur, et Véra vont y aménager une grande bibliothèque et y vivre quasiment reclus. « Notre monde est contenu dans Notre Bibliothèque. Notre monde est notre bibliothèque. »
Octave s’autorise une sortie par semaine, à la librairie du centre-ville, afin d’acheter quelques ouvrages supplémentaires. C’est à ce moment, très précisément le jeudi 31 mars à 14h 32, que leur existence si paisiblement réglée, va basculer.
Octave voit Véra, qui ne sort jamais et à fortiori jamais dans un bus, « dans le bus n°39 qui va de la Gare à la Cité des 3 Fontaines, en passant par l’Hôtel de ville. »
Un incident somme toute banal, mais qui mettre à mal toutes les certitudes, entrainer toute une série d’autres phénomènes étranges.
Qui a tort ? Qui a raison ? Où se situe la frontière entre l’étrange, le fortuit et l’irréel ? En choisissant de répéter certaines phrases, comme pour les marteler, l’auteur réussit à installer une atmosphère très prenante, qui nous fait douter de nos certitudes. Véra a-t-elle raison de reprocher son entêtement à Octave ? «Coupable comme tu sais l’être, tu es prêt à inventer n’importe quelle histoire».
Voilà le lecteur pris au piège, incapable de trancher. Ce couple énigmatique dans cette demeure mystérieuse a quelque chose d’hypnotique. À l’image du cahier photo de Thomas Eakins rassemblé en fin de volume. Seul petit bémol, la couverture qui est à mon sens totalement manquée et ne poussera sans doute pas à l’achat spontané en librairie. Du coup, les blogueurs sont là…
http://urlz.fr/3Hj9

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