Le Grand Saut de Sébastien Lecain

Le Grand Saut de Sébastien Lecain

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Numanuma, le 2 février 2016 (Tours, Inscrit le 21 mars 2005, 49 ans)
La note : 5 étoiles
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vous reprendrez bien une madeleine ?

Ce qui est bien avec l’autoédition, c’est qu’on n’a pas à se coltiner un directeur artistique qui vient expliquer gentiment qu’il y a pas mal de boulot sur le manuscrit pour le rendre publiable. Certes, nous ne sommes pas tous Kerouac mais j’imagine que peu d’auteurs apprécient de devoir subir les appréciations des éditeurs. D’autant que l’époque des amateurs de lettres aux commandes est révolue ; aujourd’hui, et c’est pareil dans l’édition musicale, il faut traiter avec des amateurs de chiffres issus des écoles de commerce.
Parallèlement, ne pas avoir d’œil extérieur revient souvent à laisser passer une ponctuation hasardeuse ou des phrases alambiquées. Là, logiquement, je devrais donner un exemple. Mais, j’ai une mauvaise habitude, je ne prends pas de note de lecture. Évidemment, je n’arrive pas à retrouver cette phrase bizarre qui m’avait frappé à la lecture, sur une page paire…
Coup bol ami lecteur, désolé camarade auteur, je viens de la retrouver : « Le regard vide, je monte donc dans le bus, je relève un peu la tête qui depuis tout à l’heure était fixée la plupart du temps de cette attente sur mes pieds ».
Voilà. A la fois étrangement ponctuée et tournée. Pas inintéressant au demeurant mais il m’a fallu la lire plusieurs fois avant de comprendre. Il y a un petit côté slam.
A part ça, de koi ki cause donc le gars ?
De la vie, dirais-je. C’est vrai, c’est vague. Mais quoi de plus banal que le récit d’une vie estudiantine ? Et quoi de plus proustien ? Avec une histoire d’amour torturée, forcément torturée, par-dessus. T’as jamais été jeune ou quoi ? Bref, notre narrateur s’emmerde profondément pendant ses cours. Heureusement, il retrouve régulièrement son grand pote dont il ne connaît pas grand-chose et réciproquement, c’est ce qui est pratique quand on se comprend d’un regard, pour des soirées de bitures suivies, faut le faire, de journées de révisions. Sur ce duo idéal vient se greffer l’amour impossible du narrateur pour une femme qui est son opposé. Du classique donc. Avec fragrance de sale maladie. Je n’en dis pas plus.
Parce qu’au final, il n’y a rien à ajouter. Cette histoire, on l’a tous vécue à des degrés divers. Roman initiatique sur le passage, inévitable malheureusement, à l’âge adulte, Le Grand saut est un roman adolescent sans les boutons d’acné. Le recul de l’auteur est palpable mais je n’ai pas eu la sensation de lire une nouvelle version du « c’était mieux avant », au contraire. La page est tournée, il est possible de jeter un œil apaisé en arrière.
Une histoire un rien banale, un rien personnelle, c’est bien de la raconter encore.

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